Il y a 30 ans, l'OM montait "sur le toit du monde" en gagnant la Ligue des champions

Il y a 30 ans, le 26 mai 1993, l'OM montait "sur le toit du monde" en gagnant la Ligue des champions grâce à la tête de Basile Boli. Emporté par l'affaire VA-OM, il n'y est pas resté longtemps mais le sacre de Munich, exploit unique pour le football français, reste une fierté sans égale pour Marseille.

AFP Publié le 24/05/2023 à 07:22, mis à jour le 24/05/2023 à 07:46
Il y a 30 ans, le 26 mai 1993, l'OM montait "sur le toit du monde" en gagnant la Ligue des champions grâce à la tête de Basile Boli. Photo Boris HORVAT / AFP

Les images ont été vues 1000 fois, les anecdotes racontées 1000 fois. Un début de match de souffrance face à Marco Van Basten, Paolo Maldini, Franco Baresi et les stars de l'AC Milan, Fabien Barthez qui repousse tout, Bernard Tapie en tribunes talkie-walkie à l'oreille, un corner qui n'en est pas vraiment un, puis Boli dans l'axe qui devance Frank Rijkaard pour un but historique.

Ensuite, il y a une dernière grande trouille à l'entrée de Jean-Pierre Papin, passé à l'ennemi l'été précédent, puis Didier Deschamps, le capitaine, qui soulève enfin la Coupe aux grandes oreilles: l'OM et Marseille sont à jamais les premiers.

"On était sur le toit du monde. A ce moment-là, tu as juste envie de suspendre le temps, chaque seconde qui passe, chaque pas que tu peux faire", s'est souvenu le sélectionneur des Bleus dans un entretien avec l'AFP.

Il s'est aussi rappelé avoir croisé à Munich le regard de Michel Platini, comme un passage de témoin entre géants du football français. Ce soir-là, Deschamps, Barthez et Marcel Desailly ont en effet commencé à écrire leur légende, qui les portera jusqu'au titre mondial avec l'équipe de France en 1998.

Dans le gotha 

Car si l'OM a réussi là où il avait échoué en 1991, comme Reims par deux fois dans les années 1950 ou Saint-Etienne en 1976 face au Bayern Munich et aux poteaux carrés de Glasgow, son succès a finalement surtout libéré le football français de sélection.

En clubs, l'exploit est malheureusement resté sans lendemain, avec seulement deux finales de C1 depuis, perdues par Monaco contre Porto en 2004 et par le Paris SG face au Bayern en 2020.

"Quand on soulève le trophée, c'est une grande joie mais on n'a pas de recul. Trente ans après, on sait le poids de ce titre pour le foot français et l'OM, qui est incontestablement passé dans une catégorie à part", explique à l'AFP Jean-Philippe Durand, milieu de terrain de l'équipe de 1993.

"Marseille est la capitale du foot français. Mais en gagnant ce match, on est entrés dans l'histoire du foot international. A l'étranger, ça compte d'avoir une Coupe des champions. On fait partie de ce gotha", estime de son côté Jean-Pierre Bernès, à l'époque bras droit de Tapie.

Sorti de la pelouse de Munich avec un tibia fracturé, Jocelyn Angloma voit pour sa part dans le triomphe de 1993 "une victoire qui te fait basculer ailleurs, malgré les choses difficiles qui sont venues après".

Coupés en deux

L'après, c'est évidemment le scandale de corruption VA-OM, né quelques jours avant le 26 mai et qui a finalement précipité la chute de Tapie, emprisonné, et amené l'OM en deuxième division. Invoquant sur ce dossier sa "mémoire sélective", Deschamps "préfère ne se rappeler que des bons moments". Mais d'autres ont souffert.

"La joie a été courte, parce que VA-OM nous coupe en deux juste derrière", raconte ainsi Rachid Zeroual, alors jeune supporter et aujourd'hui responsable des South Winners, un des principaux groupes de fans de l'OM.

Exclu par l'UEFA de l'édition suivante de la Ligue des champions et privé de Supercoupe d'Europe et de Coupe Intercontinentale à Tokyo contre le Sao Paulo FC, l'OM sera aussi rétrogradé en D2 à la fin de la saison 1993-94. Il y restera deux ans, se reconstruira et connaîtra ensuite autant de moments creux que de périodes fastes, sans jamais plus s'approcher du sommet de 1993.

"Voir l'OM aujourd'hui ne pas jouer la C1 ou ne pas sortir des poules, c'est martyrisant pour les supporters. Mais le foot a changé, la Ligue des champions aussi et les moyens nécessaires également", explique Durand.

Pour Zeroual, pourtant, "si toute une ville est derrière un club, avec des passionnés à la direction et un stade comme il se doit, tu peux rivaliser. Le pognon ne fait pas tout, on le voit avec le PSG".

Et au pire, les Marseillais, qui sont déjà à jamais les premiers, ne seraient finalement pas fâchés de rester aussi à jamais les derniers.

"On était sur le toit du monde. A ce moment-là, tu as juste envie de suspendre le temps, chaque seconde qui passe, chaque pas que tu peux faire", s'est souvenu le sélectionneur des Bleus dans un entretien avec l'AFP. Photo GERARD JULIEN / AFP.

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