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Anti-pass sanitaire : l’acte II tourné vers les soignants à Monaco

Pour la 2e mobilisation en Principauté, les anti-pass sanitaire ont voulu hier mettre en avant les témoignages de soignants concernés par l’obligation vaccinale juste avant l’examen du projet de loi.

Julie Baudin Publié le 10/09/2021 à 12:08, mis à jour le 10/09/2021 à 12:08
Les soignants contre l’obligation vaccinale ont témoigné dans le rassemblement organisé par les anti-pass sanitaire. Prochain rendez-vous demain si la manifestation est autorisée par le gouvernement princier. Jean-François Ottonello

Pour cet acte II des anti-pass sanitaire à Monaco, organisé en milieu de semaine, il n’était pas question de baisser la garde. Pour continuer à marquer leur opposition à l’obligation vaccinale et au pass sanitaire, ce collectif de Monégasques et de résidents contestataires a choisi hier après-midi d’organiser un rassemblement sur la place des Moulins, devant la résidence Europa.

Ils étaient près de 200 à s’être déplacés dont plusieurs soignants réunis sous un collectif qui rassemblerait au total, selon eux, plus de 300 personnes du centre hospitalier Princesse-Grace (CHPG).

"Nous n’entendons pas assez ces voix-là"

"Un jeudi, aux heures de classe, nous ne voulions pas - trop - prendre en otage la population, explique Sharon Rochetin, la leader du mouvement. Et puis nous tenions à mettre à l’honneur ces soignants qui sont concernés en premier lieu par la loi qui doit être examinée la semaine prochaine au Conseil national sur l’obligation vaccinale [lire ci-dessous, Ndlr]. Cela nous tient à cœur car nous estimons que nous n’entendons pas assez ces voix-là."

Durant un peu plus d’une heure, un peu moins d’une dizaine de soignants ont pris, à tour de rôle, la parole pour évoquer leur témoignage ou celui d’un collègue.

 

Des mots pour raconter leur vécu d’infirmiers, de brancardiers ou d’aides-soignants. Pour dire aussi la foi et les sacrifices de leur métier passion, aux conditions souvent difficiles.

Des mots également pour dire aujourd’hui toute la colère et l’incompréhension face à ce vaccin que tous considèrent comme "étant expérimental", que le gouvernement monégasque veut leur imposer et pour lequel ils ne comprennent pas la motivation. "J’ai mal et je suis en colère quand on me traite d’égoïste, moi qui travaille les jours, les nuits et les week-ends au détriment de ma santé. Je suis atterrée par les discours accusateurs et moralisateurs qui circulent en ce moment parce que nous osons émettre une retenue et penser différemment."

Un refus déterminé

Certains n’hésitent pas à avancer, des vérités - leurs vérités ? -, des chiffres - qui vont parfois à l’encontre des données officielles - et des certitudes : "Il y a en ce moment en réa au CHPG deux personnes présentes pour des effets secondaires dues à la vaccination."

Là ou d’autres soignants posent - encore - des questions : "Cet hiver, des statistiques ont été faites sur les probabilités de contamination entre personnels soignants et patients. Résultat : proche de zéro. Il a été révélé qu’il y avait plus de chance d’être contaminé au sein de son entourage proche. Alors pourquoi un tel chantage à la vaccination ? Pourquoi aussi obliger certains corps de métiers présents au CHPG qui ne sont jamais en contact avec les patients ?"

 

L’épée de Damoclès

Et puis pour tous, cette épée de Damoclès : en cas de refus de vaccination malgré le vote de la loi, que se passera-t-il ? Pour eux et pour l’hôpital. Car beaucoup, hier, ont certifié avoir fait leur choix, à l’image du témoignage de cette infirmière : "Nous manifestons pour faire changer les choses, mais en cas d’échec, mon choix est fait, et je pense que je ne serai pas la seule : je reste telle que je suis et en bonne santé pour m’occuper de ma fille et je dirai adieu à mon métier et à mes patients, après toutes ces années où j’ai fait du mieux que je pouvais pour donner le meilleur de moi-même."

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