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Pourquoi tous ces corps de métier ont manifesté jeudi à Monaco

Mis à jour le 08/02/2019 à 08:33 Publié le 08/02/2019 à 10:14
Jean-Pierre Messy, secrétaire général du syndicat des cuisiniers.

Jean-Pierre Messy, secrétaire général du syndicat des cuisiniers. Photo Cyril Dodergny

Pourquoi tous ces corps de métier ont manifesté jeudi à Monaco

Dans le cortège fort de plus de 600 manifestants, ce jeudi à Monaco, nous avons rencontré les responsables syndicaux représentant les secteurs de la restauration, de la santé et de la banque. Ils expliquent pourquoi ils sont descendus dans la rue.

L’indigestion des cuisiniers

Qui se douterait, alors qu’il déguste des plats raffinés dans des restaurants cossus, que dans les cuisines de Monaco, ça commence à sentir sérieusement la précarité?

Pourtant, la restauration n’est plus l’eldorado de l’emploi stable qu’il a été jadis. Eric Faure, délégué syndical "cuisiniers, pâtissiers, tabliers bleus", redoute que les jeunes générations en soient rendues à se contenter des restes : "Les grilles de salaire ont totalement disparu à Monaco. Ce qui fait que les salaires sont à la tête du client. On ne leur fait plus de contrats, ils sont en extra ou en intérim. Quand un cuisinier fait 600€ dans un établissement, c’est bien! À 11€ de l’heure, les gens n’arrivent plus à se loger. Ils sont obligés d’aller de plus en plus loin. Ils vont en Italie ou en France, mais même à Nice c’est compliqué. Certains font 60 kilomètres pour venir travailler. Alors oui, il y a toujours du travail, mais dans quelles conditions? On se sert des gens comme des Kleenex. C’est très compliqué. Il y a urgence!"

Cette précarisation n’est pas non plus du goût de Jean-Pierre Messy, secrétaire général du syndicat des cuisiniers : "Les extras sont reconduits de jour en jour, aux minima, sans aucune garantie du lendemain, sans liberté familiale ou sociale, sans reconnaissance d’ancienneté, ou prime de précarité. Sans aucun droit, sauf celui de se taire, et d’être un esclave."

Les soignants se cachent pour souffrir

Francesca Sgro, secrétaire général du Syndicat des agents hospitaliers.
Francesca Sgro, secrétaire général du Syndicat des agents hospitaliers. Photo Cyril Dodergny

Chaque jour, ils soignent. Ils contribuent à l’excellence du Centre hospitalier Princesse-Grace, et au rayonnement de Monaco. Pourtant, les agents hospitaliers ont le cafard.

Et d’après Francesca Sgro, secrétaire générale du Syndicat des agents hospitaliers, des revendications, ils en ont quelques-unes : "Nous aimerions que nos compétences soient reconnues pour que cesse la politique d’évolution à la tête du client. Beaucoup d’agents subissent des pressions qui n’ont pas lieu d’être au sein d’un hôpital. On est constamment rappelés sur nos repos pour remplacer les salariés absents ou malades. Parfois, on est rappelés sur nos congés annuels. On a des roulements horaires qui sont épuisants, c’est reconnu. Au CHPG, on a un matériel excellent, une excellente structure, mais on a un management par la pression. Beaucoup d’employés viennent avec la boule au ventre. On voit plus de démissions, plus de demandes de disponibilité. On ne voyait pas ça avant. On aimerait que l’humain revienne au centre de la gestion du CHPG."

Les banquiers ont le blues

Pierre-Franck Crespi, secrétaire général du syndicat des banques.
Pierre-Franck Crespi, secrétaire général du syndicat des banques. Photo Cyril Dodergny

Qui ne s’est jamais dit que les banquiers s’en mettent plein les poches? Pour beaucoup, Monaco est synonyme de richesse, et d’une finance fructueuse qui laisse penser que les banques poussent ici comme des champignons.

À croire Pierre-Franck Crespi, secrétaire général du syndicat des banques, la situation n’est pas si enviable : "L’avenir des banques est malheureusement très sombre. Beaucoup d’enseignes ont disparu du paysage monégasque. Depuis cinq ou six ans, les banques ferment les unes après les autres, malgré leurs bénéfices et des milliards d’assets. Il y a une insécurité dans notre emploi. On peut être débarqué du jour au lendemain sur une simple décision politique de la maison mère, même si l’article 6 ne s’applique pas à notre métier. On demande aujourd’hui à un employé d’accomplir ce que deux salariés accomplissaient auparavant. Il faut toujours faire plus, avec moins de moyens. Les conditions de travail se dégradent de plus en plus : les arrêts maladie pour dépression ou harcèlement se multiplient. Dans les comptes de résultat et dans les bénéfices, les banques vont très bien. Mais c’est le personnel qui est sacrifié pour arriver à ce résultat."


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