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VIDEO. Plus de 650 salariés dans les rues de Monaco hier pour demander un meilleur salaire

Mis à jour le 18/10/2019 à 08:21 Publié le 18/10/2019 à 08:18
D’après la police, ils étaient 670 à manifester, ce jeudi, dans les rues de Monaco.

D’après la police, ils étaient 670 à manifester, ce jeudi, dans les rues de Monaco. Photo JFO

VIDEO. Plus de 650 salariés dans les rues de Monaco hier pour demander un meilleur salaire

Plus de 650 travailleurs ont défilé, ce jeudi, dans les rues de Monaco pour la troisième journée de mobilisation de l’année. Les revendications sont les mêmes, ils affirment qu’ils ne lâcheront rien

"J’insiste bien, c’est la troisième mobilisation interprofessionnelle de cette année! Ça fait bien longtemps qu’on n’a pas vu ça à Monaco. Peut-être même jamais!", s’est exclamé Olivier Cardot, secrétaire général adjoint de l'Union des syndicats de Monaco (USM).

Ils étaient 670 salariés à défiler ce jeudi, selon la Sûreté publique. Ils étaient 600 en février dernier, et 800 en juin, selon les mêmes comptes.

Trois mobilisations, comme autant de revendications principales. Voire historiques.

Ils réclament un salaire minimum à 2.250 euros brut, ce qui correspond à un "meilleur salaire pour vivre et se loger décemment dans une des régions les plus chères de France".

Ils veulent également que les salariés qui partent à la retraite continuent de bénéficier de la couverture maladie des Caisses sociales de Monaco, y compris pour ceux qui n’ont pas les moyens d’habiter en Principauté.

La troisième revendication, c’est l’abolition de l’article 6, qui permet le licenciement sans motif.

Olivier Cardot l’a promis, ils continueront de manifester tant qu’ils n’auront pas obtenu gain de cause.
Olivier Cardot l’a promis, ils continueront de manifester tant qu’ils n’auront pas obtenu gain de cause. Photo JFO

"Ces trois revendications, aujourd’hui, ne sont pas satisfaites. Et tant qu’elles ne le seront pas, nous continuerons les actions. Qu’ils nous entendent bien derrière les vitres au Ministère d’État, a tempêté Olivier Cardot. Encore une fois, vous avez répondu présents parce que la pression et la souffrance au travail sont intolérables. Parce que votre salaire est bloqué, parce qu’à la retraite, vous ne cessez de perdre du pouvoir d’achat, parce que vos emplois sont menacés. Pour que le gouvernement et le patronat se rendent compte qu’ils sont dans l’erreur de sous-estimer votre colère."

Mort de l’industrie

Le cortège parti du stade Louis-II hier après-midi a fait une halte devant l’usine Foreplast, anciennement Mecaplast, fleuron historique de l’industrie monégasque, et qui a été l’objet d’un important conflit social cet été. Ils y ont déposé un cercueil, symbolisant la mort de l’industrie à Monaco.

Diego, représentant du syndicat chimie plastique, a pris la parole: "Si je prends la parole, c’est pour dire stop à la fermeture des usines de Monaco. Si cette usine ferme, c’est qu’elle ne faisait pas assez de profit pour les actionnaires, malgré le fait qu’elle était rentable. Toujours plus de profit, au détriment des salariés. Ça ne peut plus continuer."

Le cortège s’est arrêté devant l’usine Foreplast, au cœur d’un conflit social cet été. Ils ont déposé un cercueil représentant l’industrie monégasque.
Le cortège s’est arrêté devant l’usine Foreplast, au cœur d’un conflit social cet été. Ils ont déposé un cercueil représentant l’industrie monégasque. Photo JFO

La Fédération syndicale mondiale invitée

La Fédération syndicale mondiale, à laquelle est affiliée l’Union des syndicats de Monaco, était invitée hier à participer à la mobilisation. George Mavrikos, le secrétaire général, et Nikos Théodorakis, membre du bureau de la fédération étaient donc présents parmi les manifestants, tant ce jeudi matin à l’hôtel Hermitage que ce jeudi après-midi.

Cette organisation, fondée en 1945, revendique 97 millions d’adhérents dans le monde.

"Nous sommes ici pour soutenir l’USM qui milite pour vos problèmes. Nous exprimons notre soutien et notre solidarité internationale pour vous aujourd’hui. Pour toutes vos revendications, vous n’êtes pas seuls, nous sommes avec vous", a déclaré George Mavrikos aux salariés des hôtels de la SBM.

George Mavrikos est le secrétaire général de la Fédération syndicale mondiale.
George Mavrikos est le secrétaire général de la Fédération syndicale mondiale. Photo L.M.

"Dans le monde entier, les problèmes sont les mêmes pour le salaire, la couverture sociale… C’est partout pareil. C’est pour cela que nous pensons qu’il faut des échanges d’information, et une coordination mondiale", a poursuivi le secrétaire général.

"Le secteur de l’hôtellerie emploie beaucoup de jeunes, dynamiques, souriant, sexy, qui donnent une bonne image de leurs établissements. Mais ce sont aussi ceux que l’on paie le moins. C’est préoccupant, c’est aussi pour cela que nous sommes venus", détaille-t-il en aparté.

Pour autant, ils se défendent de juger les rapports sociaux à Monaco: "Nous ne sommes pas là pour donner des leçons, nous qui venons de l’extérieur. Mais les problèmes rencontrés ici, sont les mêmes que partout dans le monde."


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