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Les chaînes humaines se multiplient au Bélarus contre la répression

Mis à jour le 13/08/2020 à 19:46 Publié le 13/08/2020 à 19:30
Des femmes protestent le 13 août 2020 à Minsk contre la répression violente des manifestations

Des femmes protestent le 13 août 2020 à Minsk contre la répression violente des manifestations AFP / Sergei GAPON

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Les chaînes humaines se multiplient au Bélarus contre la répression

Des chaînes humaines et des marches pacifiques se multipliaient jeudi au Bélarus pour protester contre la répression violente de la contestation ayant suivi la réélection controversée du président Alexandre Loukachenko.

La diplomatie russe a dénoncé des tentatives étrangères de "déstabiliser" ce pays, après que plusieurs Etats occidentaux ont condamné les violences.

Dans les rues de la capitale Minsk, la présence policière était bien moins forte en fin de journée qu'au cours des quatre soirées de protestation précédentes, selon des journalistes de l'AFP.

Des milliers de personnes, portant fleurs ou ballons, ont formé des chaînes humaines en de multiples endroits de la capitale, soutenues par les klaxons d'automobilistes. Des rassemblements similaires étaient signalés dans plusieurs autres villes.

Cette forme de mobilisation, lancée la veille par des dizaines de femmes vêtues de blanc, n'a pas jusqu'ici pas déclenché de répression violente, comme celle visant les manifestations nocturnes.

Sur la place Pouchkinskaïa, où un manifestant a trouvé la mort lundi, des dizaines de personnes s'étaient installées jeudi soir, certaines apportant de l'eau et des vivres dans une ambiance détendue.

Des appels à d'autres rassemblements pacifiques dans la capitale et en province circulaient jeudi soir sur les réseaux sociaux.

"On est contre la violence, les explosions, on est pour des élections honnêtes", explique à l'AFP Nastia, 26 ans, une artiste dans le secteur numérique, participant à un rassemblement dans le centre de Minsk.

Depuis dimanche, plus de 6.700 personnes ont été arrêtées pendant des actions de protestation.

Usines mobilisées

Plus de 1.000 chercheurs bélarusses ont signé une lettre "contre la violence", tandis que des soignants se sont regroupés devant leurs établissements. Des artistes de la Philharmonie de Minsk ont aussi entonné des chants patriotiques devant leur bâtiment.

A Minsk le 13 août 2020
A Minsk le 13 août 2020 AFP / Sergei GAPON

Selon des médias de l'opposition et russes, des actions similaires ont eu lieu dans d'importantes usines, comme BelAZ (camions), Maz (voiture), Grodno Azot (chimie) et Grodnozhilstroy (BTP).

Ces mouvements de protestation interviennent après quatre nuits de répression des manifestations contre la réélection dimanche, jugée frauduleuse par les contestataires, de l'homme à poigne du Bélarus, au pouvoir depuis 26 ans, et crédité de 80% des voix.

Pour ses partisans, c'est une novice en politique, Svetlana Tikhanovskaïa, qui a gagné, après une campagne ayant suscité une ferveur inédite dans cette ex-république soviétique.

Les rassemblements pacifiques se sont étendus alors que la police jugeait que la contestation faiblissait, tout en dénonçant un niveau élevé d'"agressivité".

Une centaine de policiers ont été blessés, dont 28 hospitalisés. Aucun bilan détaillé n'a été fourni concernant les manifestants, contre lesquels des balles en caoutchouc, matraques et grenades assourdissantes sont utilisés sans retenue.

Mercredi, les autorités bélarusses ont confirmé la mort d'un homme en détention, un décès qui s'ajoute à celui d'un manifestant à Minsk. Elles ont également reconnu l'usage mardi à Brest de balles réelles, qui ont fait un blessé.

Dans une déclaration commune, les présidents de la Lituanie, de la Lettonie, de la Pologne et de l'Estonie, toutes voisines du Bélarus, ont appelé jeudi à la "désescalade" et demandé l'instauration d'un dialogue avec le peuple bélarusse.

Les Etats-Unis et l'UE ont dénoncé les fraudes électorales et la répression, les Européens menaçant Minsk de sanctions.

Bélarus
Bélarus AFP / Gillian HANDYSIDE

Des célébrités ont aussi multiplié les critiques à l'égard des autorités, tandis que plusieurs journalistes de médias d'Etat ont annoncé leur démission ces derniers jours.

55 détenus, 10 m2

Des militaires et des policiers bélarusses à la retraite ou en activité ont anonymement dénoncé la répression, diffusant des vidéos dans lesquelles on les voit jeter galons et insignes.

Selon des témoignages, plusieurs dizaines de manifestants ont été relâchés, sans que les autorités précisent le nombre des personnes toujours détenues.

Libérée après deux jours de détention, Kristina Vitouchko a raconté sur Facebook avoir été détenue dans une cellule de 10 m2 : "On nous a fourrés à 55 là-dedans, on ne nous a pas nourris".

L'opposante Svetlana Tikhanovskaïa ne s'est pas exprimée depuis sa vidéo mardi annonçant son départ précipité pour la Lituanie. Selon ses partisans, elle a subi des menaces des forces de sécurité.

Alexandre Loukachenko, 65 ans, n'a jamais laissé aucune opposition s'ancrer. La précédente vague de contestation, en 2010, avait été sévèrement réprimée.

Mme Tikhanovskaïa, une novice en politique, a mobilisé en quelques semaines des dizaines de milliers de personnes. Elle avait remplacé son mari Sergueï, un vidéo-blogueur en vue, après son arrestation en mai.


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