“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Onzième jour de grève pour les chauffeurs de bus de Monaco

Mis à jour le 03/08/2018 à 08:35 Publié le 03/08/2018 à 08:45
Ils étaient environ 90 manifestants, dont une trentaine de grévistes hier, place Sainte-Dévote.

Ils étaient environ 90 manifestants, dont une trentaine de grévistes hier, place Sainte-Dévote. Photo Cyril Dodergny

Onzième jour de grève pour les chauffeurs de bus de Monaco

Le conflit social qui oppose les conducteurs à leur direction s’inscrit dans la durée. Les grévistes assurent avoir fait des concessions et se heurter à un mur. La direction affirme rester ouverte

"Les relations entre notre syndicat ne cessent de se détériorer, elles ont atteint un seuil inacceptable pour les salariés" scande Redah Bouhlel, secrétaire général du syndicat du personnel de la CAM, au onzième jour d’une grève qui semble partie pour durer.

Ce jeudi après-midi, alors que le soleil accablait les courageux qui avaient quitté leur climatisation, ils étaient environ 90 à s’être rendus sur place. Pas tous chauffeurs de bus à la CAM.

Des membres d’autres syndicats étaient venus prêter main-forte pour grossir le groupe d’une trentaine de conducteurs. Des retraités étaient là aussi, et des proches. "Parce qu’on a le nombre" disait le tract d’invitation à cette "Autobus Party".

Solidaires

Un autobus passe, le conducteur klaxonne et lève le pouce, signe que tous les revendicateurs ne battent pas le pavé.

Sirènes et sifflets à tous vents, et panneaux aux messages évocateurs: "Non aux pauses pipi chronométrées", "Stop aux cadences infernales", ou encore "Papa ou Maman à la maison 1 week-end dans le mois!"

Redah Bouhlel continue son discours: "Les conducteurs ont besoin d’un week-end de repos par mois, pour nos familles c’est essentiel."

Une demande qui n’est pas satisfaite pour ces hommes qui travaillent 6 jours sur 7.

Après la place Sainte-Dévote, les grévistes ont fait du bruit devant la CAM.
Après la place Sainte-Dévote, les grévistes ont fait du bruit devant la CAM. Photo Cyril Dodergny

"Les conducteurs ont besoin de sortir du bus au terminus, comme le préconise la médecine du travail, pour satisfaire les besoins physiologiques, et pour prévenir les troubles musculo-squelettiques."

Là, ce sont les cadences qui sont mises en cause. Ils souhaiteraient un temps de battement de 6 à 8 minutes à chaque terminus, contre environ 5 minutes à ce jour.

"Face à ces besoins essentiels, la direction nous oppose un refus de principe. Pourtant on ne demande pas la lune, juste de la reconnaissance. Pour cela, on propose de faire des concessions, mais la direction rien."

Journée (dis-) continue

Alors, ils assurent qu’ils tiendront, grâce à la solidarité des autres syndiqués.

Le cœur du problème semble résider surtout sur l’abandon de la journée continue. Le renoncement à la pause déjeuner, à la faveur d’une journée continue, qui a cours dans l’entreprise depuis 1976, implique le paiement d’une "indemnité".

Une indemnité non payée, puisqu’en 1976, ce sont les chauffeurs qui réclamaient la journée continue.

Aujourd’hui, les hommes du volant la réclament. Alors la direction rétablit la pause déjeuner pour les revendicateurs afin d’éviter le paiement. Il y a donc deux régimes. Et un imbroglio de plannings difficilement interchangeables pour compenser les week-ends réclamés.

Les grévistes assurent avoir renoncé au paiement de cette allocation les jours de semaine. Le début d’une ouverture?

Ce jeudi après-midi, les bureaux de la CAM affichaient un écriteau mentionnant "Fermé pour raison technique".


Ce qu'en pense la direction de la CAM

Roland de Rechniewski.
Roland de Rechniewski. Photo DR

Malgré l’écriteau apposé sur la porte de la Compagnie des autobus de Monaco ce jeudi après-midi, son directeur Roland de Rechniewski l’assure: "Ma porte reste toujours ouverte".

"La CAM est toujours à l’écoute de son personnel. La communication est une tradition chez nous. C’est une petite entreprise presque familiale. On n’est pas dans un grand groupe."

Sur les conditions de travail en elles-mêmes, il semble en convenir: "Nous sommes tous convaincus que la qualité est un élément déterminant pour les usagers".

Pour autant, il reconnaît que l’organisation de la circulation des autobus demande "une certaine souplesse".

"Les horaires ne sont pas les mêmes en fonction des périodes de l’année, la circulation est très élastique".

Sur les horaires continus, en vogue depuis 1976, il a consulté les salariés: 60 % d’entre eux souhaiteraient garder la journée continue, au détriment du paiement de l’allocation forfaitaire prévue par la convention collective.

Pour les autres, une pause d’un minimum de 45 minutes vient interrompre la journée, et reporter d’autant la fin du service. En attendant de trouver une meilleure solution : "On ne peut pas créer des services qui imposent le paiement d’allocation. Il faut choisir ses avantages et ses contraintes. Je suis ouvert à tout type de discussion, mais il y a toujours un arbitrage à faire."


La suite du direct