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Les quatre revendications des employés de Carrefour à Monaco

Mis à jour le 04/04/2018 à 08:41 Publié le 04/04/2018 à 08:35
Les grévistes ont appelé à la démission de la directrice du magasin samedi.

Les grévistes ont appelé à la démission de la directrice du magasin samedi. Photo L.M.

Les quatre revendications des employés de Carrefour à Monaco

Les grévistes de Carrefour choqués par les affirmations de la direction qui prétendait qu'ils n'avaient pas de revendications propres, développent pour nous leurs contestations

1. Effectifs en baisse au détriment de l’hygiène et de la sécurité

Le magasin aurait perdu plus d’un quart de son personnel en 10 ans, malgré d’excellentes performances financières.

"On était 380 en 2008, aujourd’hui on est plus que 290, et on n’arrive pas à fournir un service de qualité aux clients. Pourtant le magasin est très rentable. Il fait entre 11 et 13 millions d’euros de bénéfices nets chaque année. Et pourtant on nous a enlevé 100 employés. Carrefour n’a qu’une seule idée: la rentabilité au détriment du personnel et surtout des clients", déplore Amor Ben Hamida, délégué syndical du magasin Carrefour Monaco, rattaché au Syndicat du commerce.

LIRE. Pourquoi les salariés accusent Carrefour Monaco de diffamation

Gilles Ugolini, également délégué syndical et secrétaire général du Syndicat du commerce précise: "Les gens qui partent en retraite, les CDD qui ne sont pas renouvelés, les gens qui démissionnent ne sont pas remplacés, les gens en maladie ou juste en repos hebdomadaire, il n’y a personne pour nous remplacer. On n’en peut plus. La sécurité des employés et l’hygiène du magasin en pâtissent de façon dramatique. Parfois, par manque de place et de personnel, les palettes de produits frais restent dans les couloirs. La chaîne du froid est rompue par moments."

2. Des droits non respectés, notamment le dimanche

Les relations entre employeurs et employés sont régies par une convention collective de 1973. "Carrefour Monaco ne respecte pas la convention collective du commerce, ils ne la reconnaissent pas", lance Grégory Bernonville, délégué du personnel. "Pourtant elle n’a jamais été dénoncée par personne", peste Gilles Ugolini.

Les représentants du personnel dénoncent des arrangements avec la loi, particulièrement au sujet du travail le dimanche: "Le travail du dimanche est banalisé. Il y a une loi qui existe aujourd’hui: 6 par an maximum et pas plus de deux dimanches par mois."

Une réglementation qui, selon certains salariés, est contournée en ayant recours à des intérimaires à qui l’on demande de s’inscrire dans plusieurs agences, de façon à multiplier les possibilités de dimanches travaillés.

Et d’après Amor Ben Hamida, ce ne sont pas les seuls leviers utilisés: "On a des salaires tellement bas, qu’on est financièrement poussés à travailler le dimanche."

Une compensation qu’ils craignent de voir disparaître d’après Gilles Ugolini: "Le gouvernement semble vouloir généraliser le travail le dimanche, ce qui en ferait un jour comme les autres."

3. Mauvaise volonté dans les négociations

"La direction reporte en permanence les négociations annuelles obligatoires, là elles sont encore reportées après les fêtes de Pâques", dénonce Grégory Bernonville. "Depuis janvier on négocie. On est en avril, et on n’a toujours pas abouti. Où ça s’est vu ça?"

Et quand il y a des échanges, ils tournent d’une drôle de façon. Aux demandes d’embauches, la direction répond par une proposition de ne pas supprimer des CDD. Aux demandes d’augmentation, la direction fait des offres du montant de l’inflation, soit ce à quoi la réglementation l’oblige. Des propositions qui, d’après certaines sources, restent en travers de la gorge des employés.

4. Manipulation des rémunérations

Une communication écrite de la direction que nous nous sommes également procurée propose un comparatif des salaires entre Monaco et la France.
On y voit différents éléments de rémunération comparés, sous la mention "Carrefour vous fait bénéficier de conditions de rémunérations plus favorables qu’en France avant charges sociales" (la même existe en version "après charges sociales").

Là où le bât blesse, c’est que la rémunération brute n’y diffère que d’1 %, là où les salariés monégasques travaillent 10,25 % de plus (39 h hebdomadaires pour un temps plein contre 35 h en France).

Alors, oui, le total est un peu plus gros, mais pas en proportion de l’effort fourni.

Et encore plus surprenant: les salariés en France touchent un "forfait pause", qui est sensiblement égal à l’indemnité monégasque de 5 % obligatoire sur les minima sociaux.

Ou comment comparer des choux et des carottes.


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