“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre numérique > Abonnez-vous

L’Aumônerie de Roquebrune, un véritable lieu historique au village

Mis à jour le 09/02/2021 à 15:57 Publié le 09/02/2021 à 15:14
Situé en plein cœur du vieux village, à deux pas de la place des Deux Frères, le domaine de l’Aumônerie rassemble plusieurs bâtisses, dont l’une d’elles date du XVe siècle (au centre). Au premier plan, le luxuriant jardin qui surplombe la Méditerranée.

Situé en plein cœur du vieux village, à deux pas de la place des Deux Frères, le domaine de l’Aumônerie rassemble plusieurs bâtisses, dont l’une d’elles date du XVe siècle (au centre). Au premier plan, le luxuriant jardin qui surplombe la Méditerranée. L’Aumônerie

Je découvre la nouvelle offre abonnés

L’Aumônerie de Roquebrune, un véritable lieu historique au village

Construite au XVe siècle, L’Aumônerie a été la demeure de Henry Clarke, photographe de mode. En 2019, elle a été rachetée par "The Radiance Club" pour créer un luxueux lieu d’hébergement

Pas de barrière imposante, ni de portail gigantesque. Ni même une plaque étincelante pour rappeler l’existence du lieu. L’entrée dans L’Aumônerie – propriété de 450 m2 – se fait discrètement, via une petite porte en bois dissimulée sous des branches grimpantes et tortueuses. Situé en contrebas du château médiéval de Roquebrune-Cap-Martin, le bâtiment historique est méconnu des habitants.

Il faut dire que la vaste demeure au luxe suranné – datant du XVe siècle et XVIIe siècle – est restée une propriété privée jusqu’en 2019.

Autrefois, un lieu d’aide et d’assistance du village

Le jardin aux essences méditerranéennes de l’Aumônerie a été imaginé par Henry Clarke et Raymond Poteau. Il a été conservé à l’identique.
Le jardin aux essences méditerranéennes de l’Aumônerie a été imaginé par Henry Clarke et Raymond Poteau. Il a été conservé à l’identique. L’Aumônerie

Il y a deux ans, la société d’investissement "The Radiance Club" a racheté l’Aumônerie (1) au décorateur John-Mark Horton pour en faire un lieu d’hébergement et d’événements haut de gamme. "Nous proposons un bien authentique, historique et de caractère à la location", détaille Christian Arbili, directeur général.Dans l’un des bâtiments, la société "The Radiance Club" projette de construire un Spa, mais aussi des bains russes à vapeur chaude (Bania) ou des "onsen", bain thermal japonais. Récemment, l’Aumônerie a accueilli le concours photos "Spiritus Loci" et d’autres rendez-vous culturels sont en projet. "Une fois que la situation sanitaire sera derrière nous, nous aimerions faire entrer des peintres et d’autres artistes pour redonner à ce lieu unique une âme", rajoute-t-il.

Dans les années à venir, l’Aumônerie pourrait également s’ouvrir à l’occasion des Journées du patrimoine pour faire découvrir aux Roquebrunois une bâtisse très ancienne et pleine de charme.Ce jour-là, nous avons la chance de visiter le lieu. Après avoir franchi la petite porte d’entrée, on accède à un jardin méditerranéen. Christian Arbili lève une main grande ouverte sur le panorama.Autour de nous, le frémissement des feuillages révèle des magnolias, du laurier, des rosiers et des arbres fruitiers surplombant la mer. Bien sûr, la majorité des plantes sont encore endormies à cette période de l’année, mais on devine le cadre enchanteur qui s’éveille au printemps.

Au loin, on distingue la skyligne de Monaco. Des gigantesques cyprès délimitent le domaine composé de plusieurs maisons médiévales et de parcelles.Autrefois rattachée à l’église de Roquebrune, l’Aumônerie était un lieu d’aide et d’assistance dans la communauté du village. Ensuite, aucun écrit ne retrace l’histoire du bâtiment... jusqu’aux années cinquante. Venu des États-Unis, un couple s’entiche du lieu.

La "ruche" d’H. Clarke et R. Poteau

Etablissement L'Aumônerie
Etablissement L'Aumônerie Eric Ottino / Nice Matin

Raymond Poteau, décorateur de renom et antiquaire parisien et son ami Henry Clarke, grand photographe de mode du journal Vogue, achètent le domaine et entament d’importantes rénovations. Ils réunissent plusieurs parties pour créer un ensemble unique dominant un jardin exceptionnel. Il baptise la villa : L’Aumônerie.Le couple conserve les poutres apparentes et les fenêtres en chêne pour respecter le côté solennel et authentique. "En revanche, la décoration de l’ensemble montre plusieurs influences de cultures", précise Christian Arbili.Car Henry Clarke et Raymond Poteau étaient de grands voyageurs. Les murs recouverts de faïences portugaises côtoient des tapis et bibelots venus d’Iran. Le bain de lumière ruisselle des fenêtres et éclaire des bibliothèques remplies de livres anciens. "Henry Clarke avait surnommé L’Aumônerie “la ruche” car des souvenirs du monde entier venaient enrichir les salons et les chambres."

