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Les salariés et bénévoles de la Croix-Rouge monégasque sur tous les fronts

Mis à jour le 11/08/2020 à 10:59 Publié le 11/08/2020 à 11:00
La Croix-Rouge monégasque

La Croix-Rouge monégasque Photo JFO

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Les salariés et bénévoles de la Croix-Rouge monégasque sur tous les fronts

Covid-19, démantèlement du camp des migrants à Vintimille, projets humanitaires en Afrique, encadrement d’Herculis, soutien scolaire... Les salariés et bénévoles sont sur tous les fronts.

Ils relèvent à peine la tête. Le temps de souffler un peu, changer d’air ou tout simplement s’aérer l’esprit après des mois intenses de mobilisation. En première ligne dans la lutte contre le Covid-19 pour beaucoup, les salariés et bénévoles de la Croix-Rouge monégasque (CRM) ont su, dans l’urgence et l’inconnu, basculer en mode opérationnel et efficace.

"ça a été un chamboulement total au quotidien, reconnaît le secrétaire général de la CRM, Frédéric Platini, soulagé d’avoir jusqu’à présent préservé ses troupes du danger. On n’a pas eu une seule personne en opération qui a été impactée par le Covid. Sur les 600 bénévoles, certains l’ont eu mais aucun de ceux qui étaient au Centre de soins à domicile pour prendre les constantes des personnes contaminées."

"Nous n’avons pas eu de cas graves, confirme Claude Fabbretti, directeur opérationnel du secourisme et des actions internationales. On a eu des cas peu symptomatiques ou asymptomatiques et deux alertes sur les binômes d’intervention qui se sont avérées négatives. Malgré tout, il y a eu un facteur stress, notamment au début où on avançait à tâtons. Ce qu’on a mis en place s’est avéré positif et le virus n’a pas circulé en interne."

Les interactions avec le monde extérieur restent toutefois bouleversées puisque les visites en maisons de retraite et à l’hôpital n’ont toujours pas pu reprendre, pour protéger les plus vulnérables.

Que ce soit dans le cadre du Pass’Sport Culture ou pour le grand public, les formations aux gestes de premiers secours PSC1 ont en revanche repris "et se sont remplies très rapidement".

Les protocoles d’intervention font d’ailleurs l’objet de réajustements, selon les retours de terrain. Mercredi, Claude Fabbretti a ainsi passé un moment à débriefer avec les jeunes sauveteurs de la plage du Larvotto. Les maîtres mots : s’adapter et assurer sa propre sécurité en opération.

"Le personnel le plus exposé est testé toutes les deux ou trois semaines", précise Frédéric Platini. Sur le modèle - validé par la Direction de l’action sanitaire (Dasa) - de la crèche du CHPG, celui-ci a mis en place un cloisonnement des sections à la crèche de la CRM, pour éviter le brassage des bambins.

Et qui dit service maintenu, dit forcément quelques sueurs froides dans le contexte actuel. Il y a dix jours, un petit a ainsi dû être testé (négatif) en urgence car exposé au virus dans la cellule familiale.

Durant la crise, la CRM a enregistré le renfort de 20 % de nouveaux membres.
Durant la crise, la CRM a enregistré le renfort de 20 % de nouveaux membres. Photo Dylan Meiffret

À la Croix-Rouge, chaque problème a sa solution, dit-on. Le savoir-faire logistique de la maison a d’ailleurs été au cœur de la réponse monégasque face au Covid. La clé? Son réseau. "Quand on a eu des problèmes en douanes pour débloquer les premiers masques en Belgique, on a fait intervenir le CICR (Comité international de la Croix-Rouge, ndlr), rappelle Claude Fabbretti. La Fédération nous a aussi dépannés en matériel, comme la Croix-Rouge italienne."

Et la gestion des stocks se poursuit malgré une permanence réduite en août.

"On a demandé aux professionnels de santé d’anticiper leurs besoins au mois d’août de manière à ne faire que des dépannages jusqu’à septembre." Et donc de faire souffler les équipes. "En termes de management, ma préoccupation essentielle est de faire en sorte que les gens récupèrent et pensent à autre chose", confie Claude Fabbretti.

Qui a pu compter sur un afflux de 20% de nouveaux bénévoles pendant la crise, parfois formés en e-learning.

