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"On est sous-payés", "on ne veut pas basculer dans le système français": pourquoi retraités et salariés manifestent à Monaco

Mis à jour le 07/06/2019 à 09:54 Publié le 07/06/2019 à 08:30
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Illustration Photo JFO

"On est sous-payés", "on ne veut pas basculer dans le système français": pourquoi retraités et salariés manifestent à Monaco

Dans le cortège, nous avons interrogé des manifestants sur leurs conditions de travail à Monaco et les raisons qui les ont poussés à descendre dans la rue. Extraits.

Les manifestants se sont mobilisés ce jeudi pour diverses revendications. Celle qui revenait le plus? Le maintien de la couverture sociale monégasque une fois à la retraite.
Pascal 60 ans, retraité, a travaillé pendant de longues années dans un hôtel de la Principauté: "Je suis un jeune retraité. J’ai travaillé 31 ans à Monaco, j’ai contribué toutes ces années à leur richesse et maintenant j’ai été basculé sur le système français. J’estime que quand on a fait une belle carrière, il est de notre droit de rester sur la Sécu de Monaco. Je dois payer la CSG (contribution sociale généralisée), ce n’est pas normal."

Eva est aussi retraitée, elle a 66 ans, a travaillé toute sa vie à Monaco et vit en France. Comme pour Pascal et de nombreux autres, le basculement sur le régime social français après la retraite pose problème: "On ne veut pas, nous qui avons cotisé des années pour Monaco, être basculés sur le système français. On a tellement de soins à prendre en charge, j’ai énormément de frais à assurer, que ce soit pour la mammographie, les dents, les lunettes, le docteur… Toutes ces choses qui sont remboursées intégralement à Monaco alors qu’elles le sont très peu en France."

>>LIRE AUSSI. PHOTOS. Plusieurs centaines de salariés dénoncent leurs conditions de travail dans les rues de Monaco.

Pour le SMIC à 2.250 € et moins de précarité

À Monaco, le SMIC est à 1.695,07 euros pour 169 heures par mois, mais ces travailleurs l’estiment encore trop faible par rapport au coût de la vie à Monaco et dans ses alentours.
Juliette est employée à l’hôtel Hermitage de Monte-Carlo: "On est sous-payés alors qu’à Monaco ils ont des capitaux énormes. Et le problème c’est que la vie ici, et dans toutes les villes limitrophes, est beaucoup plus chère qu’ailleurs. Les gens ne peuvent plus se loger, ce n’est pas normal. Beaucoup vivent endettés, comment vous voulez vivre quand vous gagnez 1.700 euros et que vous payez un loyer de 900 euros avec des enfants à charge ? Moi je n’ai pas de voiture parce que je ne peux pas me le permettre. Et avec l’article 6, on est sur des sièges éjectables, on peut être virés à tout moment si l’on ne veut plus de nous, alors forcément les gens ont peur."

Dimitri et Anna, des collègues, ajoutent: "Ici le SMIC stagne, par rapport aux pays frontaliers où il augmente plus vite. Résultat: notre pouvoir d’achat baisse, le loyer, la nourriture, la vie sont de plus en plus chers et le salaire ne suit pas."

>>LIRE AUSSI. Manif à Monaco: le conseiller-ministre des Affaires sociales, Didier Gamerdinger, n'entend pas céder à la pression de la rue.

Bien d’autres revendications

Parmi les centaines de personnes présentes à la manifestation, certaines avaient des expériences et des motivations plus uniques. Lydia travaille depuis 19 ans à Monaco, mais ne peut pas bénéficier d’allocations familiales: "Mon mari, le chef de famille, travaille en France donc je ne les touche pas. Il aurait fallu ne pas être mariés."

Pour Rime, qui travaille à l’hôpital de Monaco, le malaise dépasse les conditions salariales: "Il y a un vrai problème de management à régler. C’est pour ça que je suis ici, les gens ont peur de ce management répressif. Surtout à l’hôpital qui est un lieu pourtant humain, ce côté humain n’existe plus. Si le personnel était écouté, tout se passerait mieux et l’hôpital obtiendrait beaucoup plus venant du personnel. Là, sans aucune humanité, ce n’est pas possible."


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