Réminiscence des plus beaux jardins toscans

Dans la villa roquebrunoise, le couple réalise un parc exceptionnel et luxuriant, mais aussi une bambouseraie. "C’est une réminiscence des plus beaux jardins toscans dont les souvenirs peuplaient la pensée de Raymond Poteau." Dès les années cinquante, les propriétaires reçoivent de nombreux amis.Sur les terrasses, on imagine le tintement de la vaisselle en porcelaine et le papillonnement continuel des invités. Parmi eux, on note la présence de la princesse Grace Kelly. "Elle venait s’y ressourcer : c’était, disait-elle, l’un de ses jardins préférés sur la Côte d’Azur". À la mort d’Henry Clarke (à Cannes à 1996), c’est le décorateur John-Mark Horton, un proche de la famille, qui rachète la demeure. Aujourd’hui, le jardin mais aussi le mobilier d’origine ont été conservés. "L’esprit enchanteur du lieu a été soigneusement préservé. L’idée est de faire revivre l’âge d’or de la Côte d’Azur."

La princesse Grace venait s’y ressourcer

La Princesse Grace visite le jardin de L’Aumônerie.
La Princesse Grace visite le jardin de L’Aumônerie. Eric Ottino / Nice Matin

La princesse Grace était passionnée par les fleurs et les jardins. En 1980, elle a publié un livre avec Gwen Robyns intitulé My book of flowers. Dans cet ouvrage, la princesse s’émerveille de la poésie sur les fleurs mais aussi de l’art des bouquets de fleurs pressées. Elle détaille également des ingrédients floraux pour des potions.Grace Kelly y évoque ses jardins préférés et l’Aumônerie de Roquebrune y figure. Elle décrit : "Un jardin, petit mais précieux, que j’aime visiter sous un soleil brûlant d’été, est le jardin d’un vert translucide de l’Aumônerie."

Lieu d’exception pour une clientèle d’exception

Depuis 2019, la villa peut accueillir 17 personnes (et jusqu’à 50 ou plus pour des événements ponctuels). "Nos clients peuvent louer la totalité du lieu ou une seule des deux maisons ou encore une suite pour un séjour d’exception, comme une maison d’hôtes vous accueillerait."Le jardin et les intérieurs sont également disponibles pour les mariages, les fêtes, les séminaires, les lancements de produits, voire des tournages de films. La maison principale, accessible par les jardins ou la rue, propose quatre suites avec salles de bains privatives, une cuisine entièrement équipée, un coin repas et salon. L’annexe, accessible par une entrée séparée de la rue, dispose de 3 chambres, de 3 salles de bains, de 2 salons et d’une cuisine. La location du lieu pour une cérémonie de mariage peut coûter minimum 5 000 euros (10 000 euros pour le week-end). Louer la villa entière à la semaine frôle les 30 000 euros.Et les prix avoisinent les 50 000 euros par semaine pour le service "premium" (chef privé, majordome, transfert par hélicoptère, par jet privé, voiture avec chauffeur, location de voiture, chauffeur, location de yacht, sécurité, entraîneur personnel et coach, traitements Spa, sommelier privé...).

Henry Clarke, le photographe fétiche de Vogue

L’un des anciens propriétaires de l’Aumônerie n’est autre que Henry Clarke (photo), le célèbre photographe fétiche de Vogue.Fils d’immigrés irlandais, installés en Californie, il commence à travailler comme accessoiriste dans les studios photos de Vogue à New York. Après la Seconde Guerre mondiale, il s’installe à Paris et connaît le succès en tant que photographe. Il collabore pour les trois éditions de Vogue en France, en Angleterre et aux États-Unis. Grâce à son style élégant, moderne et glamour, il arrive à séduire les plus grandes maisons de couture comme Lanvin, Cardin ou Dior. Pour Vogue, il réalise le portrait de Sophia Loren, Coco Chanel, Maria Callas, mais aussi de Catherine Deneuve. Au fur et à mesure de son ascension, son style photographique est de plus en plus éblouissant. À la lumière du soleil, il sublime les mannequins dans des décors très travaillés et des robes somptueuses. Il s’intéresse également aux grands acteurs et immortalise Liz Taylor et Richard Burton en train de jouer au Gin-rummy à Saint-Jean-Cap-Ferrat.

Le voisin et ami de la romancière Lesley Blanch

Entre deux voyages, il reprend son souffle à l’Aumônerie auprès de son ami, Raymond Poteau. À Roquebrune village, il n’est pas la seule personnalité à profiter du climat de la Riviera Française. À cette époque, Coco Chanel habitait sur les hauteurs de Roquebrune, dans sa villa, "La Pausa". Il croise régulièrement, le romancier français Romain Gary et sa première épouse et écrivaine, Lesley Blanch. Dans les années cinquante, le couple avait acheté une maison au charme désuet impasse Scarouget. Très ami avec Lesley Blanch, Henry Clarke invitait très régulièrement la romancière en fin d’après-midi pour profiter de la beauté du jardin. Coquette, la romancière anglaise se rendait chez son hôte enveloppée d’une jolie écharpe et vêtue pour les grands jours. On imagine bien Lesley Blanch arpenter les rues pavées du village pour taper à la discrète porte de l’Aumônerie. Comme Henry Clarke, Lesley Blanch a travaillé pour Vogue, en tant que journaliste. Elle était aussi une grande voyageuse. Passionnée d’Orient, elle a parcouru le monde en solitaire de la Sibérie à la Mongolie en passant par La Turquie, l’Iran, l’Afghanistan, l’Égypte ou le Sahara. À L’Aumônerie, les deux amis devaient discuter longuement de leurs pérégrinations à travers les contrées lointaines.

1. La même année, The Radiance club a également racheté le restaurant Les Deux Frères, situé sur la place principale du village de Roquebrune.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.