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Au sortir de la grippe espagnole, il y a 100 ans, Albert-1er de Monaco se mobilisait pour la santé

Mis à jour le 16/05/2020 à 17:17 Publié le 16/05/2020 à 17:13
Le prince Albert-1er.

Le prince Albert-1er. Photo DR

Monaco-matin, source d'infos de qualité

Au sortir de la grippe espagnole, il y a 100 ans, Albert-1er de Monaco se mobilisait pour la santé

Au sortir de la pandémie de grippe espagnole, le prince de Monaco organisa des colloques internationaux au Musée océanographique. Au menu: hygiène, pollution, éducation et prudence.

S’occuper de la santé dans le monde. Prévenir les épidémies futures. Voilà à quoi s’attaqua le prince Albert-1er au printemps 1920. Il y a cent ans.

La grippe espagnole s'était achevée fin 1919. Cinq fois plus meurtrière que la Première guerre mondiale, elle avait fait plus de 50 millions de morts. Le monde s’était dit: "Plus jamais ça". Mais les gouvernants avaient une autre priorité: faire prospérer l'économie mondiale après le désastre de la guerre.

Albert-1er de Monaco décida donc d’ébranler à sa façon la conscience sanitaire internationale. Il organisa une série de colloques qui eurent lieu en avril 1920, dont les conclusions furent publiées en mai. Le prince Albert-1er était, on le sait, investi dans le domaine de la science.

Il avait à son actif vingt-huit campagnes scientifiques sur les océans, dont celle de 1901 qui avait permis une avancée considérable dans le traitement des allergies. (Son associé dans cette campagne, le docteur Richet, avait obtenu en 1913, à la suite de cela, le Prix Nobel de médecine). Les colloques se déroulèrent au Musée Océanographique, dont l'inauguration avait eu lieu en 1910.

Au printemps 1920, il y avait foule devant le Musée océanographique pour débattre de santé publique autour du prince Albert-1er.
Au printemps 1920, il y avait foule devant le Musée océanographique pour débattre de santé publique autour du prince Albert-1er. Photo DR

DÉSINFECTION DES HÔTELS "À L’ÉTUVE"

Toute la Principauté prépara avec soin l'événement, notamment au niveau de l’hygiène. Il fallait être irréprochable en ce domaine. Un arrêté du 6 janvier recommanda une désinfection des hôtels – désinfection "à l’étuve" pour les meubles, tentures, tapis, literie, et aux vapeurs de formol pour les pièces (3 francs par pièce, 2 francs par lit, 50 centimes par écurie!). Le 15 avril, une foule de personnalités et de scientifiques investit la salle de congrès du Musée, semblable aux salons élégants des grands paquebots.

Il y a là des délégués des gouvernements et élus des pays participants (France, Belgique, Italie, Portugal, Tchécoslovaquie, Pologne, etc.), des membres des Académies de médecine française et étrangères, des professeurs du Collège de France, des personnalités du tourisme: présidents des Chemins de fer anglais, du Touring Club italien, du Club Alpin français, de l’Association internationale de Thalassothérapie, etc.

L’assemblée se leva à l’arrivée du prince Albert, aux côtés duquel se trouvait la princesse Charlotte, dans l’éclatante jeunesse de ses 22 ans. Le 19 mars, la fille du prince héréditaire Louis-II avait offert au monde le beau spectacle de son mariage avec le prince de Polignac (futur père du prince Rainier-III). On n’avait d’yeux que pour elle. Elle s’intéressait aux sujets sanitaires, ayant été infirmière, pendant la guerre, dans les hôtels monégasques transformés en hôpitaux.

"SAUVEGARDER L'HYGIÈNE OUVRIÈRE ET LA PROPRIÉTÉ RURALE"

Le prince Albert-1er prit la parole sur un ton grave: "Il faut s'occuper de protéger la santé physique et la santé morale qui permettent à l'espèce humaine de vaincre les causes de sa destruction."

Certaines conclusions du congrès font sourire aujourd’hui, en rapport avec la situation sanitaire de l’époque, d’autres sont toujours à méditer. Préoccupation première : l’hygiène. Son absence est à l’origine d’épidémies et de défauts de croissance des enfants. Le congrès préconise "qu’elle soit désormais enseignée dans les lycées et écoles de filles".

La gent féminine a la responsabilité de l’avenir de l’hygiène du monde! Deuxième préoccupation: l’eau potable. Elle est inégalement répartie dans le monde. Il faut remédier à la situation. "Les villes doivent se doter d'une distribution d'eau irréprochable, organiser une surveillance hygiénique sérieuse et publier périodiquement des résultats."

Propreté des routes. Le développement de l’automobile génère une poussière nocive sur les routes en terre. Le prince Albert fut fier de montrer, devant le Musée océanographique, le premier kilomètre de route goudronnée réalisé au monde, dû au chimiste suisse Ernest Guglielmetti.

Les bains de soleil au programme scolaire!

Pollution de l’air. La France fut montrée du doigt: "Le congrès émet le vœu que le gouvernement français ordonne l'arrêt des gaz toxiques et de toutes les poussières, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur des usines, en particulier des usines électro-métallurgiques et électro-chimiques, afin de sauvegarder l'hygiène ouvrière et la propriété rurale".

Pour améliorer la santé du monde, le congrès préconisait de construire des stations thermales. Mais il soulignait que cela ne devrait pas se faire au détriment de l’environnement: "Les hôtels devront être construits et aménagés en tenant compte de l'entourage immédiat et du caractère régional de façon que ces édifices ne déparent pas le site".

Lutte contre la tuberculose. Le Niçois Calmette n’avait pas encore trouvé le B.C.G. (Bacille de Calmette et Guérin). L’ "héliotropie" – exposition au soleil – fut recommandée. Le congrès demanda que l’éducation physique dans les écoles mette à son programme les… bains de soleil!

Le soleil, tous les congressistes pouvaient en profiter en Principauté en ce printemps 1920! Sous ces cieux générateurs de douceur de vivre après les années de guerre, ils se quittèrent avec l’idée que le monde pourrait encore connaître des grandes épidémies. L’avenir devait être abordé avec prudence…

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