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"Je n'ai aucune intention" de fermer le site de Maubeuge, assure le président de Renault

Mis à jour le 31/05/2020 à 14:59 Publié le 31/05/2020 à 15:00
Manifestation à Maubeuge pour défendre le site Renault, le 30 mai 2020

Manifestation à Maubeuge pour défendre le site Renault, le 30 mai 2020 AFP / FRANCOIS LO PRESTI

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"Je n'ai aucune intention" de fermer le site de Maubeuge, assure le président de Renault

Le président du groupe Renault, Jean-Dominique Senard, a assuré dimanche qu'il n'avait "aucune intention" de fermer le site du constructeur automobile de Maubeuge (Nord), où plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi contre le plan d'économies annoncé par le groupe.

"Je n'ai aucune intention a priori de fermer l'usine de Maubeuge. Je vous assure, je ne l'ai jamais dit et je ne l'ai même pas pensé d'ailleurs", dans le cadre du plan d'économies annoncé par le groupe cette semaine, a affirmé M. Senard lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.

"Ces déclarations ne sont pas pour nous rassurer. Il n'a pas dit qu'il laisserait la production du Kangoo à Maubeuge. Sur ce point, il n'y aura aucune concession possible", a réagi auprès de l'AFP Jérôme Delvaux, secrétaire CGT de l'usine de Maubeuge et porte-parole de l'intersyndicale.

En difficulté, le constructeur français a annoncé un plan d'économies de plus de 2 milliards d'euros sur trois ans, qui prévoit 4.600 suppressions d'emploi sur 48.000 en France, et plus de 10.000 hors de France.

AFP / Vincent LEFAI

Il envisage aussi le transfert de production des utilitaires électriques Kangoo à Douai - environ 2.900 employés - , à environ 70 km de Maubeuge, qui hériterait d'une nouvelle plateforme.

Ce projet a suscité une levée de boucliers sur le site de Maubeuge (2.100 employés tous statuts) où les salariés ont cessé la production vendredi matin.

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées samedi devant l'usine, avant de défiler dans la ville, pour manifester contre le plan d'économie, à l'appel de l'intersyndicale de l'usine (CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, Sud).

Dimanche, M. Senard a répondu que le plan annoncé n'était encore qu'un "projet" et qu'élus, syndicats et direction devaient "construire (...) ensemble" l'avenir du groupe.

"Rien ne se fera dans le nord de la France, lieu que je souhaite voir à terme comme étant un des grands centres de l'industrie automobile en France (...), sans cette discussion ouverte avec tout le monde", a insisté M. Senard.

Le président du groupe Renault, Jean-Dominique Senard, à Bercy le 2 décembre 2019
Le président du groupe Renault, Jean-Dominique Senard, à Bercy le 2 décembre 2019 AFP/Archives / ERIC PIERMONT

L'usine de Maubeuge, où sont produit les Kangoo, "est l'une des premières du groupe en terme de qualité et de productivité, qui atteint plus de 100 véhicules par an et par salarié. Aujourd'hui, nous ne voulons pas des paroles, mais des actes et des écrits nous assurant que toute cette production Kangoo reste à Maubeuge. Concernant Douai, c'est à Renault de trouver des véhicules qui y seront produits", a martelé M. Delvaux.

Localement "notre direction nous a simplement indiqué que celle de Renault avait demandé à ce que Maubeuge et Douai entrent en discussion pour la création d'un pôle d'excellence pour véhicules utilitaires et électriques", a-t-il ajouté.

"Rien ne peut se faire autrement que dans le dialogue, dans la discussion, en regardant quelles sont les meilleures options, et quels sont les coûts et les avantages de telle ou telle solution", a déclaré le ministre de l'Economie Bruno Le Maire sur France 3.

"La justification principale" du projet de déplacement est une plus grande surface disponible pour étendre le site de Douai que celui de Maubeuge, a-t-il expliqué.

Une réunion doit se tenir mardi matin au ministère de l’Économie, entre représentants syndicaux, élus locaux, Bruno Le Maire et Jean-Dominique Senard.

"Nous allons discuter pour voir s'il y a des options alternatives, et s'il y a des options alternatives qui permettent de concilier le développement, la préservation des sites et en même temps la compétitivité de Renault, nous les choisirons. C'est un processus qui commence", a insisté Bruno Le Maire.


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