"Si on compare à d’autres sociétés nationales de Croix-Rouge, la CRM est très cosmopolite, avec presque 40 nationalités dans les bénévoles. Nous avons aussi un ratio colossal de bénévoles par rapport à la population globale [600 pour 38 000 habitants, ndlr]. On bénéficie d’une bonne image et on a pu le remarquer pendant la crise. Dès qu’on avait des problèmes de stockage ou de transport, on a pu les résoudre facilement car les gens et sociétés partenaires étaient enclins à nous aider."

« On est encore dedans pour des mois », concède Frédéric Platini dont les troupes ont déjà formé 25 pharmaciens à la réalisation de tests sérologiques (Trod).

Ce 14 août, le stade Louis-II accueille le meeting international d’athlétisme Herculis. Un événement auquel les équipes de la CRM sont rodées, mais qui prendra forcément une autre tournure cette année. "Un dispositif est prévu pour les athlètes, à leur départ et à leur arrivée, avec le CHPG et les carabiniers, et il y aura trois postes de secours pour le public", détaille Claude Fabbretti.

Aux dernières nouvelles, la jauge aurait été fixée à 8 000 spectateurs, disséminés dans toutes les tribunes. 40 volontaires de la CRM seront sur place.

"On a dû adapter les dispositifs de secours. Il faut entièrement décontaminer le matériel après chaque utilisation notamment, ce qui prend du temps", admet Claude Fabbretti. "La seule chose qui est vraiment modifiée par rapport à l’année dernière, c’est la durée. On va commencer à 18h au lieu de 9h", note Isabelle Bouthier-Jesqui, responsable de la cellule "Postes de secours".

Les habituelles rencontres entre clubs amateurs des Alpes-Maritimes étant annulées en journée. À noter que les buvettes seront fermées, prévoyez vos réserves d’eau. Et vos masques.

Un événement qui en appelle d’autres pour la CRM. "On a une demande sur des dispositifs de secours sur le départ du Tour de France, à Nice, et sur le Bol d’Or en septembre."

Le "crève-coeur" du démantèlement du camp d’accueil de migrants à Vintimille

Bénévole depuis l’âge de 16 ans et salarié depuis 1995 de la Croix-Rouge monégasque, Claude Fabbretti baroude l’espoir en bandoulière. Parfois, il voit l’investissement de la Croix-Rouge et de ses partenaires balayé d’un revers de main. Et tout à reconstruire. C’est le cas à Vintimille, où le camp d’accueil des migrants ouvert en juin 2015 est actuellement démantelé. Un refuge auquel les associations humanitaires avaient consacré "des dizaines de milliers d’heures de travail" pour améliorer confort, hygiène et éducation. "C’est un crève-cœur, admet Claude. Je revis ce qu’on a déjà vécu en mai 2016, lorsque le premier camp situé à la gare de Vintimille a fermé et que l’État, au mois de juillet, a dû rouvrir en urgence celui de la vallée de la Roya."

Au 28 février, date de son confinement total et sa fermeture aux visiteurs, le camp comptait 150 âmes. Le 30 juillet, à l’heure de fermer les portes, ils n’étaient plus que 32. Durant cet intervalle, « seulement » un cas de coronavirus avait été confirmé, début avril.

Aujourd’hui, les candidats à l’exil errent dans la nature. Une situation qui rappelle celle des nombreux travailleurs sénégalais sans papiers lourdement frappés par le Covid à Lérida, en Catalogne, après avoir été livrés à la rue.

Des parias traqués, au mieux oubliés par l’État italien mais, plus généralement, l’Europe. "D’après les associations locales, entre 120 et 150 personnes sont chaque jour arrêtées - beaucoup à la gare SNCF de Garavan - et renvoyées au pont Saint-Louis, puis vers l’Italie." Alors ils se cachent. "Leur porter assistance est vu d’un mauvais œil, la Croix-Rouge italienne ne souhaite d’ailleurs pas intervenir."

La princesse Caroline, présidente de l’Amade mondiale, s’était rendue à Campo Roja, en 2018, pour échanger avec les réfugiés.
La princesse Caroline, présidente de l’Amade mondiale, s’était rendue à Campo Roja, en 2018, pour échanger avec les réfugiés. Photo Jean-François Ottonello

"J’ai été sur les bords de la rivière lundi matin, assez tôt, le temps était orageux et il y avait une vingtaine de jeunes qui dormaient dans les alvéoles sous le pont de la voie de chemin de fer ; d’autres dorment à l’embouchure du fleuve sur les plages, quelques-uns dans la gare aussi", décrit Claude qui, informé par ses contacts en Turquie, Libye, Tunisie, Burkina Faso, Côte d’Ivoire ou Mali, assure qu’il n’y a aucune raison que les flux migratoires se tarissent. Encore moins en provenance d’un continent où la crise économique et la baisse des aides internationales devraient faire des ravages.

