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"Les insultes, les menaces, c’est tous les jours": des employés de McDonald's en grève à Nice

Mis à jour le 15/07/2020 à 15:56 Publié le 15/07/2020 à 13:09
Big micmac chez McDo. Des salariés du fast-food du haut de l’avenue Jean-Médecin à Nice ont débrayé ce mercredi matin. La première grève depuis que le restaurant a été franchisé.

Big micmac chez McDo. Des salariés du fast-food du haut de l’avenue Jean-Médecin à Nice ont débrayé ce mercredi matin. La première grève depuis que le restaurant a été franchisé. Photo Dylan Meiffret

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"Les insultes, les menaces, c’est tous les jours": des employés de McDonald's en grève à Nice

Les salariés du fast-food du haut de l’avenue Jean-Médecin à Nice dénoncent des pressions, de graves manquements de sécurité et des problèmes d’hygiène. La direction refuse de s’exprimer.

Big micmac chez McDo. Des salariés du fast-food du haut de l’avenue Jean-Médecin à Nice ont débrayé ce mercredi matin. La première grève depuis que le restaurant a été franchisé. "Ça fait longtemps qu’on subit et qu’on ne dit rien et que ceux qui disent se font virer, ça suffit!", lance Marouane.

Et toute la colère, le désespoir, sortent à flots: "Les déjections et les seringues abandonnées dans les toilettes par les toxicomanes du quartier, les insultes, les pressions de la hiérarchie, les problèmes d’hygiène".

Nez et téléphone cassés

"Il y a quelques jours, un toxico est entré et a gazé tout le monde. Le vigile n’a rien fait", raconte-t-il.

"Un peu avant, une collègue s’est fait cracher dessus par un client parce que sa commande n’arrivait pas assez vite: personne n’est intervenu, la direction n’a pas eu un mot de compassion", renchérit une de ses collègues.

"Les insultes, les menaces, c’est tous les jours", lâche une jeune fille.

Et parfois, ça tourne mal: "En novembre, un collègue s’est fait casser le nez et son téléphone par un client mécontent. Il a déposé plainte et demandé à McDo de témoigner en sa faveur: la direction a refusé. Il avait pourtant été élu employé de l’année. Il a démissionné", rapporte Kévin.

Aucune empathie et pire encore: les grévistes accusent la direction de harcèlement.

"La directrice nous crie dessus. Elle nous rabaisse devant les clients. C’est normal qu’après ils nous considèrent comme des chiens! On est maltraités pour toucher 1.050 euros par mois. Les trois quarts d’entre nous sont étudiants et ont besoin de ce boulot pour payer leur loyer et leurs études, elle sait qu’on est coincés", s’insurge Marouane.

La liste des brimades ne s’arrête pas là, selon eux: "Un manager a été tellement maltraité qu’il est en dépression".

Une équipière virée

Et puis: "L’année dernière, un collègue a demandé un congé pour accompagner sa mère en fin de vie, elle lui a répondu: 'Si tu prends un jour, t’es viré'. Sa mère est morte deux mois après…"

Mais ce qui a mis le feu aux poudres, c’est la rupture de contrat, début juillet, d’une employée qui était en période d’essai. "Il y a eu un accrochage pour une histoire de pause, une manager a appelé la police et ils l’ont licenciée pour une faute mensongère! C’était une équipière qui travaille bien et qui a toujours été disponible pour McDo qui l’a rappelée sans cesse pendant deux ans pour travailler", jurent les grévistes qui ont lancé une pétition "Justice pour Naïma" sur mesopinions.com.

Cette employée a, depuis, fait une crise de spasmophilie pendant son service et est en arrêt maladie.

Un congélo qui a des ratés

Le matériel aussi a du plomb dans l’aile. "Les vestiaires, les stocks et la cuisine sont sans cesse inondés".
Plus grave, assurent-ils, "le congélo a des problèmes. Il doit être à -18°, hier il était à 5°. J’ai déjà sorti des poissons tout mous alors qu’ils étaient censés être congelés. La direction m’a répondu: 'C’est pas grave, il est déjà frit, on gagne du temps!'", témoigne un salarié.

Les employés sont à bout, usés: "Heureusement que l’esclavage est aboli parce que chez McDo, on a l’impression de porter des chaînes. La directrice a été élue directrice de l’année pour le très bon chiffre d’affaires que dégage ce restaurant. Chez McDo on ne juge pas les qualités humaines...", souffle Marouane.

Contactée, la direction du fast-food a réagi par un lapidaire: "Je n'ai rien à vous dire".


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