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Après un mois d’août mouvementé, les salariés de Foreplast ont trouvé un accord "honorable"

Mis à jour le 27/08/2019 à 12:40 Publié le 27/08/2019 à 10:00
Depuis début août, ces salariés expérimentés étaient mobilisés pour obtenir des conditions de départ dignes.

Depuis début août, ces salariés expérimentés étaient mobilisés pour obtenir des conditions de départ dignes. Photo Jean-François Ottonello

Après un mois d’août mouvementé, les salariés de Foreplast ont trouvé un accord "honorable"

Les 59 salariés de l’usine historique de Monaco savent enfin dans quelles conditions ils quitteront prochainement leur emploi. Des conditions satisfaisantes, pour une situation qui demeure difficile.

C’est un feuilleton qu’on aurait préféré ne pas voir se jouer tout au long de ce mois d’août monégasque.

L’usine Foreplast, filiale du groupe Novares (ex-Mecaplast) est promise à la fermeture par sa riche et profitable maison-mère. Les 59 salariés étaient en grève lors de la fermeture estivale pour congés au début de ce mois.

Un mouvement social qui venait contester des conditions de départ proposées par l’employeur et que l’avocate des salariés, Delphine Frahi, qualifiait de "low-cost".

Accord trouvé

Après l’échec des négociations début août, malgré le changement des serrures observé quelques jours à peine après la fermeture de l’usine, et malgré des mouvements d’outillage observés la semaine dernière, la direction de l’entreprise et les salariés sont finalement parvenus à un accord samedi matin.

Et cela ne s’est pas fait sans mal. "Tout le monde voulait trouver une solution, au fond. Mais les salariés et la direction ne parvenaient plus à communiquer, analyse Didier Gamerdinger, conseiller de gouvernement-ministre des Affaires Sociales et de la Santé. Grâce à la direction du Travail, nous avons réussi à les amener de nouveau sur le chemin du dialogue. Et il était essentiel pour nous que les salariés reviennent de congés avec une perspective."

Alors, pendant ce mois, le dialogue s’est poursuivi "heure par heure", d’après une source proche du dossier, entre le département des Affaires sociales, la Direction du Travail sous la houlette de la directrice Pascale Pallanca, et les différentes parties.

"Nous avons toujours su que nous pouvions trouver une solution", confie-t-elle. Dans les bureaux de la direction du travail, par téléphone, dans les locaux de Foreplast, le contact a été conservé à chaque instant, nous apprend-on.

>>RELIRE. Fermeture définitive de Foreplast à Monaco: le plan social a du mal à passer

Mention "honorable"

S’il y a eu autant d’insistance à parvenir à un résultat, c’est que les salariés ont consacré leur vie à l’entreprise. L’ancienneté moyenne atteignant 28 ans.

"Lorsque l’on parvient à ce niveau d’ancienneté, cela suscite le respect et cela doit être pris en compte. J’ai donc demandé qu’ils soient bien traités, en leur proposant un plan de bon niveau", martèle le conseiller.

Les détails financiers du plan ne nous seront pas divulgués. Mais l’on sait que les salariés conserveront leur assurance complémentaire santé pendant 1 an; en cas de réembauche en CDI, les charges patronales seront prises en charge pendant 6 mois afin d’inciter les entreprises à faire appel à cette main-d’œuvre qualifiée; ils bénéficieront d’une indemnité de perte d’avantages sociaux ; d’une aide à la création d’entreprise; et d’un accompagnement prioritaire des services de l’emploi. Certains choisiront peut-être parmi les offres de reclassement que l’entreprise leur proposera.

>>RELIRE. "J’ai donné ma vie pour ce travail": les ex-Mecaplast, devenu Foreplast, témoignent de leurs avenirs brisés

"La négociation de ce plan fut vraiment houleuse et n’aurait peut-être pas abouti sans la médiation de la Direction du Travail et de l’Inspection du travail, sous l’impulsion du gouvernement princier, a commenté Me Delphine Frahi. Cette médiation a permis de renouer le dialogue social. Nous avons ainsi pu communiquer de manière constructive avec la direction du groupe, et parvenir à une solution de compromis conciliant l’accompagnement nécessaire des salariés licenciés avec les impératifs industriels de l’employeur.