"Depuis qu’il y a des êtres humains sur Terre, ils se déplacent. Quand les conditions pour vivre décemment là où je suis né ne sont pas réunies, je me déplace", résume-t-il sobrement. En cela, la fermeture du camp de Vintimille est un mauvais signal.

"Ce n’est pas non plus une solution pour les habitants de Vintimille parce que les gens n’ont pas de toilettes, pas de douches, il y a des détritus…" Autant de raisons d’attiser les mauvais sentiments de certains autochtones.

"Le Campo Roja n’était pas du luxe mais au moins ils étaient regroupés et il y avait la possibilité de consulter un médecin, des kits d’hygiène, des repas chauds, des lits de camp…", déplore Claude.

Sans omettre l’essentiel, le caractère social. La vie qui animait les lieux. "C’était dur de fermer ce camp… Il y avait de la joie, de la peine, de la volonté de travailler ensemble et des fêtes pour Noël, l’Aïd et autres, qui étaient de bons moments."

Une intégration encouragée par la famille princière, à l’image de la visite de la princesse Caroline et de sa belle-fille, Beatrice Casiraghi, en 2018. Deux dames de cœur venues échanger avec des mères et leurs enfants réfugiés bénéficiant d’un espace culturel pensé et financé par l’Amade.

Le démantèlement a aussi mis en suspens le partenariat in situ entre la CRM et 14 étudiants de Sciences Po Menton. Tous effectuaient leur parcours civique. 75 heures de bénévolat chacun. Quatre jeunes étaient également en stage "ouvrier" cet été.

"La Croix-Rouge italienne gère un centre d’accueil pour 18 demandeurs d’asile. On a proposé d’aider avec un nombre plus restreint de jeunes."

Des étudiants précieux car ils font bien souvent tomber la barrière de la langue.

"Travailler avec des demandeurs d’asile, c’est un travail totalement différent. C’est beaucoup plus valorisant parce que les gens sont dans un processus d’intégration et demandent la protection à l’Italie. Le migrant se sent contraint d’être là, on l’empêche de passer et il y a de la frustration."

Frustration, le fardeau de tout humanitaire.

Romain, tuteur bénévole, prépare Zaïd à la rentrée scolaire.
Romain, tuteur bénévole, prépare Zaïd à la rentrée scolaire. Photo CRM
Un soutien scolaire tout l’été pour les enfants de Beausoleil et Cap-d’Ail

Parmi les dommages collatéraux de la crise sanitaire, la flopée de jobs d’été tombés à l’eau. À la Croix-Rouge, une enveloppe a été débloquée pour rémunérer quelques bénévoles pour qu’ils dispensent des cours de soutien scolaire à des jeunes bénéficiant du service social de la CRM.

Des écoliers essentiellement domiciliés dans les communes limitrophes de la Principauté (Beausoleil, Cap-d’Ail).

Carla et Pierre sont frère et sœur, originaires de Vence. Une à deux fois par semaine, pendant cinq séances, ils encadrent des élèves du CP au collège dans les locaux du siège social – 22, boulevard de Suisse.

"On leur fait des activités de français, maths, anglais, pour les remettre un peu à niveau", précise Carla, étudiante sage-femme et secouriste-bénévole depuis cinq ans. Des élèves attentifs et motivés selon Pierre, jeune bachelier de 18 ans qui s’apprête à intégrer une école d’informatique. "Ils sont présents et participent. Ils sont contents de venir tout simplement."

La machine est parfois difficile à remettre en route pour des jeunes déscolarisés tout au long du confinement. "On les teste avant pour voir où ils en sont et après, en fonction de leur concentration, on adapte », détaille Carla. « On les prépare à la rentrée pour que ça ne soit pas trop brusque", ajoute Pierre.

"C’est tout nouveau et ce sera à renouveler si ça se passe bien. En tout cas, pour moi, ça se passe super bien", confie Carla, qui faisait déjà partie de l’armée de bénévoles sur le pont chaque jour pendant la campagne de dépistage massif. "C’était long et fatigant physiquement mais c’était bien. Et comme c’était sur la base du volontariat, les gens étaient agréables."

