Rubriques




Se connecter à

HISTOIRE. Connaissez-vous ce mystérieux monument perché sur les hauteurs de Vence?

Les bâtisseurs de ce que certains appellent un "tombeau" n’avaient pas imaginé qu’avec le temps, le monument deviendrait une énigme pour les archéologues. Alors légende ou réalité?

Nelly Nussbaum (magazine@nicematin.fr) Publié le 28/05/2022 à 13:05, mis à jour le 02/06/2022 à 12:09
Il était, pour les constructeurs, important que la tombe reste debout, et conserve son intégrité à travers les siècles. Des siècles plus tard, l’histoire leur a donné raison. Photo Paul Clément

Il est certain que l’homme habitait déjà le site il y a plus de 50.000 ans. Néanmoins, l’étonnant monument qui trône sur le Puy de Tourrettes, l’un des sommets de la chaîne de collines qui dominent Vence, reste un mystère. En effet, plusieurs siècles après sa construction, personne ne semble en mesure d’identifier son utilisation.

D’après les suppositions de Paul Clément, historien du pays vençois, il pourrait s’agir du tombeau d’un chef de tribu… Mais lequel? De plus, ce n’est qu’une supposition car, comme le précise le service Archéologie de la Métropole Nice Côte d’Azur: "L’histoire est belle et ouvre l’imaginaire. Mais s’il existe bien quelques monuments sur ce site, rien n’est prouvé scientifiquement, ni pour la datation, ni pour la destination…" Donc, l’interrogation reste ouverte.

Une construction funéraire?

Le potentiel "tombeau du chef de tribu" occupe une surface totale de 6,50m par 4,75m. Il est situé sur le versant sud du Puy de Tourrettes à environ 1.200mètres d’altitude. Aujourd’hui, seul un arbre isolé permet de la repérer. La tombe est orientée est-ouest pour que son ouverture reçoive les premiers rayons du soleil levant.

 

"Ses constructeurs l’ont probablement orientée ainsi pour que son occupant puisse bénéficier de la lumière et de la chaleur solaire pourvoyeuses de vie", reprend l’historien.

La construction assez monumentale a été érigée pour être vue de loin et inspirer le respect. Peut-être est-ce la tombe d’un personnage important, un chef de tribu ou un prêtre? Photo Institut des Fouilles de Préhistoire et d’Archéologie des Alpes-Maritimes.

Les dimensions extérieures de ce qui semble être la chambre funéraire sont de 4,50m par 0,80m, ses dimensions intérieures de 4mètres par 0,70m en moyenne. La largeur intérieure du fond (0,84m) est plus importante que celle de l’entrée (0,55m). La pierre plate sommitale mesure 3m de long, 80cm de large et 25cm d’épaisseur. Elle doit peser un bon quintal et n’a pu être déplacée et levée que par un groupe d’hommes travaillant ensemble. Cette dalle de calcaire a été prélevée sur l’une des strates toutes proches dégagées du sol par l’érosion, et les blocs qui ont servi à ériger les murs sont posés assez grossièrement les uns sur les autres, sans utilisation de ciment.

"Cette technique de construction archaïque est certainement antérieure à l’époque romaine, poursuit Paul Clément. Bien que l’absence de mobilier rende la datation difficile, il semblerait néanmoins que la sépulture puisse être imputée aux tribus ligures qui peuplèrent les parties élevées de la région et y construisirent nombre de camps et de castellaras, selon le même procédé de construction".

Pour un grand homme?

À une époque où il n’existait, chez les Ligures, aucune possibilité de conserver l’histoire par le texte ou par l’image, cette sépulture pouvait servir de message permanent. En restant circonspect, Paul Clément se plaît à imaginer: "Cette tombe pourrait être un mausolée élevé pour un homme respecté. Elle devait indiquer aux habitants de la contrée, ou aux voyageurs, que la dépouille mortelle du défunt dont tout le monde connaissait le nom a été déposée là, à cet endroit précis, mais que son souvenir, son ‘‘aura’’ demeurent impérissables et présents dans tous les esprits".

Près du dolmen appelé "le Tombeau de l’Ancêtre", des éclats de silex et une pointe de flèche retrouvés ont permis de le dater du chalcolithique (âge du cuivre). Photo Institut des Fouilles de Préhistoire et d’Archéologie des Alpes-Maritimes.

Peut-être que tous ceux qui passaient à proximité de la tombe ou qui l’apercevaient de loin devaient-ils avoir une pensée pour le disparu et ne pouvaient que s’interroger sur leur propre destin et leur propre fin? Alors pour qui, pour quoi et quand cette construction a-t-elle été édifiée? Peut-être que, pour les nombreux visiteurs du site, certains spécialistes pourraient se pencher sur la question?

 

Sources: remerciements à Paul Clément (site www.archeo-vence-grasse.com/) et au service Archéologie de la Métropole Nice Côte d’Azur.

Le "tombeau de l’ancêtre" à Tourrettes-sur-Loup

À quelques encablures de ce soi-disant tombeau, il est un autre site funéraire qui a occasionné des frayeurs aux habitants. C’est à Tourrettes-sur-Loup, au quartier des Courmettes, qu’en 1973, un amateur d’archéologie repéra une pierre dressée, sorte de menhir de 2m de haut. L’étude des lieux devait conduire à la découverte surprenante d’un véritable ensemble protohistorique où se dresse, au sommet d’une butte, un castellaras de grande dimension. Bergers et chasseurs, qui connaissent depuis toujours l’existence de ces murailles dessinant trois cercles imbriqués, lui ont donné le nom étrange de "Tombeau de l’Ancêtre" à cause d’un incident qui s’est produit en 1950, lorsqu’un cultivateur découvrit un sarcophage. Il a alors raconté: . Ils ont été si impressionnés qu’ils n’ont pas ébruité l’affaire et restent persuadés qu’ils ont vu non pas le corps du mort, mais son esprit. Une autre légende?

Offre numérique MM+

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.