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HISTOIRE. 1er septembre 1979, le jour où Marguerite Duras a plaqué Venise pour Hyères

Mis à jour le 21/03/2021 à 08:49 Publié le 21/03/2021 à 08:50
Marguerite Duras à Hyères en 1979

Marguerite Duras à Hyères en 1979 (Photo archives N.-M.)

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HISTOIRE. 1er septembre 1979, le jour où Marguerite Duras a plaqué Venise pour Hyères

Fidèle supportrice du Festival international du jeune cinéma d’Hyères, l’écrivaine et cinéaste qui présida aussi le jury, y présentait trois films en première, en 1979.

C’est à Hyères, au Festival international du jeune cinéma, que Marguerite Duras a rencontré son dernier amour, l’écrivain Yann Andréa.

Des rencontres, on en faisait énormément, à l’époque, aux ouvertures ou aux fermetures de ce festival, qui se tenaient au Castel Sainte Claire et, bien sûr, à L’Eden ou au Fémina, ces deux salles mythiques qui ont depuis longtemps baissé le rideau.

Libraires cinéphiles

Ce festival avant-gardiste où les films de la Nouvelle vague étaient primés bien avant de l’être à Cannes, a vu passer un nombre sidérant de grands réalisateurs et de grands acteurs venus du monde entier, souvent à leurs débuts. C’était la principale manifestation consacrée au jeune cinéma, en France. Elle avait été créée en 1965 par l’écrivain Maurice Périsset et son ami René Poscia.

L’auteur de Périls en la demeure - et d’une soixantaine de romans - tenait à l’époque une librairie, avenue Gambetta. "Le Festival international du jeune cinéma d’Hyères, c’était un laboratoire, le visa pour la célébrité, la première marche de Cannes... C’étaient nos plus belles années!", se souvient un ancien reporter.

Un barrage contre le commercial

Le jury, cette année-là
Le jury, cette année-là (Photo archives N.-M.)

Celle qui en parle peut-être le mieux, c’est Marguerite Duras, dans ce document d’archive rediffusé en 2016 dans l’émission auditive Les Nuits de France Culture, où l’écrivaine et cinéaste est interviewée par la journaliste Michèle Baurin: "Je suis venue tout de suite. Je devais aller à Venise, j’ai plaqué Venise pour venir à Hyères. Si je dois aller quelque part, c’est ici", dit-elle. C’était le 1er septembre 1979.

"C’est ce festival qui représente le vrai cinéma. Le cinéma différent c’est le cinéma commercial. Le véritable cinéma, pour moi, c’est ça. Il représente la liberté et la passion. Et le manque total d’esprit de gain."

Dans le cadre de cette édition de 1979, trois de ses films sont programmés en première, hors compétition : Césarée, Les Mains négatives et Aurélia Steiner Vancouver.

Et la subversive Marguerite d’expliquer: "Moi, si vous voulez, j’ai rétabli le texte. Et ça, je le fais depuis longtemps, je le fais même depuis Hiroshima mon amour. Le cinéma qui parle... mais c’est vrai qu’il y a un manque dans l’écrit. Remarquez, en ce moment, je reviens à l’écrit. Ces trois films, c’est le retour complet à l’écrit. J’avais commencé déjà avec India Song. C’est le signe que je vais revenir à des livres, sans doute."

Réalisés avec des chutes du Navire Night, des out et des non utilisés, comme on dit dans le jargon du montage, ces trois courts-métrages forment un ensemble intrinsèque.

À la journaliste qui rebondit sur l’augmentation des courts-métrages dans la programmation hyéroise, l’auteure d’Un barrage contre le Pacifique répond: "Vous savez, moi, c’est complètement un accident, comme souvent dans ce que je fais. Parce que je ne pouvais pas supporter l’idée d’abandonner ces plans de Césarée et des Mains négatives, qui sont des plans magnifiques, et que j’avais particulièrement volés. J’ai travaillé au cadre comme jamais! Surtout sur les structures, sur l’obélisque, etc. Je ne pouvais pas supporter l’idée de les perdre, de les jeter. Et j’avais toujours dit que je ne ferais jamais de courts-métrages. Que c’était une longueur fausse, si vous voulez. Et j’y suis arrivé, pour ne pas perdre ces images (...)".

"Le spectateur ne voit plus rien"

Marguerite Duras explique aussi dans cette interview mémorable qu’elle ne va qu’une ou deux fois par an au cinéma.

"Parce que j’aime le cinéma, c’est pour ça que je choisis ce que je vois (...). Je crois que le spectateur ne voit plus rien. Parce qu’il ne sait pas voir, comme il ne sait pas lire. C’est identique (...). Mais ça s’apprend, à lire. Je pense qu’au XVIIIe, par exemple, les gens savaient lire. Il suffit d’une personne pour savoir : vous lisez un livre de Diderot, vous savez lire pour toute votre vie."

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