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Retraite : ces agents SNCF jouent cartes sur table

Mis à jour le 07/12/2019 à 10:44 Publié le 07/12/2019 à 10:44
Christophe Mandelli et son fils, conducteurs : deux générations, deux régimes.

Christophe Mandelli et son fils, conducteurs : deux générations, deux régimes. F. L.

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Retraite : ces agents SNCF jouent cartes sur table

Christophe conduit des trains. Son fils Jordan aussi. Ces Azuréens ne partiront pas à la retraite au même âge ni dans les mêmes conditions. Tous deux grévistes, ces cheminots posent le débat

Ils ne s’en plaignent pas, mais on devine leur agacement. Le débat sur la réforme du système de retraite se résume souvent ainsi : haro sur les régimes spéciaux et tout spécialement sur celui des cheminots. Serait-il mirifique au point que son abolition suffirait à régler la question ? Évidemment non. Mais cette focalisation finit par retentir sur la vie de famille et pourrait même s’inviter au réveillon. Les intéressés, pris à partie et sommés de se justifier, passent pour des nantis, des privilégiés.

L’avantage

La grande différence - ou iniquité, selon les points de vue - entre public et privé, c’est la base de calcul conditionnant le montant de la pension. Les six derniers mois pour les fonctionnaires et militaires, les vingt-cinq meilleures années pour les autres. Favorable aux premiers.

Le revenu

Christophe Mandelli, né en 1970, appartient à la SNCF depuis 1991, « à la machine » depuis 15 ans. Il est passé par la banlieue parisienne et par le fret, avant de revenir à Nice et d’être habilité sur les grandes lignes. A son degré d’ancienneté, le revenu net d’un conducteur de TER aujourd’hui tourne entre 2 800 et 3000 e. Contre 3 500 à 3600 e pour un conducteur de TGV, la prime kilométrique faisant la différence. Lui, fait les deux.

Son fils Jordan, engagé voilà trois ans, est conducteur de TER depuis 2 ans. Son revenu net : 2 400 à 2500 e. « Parce que je suis seul en cabine, sauf sur la ligne Les Arcs-Draguignan où le matériel n’est pas adapté. Et grâce à une prime pour Vintimille.

Les contraintes

Ce métier implique de travailler régulièrement la nuit, le week-end, les jours fériés. Avec des « découchés » un jour sur deux (la nuit à l’hôtel n’est pas comptabilisée dans les heures travaillées), et un temps de repos à la maison de 14 h au moins entre deux départs. Les conducteurs sont aux 35 heures, mais le rythme est annualisé.

L’âge légal de départ

Les anciens « roulants » pouvaient partir à 50 ans. Depuis la réforme Sarkozy, il faut deux ans de plus pour que les droits soient ouverts. Non sans décote. Christophe a fait ses comptes : « Je peux partir à 52,5 ans, mais avec 1250 e. Ou à 55,5 ans, avec 1900 e. Je dois attendre 57 ans pour partir avec une pension complète, soit 2400 e. »

Son fils Jordan ne croit pas pouvoir accéder à la conduite des TGV. Embauché par une autre entité, il pense que les passerelles vont disparaître. « Priorité sera donnée aux nouveaux entrants qui coûteront moins. L’arrivée de la concurrence risque de ne rien arranger. »

La retraite ? « Pour moi comme pour tous ceux qui ont été embauchés après 2009, exit la bonification de 5 ans. Je partirai à 63 ans. »

Le déficit du régime

Le déficit du régime de retraite des cheminots dépasse les 3 milliards par an. « La faute principalement à l’évolution démographique [désormais 1 actif pour 2 retraités, N.D.L.R.] qui relève elle-même d’une volonté politique », estime Christophe Mandelli. On dénombrait 300 000 cheminots au sortir de la guerre, ils sont moins de 140 000 aujourd’hui. Il observe que le rapport Delevoye prévoit d’augmenter leur taux de cotisation (de 9,06 à 11,25 %) pour l’aligner sur le privé. Mais le taux employeur chuterait dans le même temps de 37,24 % à 16,87 %. « Notre régime sera donc encore plus déficitaire, l’équilibre ne pouvant être atteint avant 2050 », s’étonne le conducteur. Qui reconduit la grève sous les couleurs de Sud Rail, comme son fils. Pour protester « non pas contre une réforme des retraites, mais contre la régression sociale ».


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