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Une majorité des médecins du CHPG en "grève administrative" pour dénoncer leurs conditions salariales

Mis à jour le 14/05/2019 à 11:09 Publié le 14/05/2019 à 07:18
La colère monte chez les médecins qui refusent, depuis le vote de la grève mardi dernier, de participer aux réunions.

La colère monte chez les médecins qui refusent, depuis le vote de la grève mardi dernier, de participer aux réunions. Photo J.F.O

Une majorité des médecins du CHPG en "grève administrative" pour dénoncer leurs conditions salariales

Tension au CHPG où la majorité des médecins refuse, depuis une semaine, de participer aux réunions, manifestant ainsi leur mécontentement sur les conditions salariales.

Au Centre Hospitalier Princesse-Grace, le mouvement social suivi par plus de cent médecins depuis mercredi dernier est pour le moins discret. Seul un badge minuscule est porté sur plusieurs blouses blanches et indique "en grève administrative".

>>LIRE AUSSI. "Grève administrative" au CHPG: les négociations se poursuivent ce mercredi

Un médecin rassure d’emblée: "Cette grève n’affecte en rien le travail médical. Nous pouvons même consacrer plus de temps aux malades puisque nous ne participons plus aux réunions."

Conséquences de cette gronde? "Pas de cotations des actes* depuis le vote de la grève le 7 mai au soir [ce que dénonçait toutefois ce lundi soir le président du syndicat des Praticiens hospitaliers, lire ci-dessous, N.D.L.R.], les réunions à caractère administratif sont reportées, la commission médicale d’établissement et le conseil d’administration prévus la semaine prochaine ont été annulés…"

A noter que la cotation est le code donné par un médecin qui précise ainsi à l’administration quel acte il a pratiqué, ce qui permet de déterminer le tarif.

De son côté, Didier Gamerdinger, conseiller de gouvernement-ministre des Affaires sociales et la Santé qui a répondu à nos sollicitations par écrit ce lundi, commence ainsi: "La direction du CHPG a été informée d’une suspension d’activité administrative des médecins. Il semblerait que certains d’entre eux se soient abstenus de participer à des réunions administratives."

"Le soutien du Conseil national"

Des mots qui se veulent nuancés. Mais en coulisses, la colère monte chez de nombreux médecins qui n’acceptent de parler que sous couvert d’anonymat. Quant aux principaux représentants du syndicat des Praticiens hospitaliers, ils ne veulent pas s’exprimer publiquement.

Les revendications portent sur plusieurs aspects de la rémunération : le tarif des gardes et la revalorisation des salaires, que le gouvernement veut mettre en lien avec les conditions d’exercice des actes privés.

Selon une source syndicale, ce ne serait pas moins de 104 médecins sur un total de 185 qui poursuivraient sans limite la "grève administrative".

Ce lundi midi, le syndicat de Praticiens hospitaliers alertait les médecins: "Le président du Conseil national, Stéphane Valeri, a reçu [dimanche] soir des représentants du syndicat (Dr Liberatore, Dr Charrasse et Dr Thiery) et a écouté leurs revendications. Il a apporté le soutien du Conseil national à ces demandes. À sa demande, le conseiller-ministre pour les Affaires sociales et la Santé recevra le président et le vice-président du Syndicat, le président et le vice-président de la CME mercredi 15 mai, en présence de la direction du CHPG. Suite à cette entrevue du 15 mai avec le conseiller, la grève continue et une assemblée générale extraordinaire se tiendra dans les jours qui suivent."

À suivre donc…

*La cotation est le code donné par un médecin qui précise ainsi à l'administration quel acte il a pratiqué, ce qui permet de diminuer le tarif.


Gardes payées un tiers de moins qu’en France

Un badge pour seul signe qui permet aux patients de savoir que les médecins sont en grève.
Un badge pour seul signe qui permet aux patients de savoir que les médecins sont en grève. Photo J.D.

Les médecins dénoncent le montant alloué aux gardes de nuit et de week-end : de 297 euros en 1997, la garde est passée à 303 euros aujourd’hui. Sous couvert d’anonymat, des praticiens hospitaliers expliquent.

"Un médecin de France sollicité par le même CHPG pour faire une garde est, quant à lui, rémunéré 480 euros", s’indigne un praticien qui a plusieurs années d’ancienneté. "Le problème est parti de là. ça fait des années que l’on rouspète!", note ce médecin.

Le gouvernement a organisé plusieurs réunions pour écouter les demandes du syndicat des Praticiens Hospitaliers, présidé par le docteur Mathieu Liberatore. Des propositions chiffrées ont été faites: une revalorisation de 15% (soit 348,99 euros) et la majoration du tarif de la 5e et 6e garde à 461,36 euros ; ceci à effet immédiat. Puis, progressivement, en 2023, toutes les gardes seraient au tarif de 461,36 euros.

Une revalorisation soumise à réorganisation

Au cours d’une réunion, le 4 avril dernier, au département des Affaires sociales et la Santé avec le syndicat des Praticiens hospitaliers, Didier Gamerdinger a expliqué que "les gardes avaient été revalorisées d’environ 5% depuis leur instauration en application du statut de 1998. Les propositions faites aujourd’hui de relever leur tarif de 15% conduiront à une revalorisation globale de 20% en 20 ans; cela correspondra au taux d’érosion monétaire observé depuis 1998, rémunérant les gardes au même niveau que lors de l’adoption du statut, voire mieux compte tenu de la majoration des 5e et 6e gardes."

Mais cette revalorisation par paliers doit être en lien avec une réorganisation des gardes pour éviter de faire appel aux praticiens de France.

Signe positif tout de même, le procès-verbal de la réunion du 4 avril indique que "Les représentants du syndicat confirment que le tarif envisagé pour les gardes leur convient."


Dernière minute

Le président du syndicat ne veut pas une grève des cotations

Le syndicat n’est pas avare de communication auprès des quelque 175 adhérents au sein du CHPG. Ce lundi, après un premier flash info peu après 12 heures, qui laisse entrevoir l’implication du Conseil national dans cette crise sociale, second flash à 17 heures.

Le syndicat des Praticiens hospitaliers envoyait le message de son président le Docteur Mathieu Liberatore: "L’assemblée générale du mardi 7 mai 2019 a voté le déclenchement de la grève administrative. Il avait été évoqué lors d’une assemblée générale précédente la possibilité de recourir ultérieurement, si le mouvement venait à se durcir, à une grève des cotations. Ce n’est pas ce qui a été discuté lors de cette assemblée générale et ce n’est pas ce qui a été voté. Je me permets donc de rappeler que le périmètre de la grève en cours ne concerne que la non-participation aux réunions, commissions... et je vous demande donc de procéder à la cotation de vos actes comme d’habitude."


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