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"J’ai donné ma vie pour ce travail": les ex-Mecaplast, devenu Foreplast, témoignent de leurs avenirs brisés

Mis à jour le 02/08/2019 à 10:51 Publié le 02/08/2019 à 11:00
Les salariés de Foreplast en grève

Les salariés de Foreplast en grève Photo JFO

"J’ai donné ma vie pour ce travail": les ex-Mecaplast, devenu Foreplast, témoignent de leurs avenirs brisés

L'équipementier automobile Novares a annoncé qu'il allait fermer sa filiale monégasque, Foreplast, autrefois Mecaplast. Des salariés confient leurs inquiétudes sur leurs avenirs.

"Si Charlie Manni entendait ça, il se retournerait dans sa tombe" confie une source proche du dossier.

>> LIRE AUSSI. Malgré un bénéfice de 6,5M€ en 2018, le groupe Novares ferme sa filiale monégasque Foreplast: les salariés dénoncent un "plan social low-cost"

Ils s’appellent Giovanni, Giuseppe, ou Robert*. Ils ont donné toute leur vie à Mecaplast, puis à Foreplast. Certains ont donné une part de leur santé. À travailler sur des machines bruyantes avant que la réglementation n’impose les casques, certains ont perdu de l’audition. Leurs parents ont travaillé là. Leurs femmes y travaillent encore. "Je n’ai jamais pris un jour de maladie en 40 ans. Je ne pouvais pas faire ça, avec tout ce que l’entreprise avait fait pour moi" se souvient Giovanni B., 58 ans, dont 40 dans l’entreprise. "Je suis dégoûté. J’ai mal. Le site de Monaco est à l’origine de tout le reste, et aujourd’hui on va fermer. On nous a menti. On nous a dit qu’il y aurait du travail. J’ai le crédit de ma maison à payer, et il n’y a que mon salaire. Je ne vois pas d’avenir possible."

En groupe, ils font bonne figure. Sous la banderole, ensemble, la camaraderie leur donne un sourire faiblard. Mais quand ils sont seuls, ils luttent pour tenir debout: "On rigole quand on est entre nous, mais le soir quand on rentre chez nous, on craque", confie Robert.

Illustration
Illustration Photo JFO

Trente-neuf ans de boîte, deux enfants encore à charge, pour Giuseppe aussi l’avenir est sombre: "Je ne sais pas si je vais pouvoir continuer à payer les études de ma fille. Ça me brise le cœur, parce que ces études, c’est son rêve." Mais par-dessus tout, il se sent trahi: "Cette entreprise c’est toute ma vie. Je n’ai jamais cherché à travailler ailleurs. Avec Monsieur Manni, on était bien. Là, j’ai l’impression qu’on nous a manipulés. On nous a toujours dit que tout se passerait bien."

Ils avaient survécu au plan social de 2014, et ils pensaient pouvoir finir leur carrière dans l’entreprise. À l’époque, on leur avait annoncé une réorientation des activités. Finies les pièces automobiles qui avaient fait la renommée de Mecaplast. On allait appeler l’entreprise Foreplast, et ils allaient poursuivre dans l’injection plastique, mais ils allaient fabriquer d’autres choses. Comme des sèche-cheveux par exemple. "On en a fabriqué 700, puis plus rien, dit Robert. On a eu 140 projets en chiffrages. Mais on n’était pas compétitif car on nous a imposé des charges supplémentaires, qui nous rendaient plus cher. Il n’y avait clairement pas la volonté de nous faire travailler."

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Illustration Photo JFO

Pourtant, tous ont voulu y croire. Parce qu’ils avaient plus qu’un job: "Du temps de Monsieur Manni, la porte était toujours ouverte, on pouvait discuter. Quand mon père a perdu ses doigts dans une presse, on lui a donné un travail administratif" se souvient Daniele, 58 ans. Sa femme aussi travaille chez Foreplast. "On va perdre notre travail tous les deux. Il me reste 7 ans avant la retraite. On avait des projets, mais là tout est suspendu."

Pour Giovanni F, la situation est "véritablement dramatique". À 58 ans, il a élevé ses deux enfants, seul depuis 13 ans, quand sa femme est tombée dans un coma, qui la laisse lourdement handicapée. Aujourd’hui, elle est en maison de convalescence. Un établissement qui lui coûte 1.000 euros de sa poche chaque mois. "J’ai donné ma vie pour ce travail. J’espérais avoir des jours meilleurs, mais là, ça me paraît de plus en plus difficile."


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