La barre a été fixée à 8.000 spectateurs.
La barre a été fixée à 8.000 spectateurs. Photo J.-F. Ottonello
Mobilisés sur Herculis et le Tour de France à Nice

Ce 14 août, le stade Louis-II accueille le meeting international d’athlétisme Herculis. Un événement auquel les équipes de la CRM sont rodées, mais qui prendra forcément une autre tournure cette année.

"Un dispositif est prévu pour les athlètes, à leur départ et à leur arrivée, avec le CHPG et les carabiniers, et il y aura trois postes de secours pour le public", détaille Claude Fabbretti.

Aux dernières nouvelles, la jauge aurait été fixée à 8.000 spectateurs, disséminés dans toutes les tribunes. 40 volontaires de la CRM seront sur place.

"On a dû adapter les dispositifs de secours.Il faut entièrement décontaminer le matériel après chaque utilisation notamment, ce qui prend du temps", admet Claude Fabbretti.

"La seule chose qui est vraiment modifiée par rapport à l’année dernière, c’est la durée. On va commencer à 18h au lieu de 9h", note Isabelle Bouthier-Jesqui, responsable de la cellule "Postes de secours".

Les habituelles rencontres entre clubs amateurs des Alpes-Maritimes étant annulées en journée.

À noter que les buvettes seront fermées, prévoyez vos réserves d’eau. Et vos masques.

Un événement qui en appelle d’autres pour la CRM. "On a une demande sur des dispositifs de secours sur le départ du Tour de France, à Nice, et sur le Bol d’Or en septembre."

Beyrouth soufflée par l’explosion.
Beyrouth soufflée par l’explosion. Photo AFP
Au chevet du Liban

Au-delà de son aide quotidienne aux familles qui essuient les conséquences économiques de la crise sanitaire, notamment aux portes de Monaco, la CRM a débloqué 100 000 euros pour aider le Liban dans les heures qui ont suivi l’explosion meurtrière sur le port de Beyrouth. Port qui n’est plus en mesure d’accueillir des containers et dont les chargements sont aiguillés sur Tripoli, en Libye.

La CRM a naturellement envoyé ce don à la Croix-Rouge libanaise. "Une entité efficiente, puissante et reconnue, qui mène une action très pertinente", insiste Claude Fabbretti, qui n’exclut pas d’aller aider les 300.000 sans-abri dans les deux ou trois mois qui viennent, "en post-urgence, pour de l’approvisionnement et de la distribution, comme à Haïti, au Népal ou en Indonésie par le passé".

Claude Fabbretti lors d’une mission au Burkina Faso.
Claude Fabbretti lors d’une mission au Burkina Faso. Photo CRM
Des projets en cours en Europe et en Afrique

Burkina Faso
Transformé en centre de formation et d’hébergement innovant et durable près de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, le pavillon de Monaco de l’Exposition universelle de Milan 2015 "a été impacté par une chute de fréquentation dans sa partie hôtel, qui sert aussi de centre de formation". Les formations internes ont tout de même repris au centre polyvalent Loumbila.

Burkina Faso et Côte d’Ivoire
"Nous avons un projet de protection des enfants travailleurs domestiques assez actif. Et également un projet de réhabilitation en eau, hygiène, assainissement et sécurité alimentaire dans le Sud Ouest du Burkina."

Arménie
"On est toujours présent pour les personnes âgées isolées en Arménie.On suit à distance les actions des sociétés nationales sœurs."

Congo
"On vient de commencer une collaboration avec la Croix-Rouge du Luxembourg en République Démocratique du Congo, sur un projet de réinsertion des femmes victimes de violences sexuelles.Projet pris en charge par Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix en 2018. La Croix-Rouge luxembourgeoise va réhabiliter son hôpital de Panzi (400 lits) et, nous, on se positionne derrière sur un projet de réinsertion économique sur le long terme de 300 femmes."

Des femmes au ban de la société qui ne peuvent prendre un nouveau départ qu’en s’éloignant de leurs communautés d’origine. "C’est un peu compliqué car la RDC cumule les problèmes, il y a les violences physiques mais il y a aussi la recrudescence du virus Ebola et maintenant le Covid."

Madagascar
"Un projet arrive à son terme et sera sans doute renouvelé sur la prise en charge de médecine physique et orthopédique au centre de rééducation moteur de l’hôpital d’Antsirabe. Du matériel a été envoyé et des formations ont été dispensées aux équipes locales par des soignants de Monaco. Il y a une nouvelle direction dans l’établissement que nous irons sûrement rencontrer en fin d’année avec antenne locale de la Croix-Rouge."


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