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Gilles Masson: "Le rosé de Provence est beaucoup imité, mais pour l’heure jamais égalé"

Rencontre avec Gilles Masson, le directeur du Centre de recherche et d’expérimentation sur le vin rosé, « récemment » nommé au grade de chevalier dans l’ordre du mérite agricole.

P.-L. P. Publié le 11/06/2022 à 17:30, mis à jour le 18/06/2022 à 02:11
Rencontre avec Gilles Masson, le directeur du Centre de recherche et d’expérimentation sur le vin rosé, « récemment » nommé au grade de chevalier dans l’ordre du mérite agricole. P.-L. P.

Dans le jargon agricole, on appelle cela « obtenir le poireau (1) ». Mais dans la réalité, sa décoration, Gilles Masson la doit exclusivement au raisin. À 55 ans, cela fait plus de deux décennies qu’il est à la tête du Centre du rosé de Vidauban. « J’ai eu la chance d’être au départ de l’aventure, dès la création du Centre de recherche et d’expérimentation sur le vin rosé en 1999 ». Et l’aventure est loin d’être finie.

Actuellement à l’étroit dans des bâtiments par trop vétustes, la structure s’apprête en effet à déménager. « L’ouverture du nouveau centre, toujours sur la commune de Vidauban, est prévue pour 2025. L’idée est de disposer d’un outil de travail plus adapté au nombre de travaux que l’on conduit chaque année et qui nous permette d’apporter les réponses aux questions que les acteurs de la viticulture varoise nous posent », glisse Gilles Masson.

Répondre aux enjeux de demain

Et des interrogations, les vignerons locaux, y compris ceux des appellations voisines (AOC Bandol, Coteaux d’Aix-en-Provence, Baux-de-Provence), n’en manquent pas. Notamment en matière de transition agroécologique et de changement climatique.

À ce sujet, le nouveau centre disposera d’une parcelle expérimentale à proximité immédiate, « quand aujourd’hui, on emprunte les pieds de vigne ou les raisins chez les vignerons », fait remarquer le directeur du Centre du rosé.

Une vraie amélioration quand on sait que les cépages sont l’un des trois leviers qui permettront à l’économie viticole varoise de survivre à la hausse des températures annoncée ! « à titre expérimental, les Côtes de Provence ont déjà reçu l’autorisation de tester cinq cépages étrangers qui résistent mieux à la sécheresse : trois grecs, un espagnol et un italien », révèle Gilles Masson.

 

Ce dernier n’est pas contre non plus l’irrigation des vignes. Un sujet qui fait débat dans le milieu. « Le recours à une irrigation maîtrisée est un très bon outil. Et pas seulement pour sécuriser la production, mais aussi qualitativement. Le stress hydrique ne produit pas de bon raisin ». La qualité. C’est l’obsession de Gilles Masson ! Si, en insistant un peu, il consent à mettre en avant « la maîtrise du froid au moment de la vinification » comme étant le fait marquant de vingt ans d’existence du Centre du rosé, il ajoute aussitôt que cette révolution technique n’a fait que nourrir la quête de qualité. « Le rôle majeur du Centre du rosé a été de contribuer à l’évolution qualitative des vins rosés de Provence et, par là même, à leur donner une notoriété. Il a permis d’appuyer et d’argumenter l’idée que le vin rosé se fait par destination, et non par défaut ».

Tenir la meute à distance

Retour à la maîtrise du froid, à laquelle participe également le fait de vendanger la nuit. « Elle a permis de sortir des vins plus clairs, plus parfumés et plus équilibrés ». Autrement dit : plus qualitatifs. Et puisque la notion de couleur est abordée, Gilles Masson l’assure, si le marketing n’est pas absent, « la couleur d’un vin rosé donne aussi des informations sur sa finesse, sa légèreté, son goût. C’est la raison pour laquelle on s’emploie à entretenir toute la palette des couleurs, afin de proposer des vins rosés pour tous les instants de la vie, pour toutes les gastronomies ».

Et le futur centre n’échappera pas à cette quête infinie : « Il devra permettre au rosé de Provence de rester le rosé des rosés. Car le modèle provençal fait école. Et si le rosé de Provence est beaucoup imité, mais pour l’heure jamais égalé, la meute est lâchée derrière nous ».

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