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"Beaucoup n’ont plus de travail": Plus de 500 salariés unis vendredi contre le plan de la SBM

Tous les syndicats étaient main dans la main vendredi matin, place du Casino, pour dénoncer les conditions des départs volontaires du plan de restructuration. Une première.

Joëlle Deviras jdeviras@monacomatin.mc Publié le 12/12/2020 à 09:05, mis à jour le 12/12/2020 à 09:10
Les dossiers de plan de départs volontaires pouvaient être déposés jusqu’à jeudi soir minuit. De nombreux salariés sont intéressés mais veulent partir dans de meilleures conditions que celles proposées actuellement par la SBM. Photo Cyril Dodergny

Pas de grève, pas de sifflets ni de tracts. Mais quelque 500 salariés mobilisés vendredi matin pour une "photo de famille" sur la place du Casino. Avec, à leurs côtés, tous les syndicats: l’Union des syndicats de Monaco (USM) et la Fédération des syndicats de salariés de Monaco (F2SM) ensemble; une première !

Jean-François Mariotte, directeur des ressources humaines de la Société des Bain de Mer, a pris le premier le micro à 10 h pour expliquer les grandes étapes de l’actuel plan de restructuration de l’entreprise. Un plan qui doit encourager au maximum les départs volontaires afin de limiter les licenciements économiques.

"Nous devons penser à notre survie. Nous cherchons à sortir d’une crise grave. La SBM n’est pas un puits sans fond. Nous souhaitons que les volontaires au départ aillent jusqu’au bout de leur démarche", expliquait vendredi Jean-François Mariotte.

Une étape franchie le 10 décembre

Depuis jeudi minuit, échéance pour déposer sa candidature au départ volontaire, la direction sait le nombre de salariés potentiellement intéressés par le dispositif proposé. Mais encore faut-il trouver un accord sur les conditions financières…

 

Et ce n’est pas gagné! Les négociations se durcissent depuis fin novembre.

Giuseppe Dogliatti, secrétaire général du syndicat des Hôtels-Cafés-Restaurants de Monaco, a dressé un sombre tableau de vie des salariés depuis le confinement de mars dernier.

"Beaucoup de salariés n’ont plus de travail. Il y a déjà eu des licenciements. Nous avons fait des efforts pendant cette crise et nous continuons à en faire. On travaille et ça ne suffit pas."

Mickaël Palmaro, secrétaire général du syndicat des Cadres et Employés de Jeux, a ensuite lu un message: "Des changements conventionnels définitifs ou à très long terme veulent être imposés alors que depuis plusieurs semaines nous avons toujours accepté de discuter sur des modifications transitoires des accords dans un calendrier réfléchi. Conscients des enjeux pour l’avenir de la société, nous sommes prêts, contrairement au comité exécutif, à continuer de faire des sacrifices à court et moyen terme mais nous sommes contre la mise en place d’un dispositif qui impacterait l’avenir des salariés, causé par les licenciements de leurs collègues."

Il s’agit maintenant de retourner à la table des négociations et d’avancer, coûte que coûte.

L’État veut "les meilleures conditions possible"

L’État étant actionnaire majoritaire, gouvernement et Conseil national sont très attentifs aux négociations en cours. Ils l’ont rappelé cette semaine encore dans le cadre de l’ouverture des séances publiques du budget primitif 2021.

"Je ne suis pas surpris par l’importance de la mobilisation des salariés de la SBM, expliquait vendredi Stéphane Valeri. Je l’avais indiqué au gouvernement. Il faut que la négociation se déroule dans les meilleures conditions possible et, pour cela, il faut une marge de manœuvre et davantage de communication."

Mercredi soir, le président du Conseil national indiquait déjà: "La démarche engagée par les dirigeants sur le fond est donc une nécessité incontournable. Sur la forme, il faut tenir compte des craintes des salariés représentés par 18 syndicats unis dans la négociation en cours. Nous les recevrons d’ailleurs, à leur demande, une nouvelle fois la semaine prochaine au Conseil national. Pour les conseillers nationaux, la SBM ne peut pas devenir une société comme les autres. (…) Force est de constater qu’aujourd’hui, les positions des deux parties sont très éloignées. (…) Il faut faire preuve d’un esprit de responsabilité et rechercher des solutions raisonnables et équilibrées. C’est pourquoi, face à une crise d’une telle ampleur, rien ne serait pire que de se résoudre à une lutte des uns contre les autres. Nous devons donc nous placer aussi bien aux côtés des dirigeants qui ont des décisions compliquées à prendre face à une situation très difficile, qu’aux côtés des salariés à qui on demande de faire des efforts importants. Ces efforts doivent être évidemment partagés par des dirigeants qui doivent se montrer exemplaires, particulièrement en de telles circonstances."

"Mesures nécessaires, voire indispensables"

Mercredi, le Ministre d’État Pierre Dartout a souligné que "les mesures structurelles envisagées par les dirigeants de cette société sont nécessaires, voire indispensables. Mais toute réforme ne peut être menée à bien sans une concertation approfondie, et même personnalisée, avec les salariés. Les emplois des Monégasques devront être préservés en priorité, mais c’est également vrai pour l’ensemble des salariés, dès lors que ce sera possible. Le plan de sauvegarde de l’emploi qui a été engagé se veut un plan équilibré, faisant du dispositif du départ volontaire des salariés de plus de 57 ans son axe central. À travers ces propositions, la SBM continue à assurer son rôle social, sans remettre en cause les acquis fondamentaux des salariés. (...) Il faut que chacun comprenne qu’il y a des efforts à fournir pour que cette belle société, ce fleuron de notre économie et de notre attractivité, puisse repartir sur des bases solides dès lors que la clientèle sera revenue, pour le plus grand bien de tous. L’État souhaite que les négociations puissent continuer à se dérouler dans les meilleures conditions possible. (...) Comme le souverain l’a récemment indiqué lui-même, “toutes les parties concernées doivent prendre leurs responsabilités pour que ce plan réussisse”."

Depuis octobre, étapes et propositions

La SBM a déposé son plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) auprès de la direction du Travail en octobre. Il prévoyait trois dispositifs : un plan de départ volontaire, un plan de départ contraint (161,5 postes) et la révision de certains usages ou accords collectifs en vigueur.

La direction a ensuite organisé des réunions hebdomadaires avec tous les syndicats présents au sein de l’entreprise (18 syndicats). Depuis trois semaines, sont organisées également des réunions avec tous les délégués syndicaux à la salle des Étoiles.

Sous dix jours, la SBM va écrire aux salariés ayant manifesté leur volonté de départ afin qu’ils confirment leur choix. Si la tendance se confirme, cela permettra à la société de minimiser le nombre de départs contraints.

La SBM a proposé initialement de verser aux salariés qui souhaitent quitter l’entreprise à titre volontaire, un package indemnitaire composé des indemnités de licenciement conventionnelles et d’une indemnité supplémentaire de trois mois de salaire de référence. La direction a ensuite et notamment amélioré le montant des indemnités, uniquement pour les salariés du secteur hôtellerie-restauration: un à trois mois de salaire de référence en fonction de l’ancienneté.

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