Les mesures finalement accordées par le groupe Novares aux salariés licenciés de l’usine Foreplast apparaissent honorables et nous sommes parvenus samedi à la signature d’un accord de fin de conflit. Il acte les mesures finales d’accompagnement sociales et financières."

Un document paraphé par les parties, qui vient en préambule à un accord plus étoffé qui viendra par la suite.

Amère satisfaction

De leurs côtés, les deux fédérations de syndicats, qui ont participé aux discussions, ont réagi séparément mais presque d’une même voix.

"Tout cela est d’une grande tristesse. Évidemment, nous sommes ravis qu’un accord ait été trouvé. C’est toujours mieux de partir en trouvant un accord qu’en lançant d’interminables procédures. Mais c’est tout de même triste de voir se tourner cette page de l’histoire industrielle de Monaco", a déclaré Cédrick Lanari, président de la Fédération des syndicats des salariés de Monaco (F2SM).

De son côté l’USM déplore: "Bien qu’un accord ait été trouvé entre la direction et les salariés, il est toujours regrettable de perdre des emplois à Monaco et de voir une usine mythique fermer ses portes."

Stéphane Valeri, le président du Conseil national a lui aussi tenu à s’exprimer: "J’ai eu l’occasion de rappeler récemment dans vos colonnes que personne ne doit être laissé “au bord du chemin” dans notre modèle social monégasque.

>>RELIRE. L’usine Foreplast mettra bientôt la clé sous la porte à Monaco

Aujourd’hui, un accord permettant de satisfaire autant que possible dans cette situation les intérêts de chacune des parties concernées par la fermeture du site de production Foreplast à Monaco, vient d’être trouvé.

C’est un moindre mal, car rappelons qu’il s’agit là d’un moment particulièrement difficile dans les trajectoires professionnelles de salariés qui ont, pour beaucoup, consacré l’essentiel de leur carrière à cette entreprise, largement soutenue en son temps par l’État monégasque.

J’espère, par ma prise de position très ferme sur cette question, avoir contribué à une évolution plus favorable pour les salariés. Je ne peux donc que saluer cet accord et remercier le gouvernement, et particulièrement la Direction du Travail, pour son implication dans ce dossier."

D’autres rendez-vous sont prévus dans la semaine entre les salariés, la direction de l’entreprise et la Direction du Travail. On ignore encore si ils seront maintenus.
un peu d'histoire

Au début, il y avait Mecaplast. Une entreprise d’injection plastique du quartier de Fontvieille, montée par Charles Manni en 1955, qui produit des pièces pour l’industrie automobile.

En 2014, un plan social est lancé, dans lequel de nombreux salariés quittent l’entreprise. C’est alors que naît Foreplast, une nouvelle structure avec les salariés les plus anciens de l’usine. Officiellement, cette nouvelle structure est appelée à diversifier l’activité en réalisant des projets hors automobile, comme des sèche-cheveux, par exemple.

En 2017, Mecaplast fusionne avec un autre équipementier automobile, Key Plastics pour donner naissance à Novares.

Le groupe se porte plutôt bien, et annonce l’année dernière des performances financières "impressionnantes": 1.123 millions d’euros de chiffre d’affaires et 6,5 millions d'euros de résultat net malgré des investissements massifs dans des usines au Mexique, en Roumanie, ou encore en Inde.

En avril dernier, ça sent le roussi chez Foreplast. Le seul chargé d’affaires responsable des rentrées de contrat est licencié sans motif, et surtout aucun remplaçant n’est prévu. Foreplast serait laissée à l’abandon d’après ses salariés, qui accusent Novares d’avoir "étouffé l’activité".

Après plusieurs jours de mobilisation, ils obtiennent de l’entreprise l’aveu qu’ils craignaient : celle-ci a prévu de fermer la filiale Foreplast.

L’équipementier conservera à Monaco ses bureaux d’études et son service de facturation. L’entreprise produit toujours des pièces plastiques pour les grands constructeurs automobiles comme les groupes PSA, Volkswagen, Ford ou Toyota.


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