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Tensions et interrogations autour de l'avenir flou de Leonardo Jardim à l'AS Monaco

Mis à jour le 23/12/2019 à 07:40 Publié le 23/12/2019 à 07:38
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Tensions et interrogations autour de l'avenir flou de Leonardo Jardim à l'AS Monaco

La victoire contre Lille (5-1) et tout ce qui a entouré le match ont semé un flou terrible sur l’avenir de Leonardo Jardim en tant qu’entraîneur de l’AS Monaco. Une situation clivante.

Tout le monde s’est évaporé aux quatre coins du monde pour fêter Noël. Oleg Petrov, lui, doit pourtant aller au bout de sa réflexion entre le foie gras et la bûche. Faut-il continuer avec Leonardo Jardim?

La réponse à cette question réside dans la position de Dmitry Rybolovlev dans le tumulte actuel. Le coach portugais a été plutôt clair, lui, le patron c’est "Rybo", celui qui "lui a fait signer son contrat et qui l’a fait revenir".

Une manière de rappeler à Oleg Petrov qui est le taulier. La conclusion se situe sans doute dans le lien qui lie Petrov à Rybolovlev. Le dernier arrivé au club a-t-il toute l’attention d’un président actionnaire aux multiples casquettes et préoccupations pour lui faire suffisamment confiance sur un tel dossier?

Quelque part, il est question pour Rybolovlev de se déjuger, lui qui avait œuvré en personne pour le retour de Jardim en janvier. Il y a une part de fierté dans tout ça.

D’orgueil aussi, ce dont il a beaucoup été question samedi soir en fin de match, notamment dans la manifestation populaire de certains supporters en Honneur, cette tribune située derrière le banc de touche.

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C’est de cet endroit, où s’étaient notamment regroupés les proches de Leonardo Jardim, de son staff mais aussi de certains joueurs lusophones comme Gelson Martins, que le soutien vocal le plus prononcé s’est élevé sur le cinquième but de Kamil Glik.

Pendant ce temps, la majorité des autres tribunes n’avait pas abandonné leur slogan "Jardim démission".

Dans la foulée de ce match fou, l’adjoint de Jardim - José Barros - s’est fendu d’un message énigmatique sur Twitter, demandant avec un smiley dubitatif si la démonstration lilloise avait plu aux supporters monégasques tout en leur souhaitant de joyeuses fêtes.

Une sortie que l’on peut interpréter sous tous les angles et qui a très vite été supprimée...

Ce qui n’a pas été retiré en revanche, ce sont les paroles de Leonardo Jardim en conférence de presse, pointant clairement du doigt un groupe de supporters monégasques sans les nommer (UM94): "Certains supporters ne sont pas contents, depuis mon retour. Cela n’a jamais changé. Ce sont toujours les mêmes. Ces mêmes supporteurs faisaient grève il y a deux ans (en référence au boycott des matches de Coupe de la Ligue, ndlr)."

Deux sorties inhabituelles qui donnent l’impression d’un point de non-retour et qui ne peuvent pas être anodines dans une telle ambiance.

On est loin du point d’achoppement violent que l’on a pu voir à Lyon avec Claude Puel ou Bruno Génésio mais ce n’est pas sain. La rancœur est tenace, elle gronde, monte, s’installe partout. Tout est complexe car le message officiel de Petrov laisse ouvert la porte à toutes les interprétations possibles.

"On va tout analyser et on va faire des ajustements"

"Le début de saison a été très difficile, particulièrement au tout début. Pour des raisons connues, nous étions derniers du classement et on est maintenant septièmes. C’est un progrès, mais ce n’est pas assez, ce n’est pas ce que l’équipe mérite. Cette position ne reflète pas les ambitions du club et les qualités techniques de l’équipe. Nous croyons que nous devons faire mieux. Dans la période qui vient, on va tout analyser et on va faire des ajustements. On pense qu’ils vont améliorer l’équipe. Nos objectifs restent inchangés et on va se battre pour les concrétiser.", CQFD.

Le résultat brut ainsi que la manière face à Lille (5-1) ont placé Oleg Petrov dans une situation embarrassante. Comment annoncer publiquement la volonté de se séparer d’un coach un soir de démonstration collective?

A chaud, le Russe se savait inaudible. Mais cela donne aussi l’impression que la décision n’est pas complètement arrêtée. Ou tout du moins que l’état-major n’est pas certain de sa décision.

Dimanche, le silence radio était de rigueur, personne n’étant en mesure de confirmer la présence de Leonardo Jardim à la reprise officielle le 29 décembre.

La réflexion autour du maintien en poste du Portugais est lancée depuis plusieurs jours mais butait sur deux éléments cruciaux en dehors du "cut final" de Rybolovlev: quand l’annoncer? Et comment?

Au départ, tout le monde partait du postulat que le LOSC allait éparpiller l’escouade de Jardim sans sourciller. Ce qui n’avait pas été prévu, par contre, c’est ce tourbillon collectif qui emporte tout sur son passage.

Dès lors, il faut un argumentaire détaillé, fouillé et pertinent pour faire comprendre au grand argentier du club que Jardim n’est plus l’homme de la situation.

Était-ce une victoire d’orgueil, de circonstance, ou le point de départ de quelque chose? Les joueurs, eux, ont été vexés du visage montré lors de la gifle reçue en Coupe de la Ligue. Ont-ils voulu sauver leur coach?

Leur message n‘est pas si évident en tout cas. "L’ambiance, les rumeurs autour du club, le coach nous a dit qu’il prenait tout pour lui. Le club gère l’avenir du coach, nous, on est sur le terrain, le reste ne nous regarde pas", détaille Ruben Aguilar.

Pour Tiemoué Bakayoko, "ce n’est pas la première fois que le coach vit ça, il a l’expérience de ce genre de situation". Par contre, la fracture avec une partie du public monégasque est toujours là.

Leonardo Jardim est devenu un personnage clivant et il est primordial que le club se positionne rapidement et de manière assez limpide sur son avenir immédiat.

La direction monégasque n’a pas beaucoup de choix: laisser Jardim en poste, guider par la culture de l’instant, en estimant que la barre a été redressée avec en point de mire cette double confrontation contre le PSG en janvier qui fera office de test.

Ou alors aller au bout de la logique de défiance, basée sur les nombreux couacs de l’année 2019 et la fronde populaire qui frappe le coach en plein fouet, et mettre fin au chapitre Jardim.

Le football étant avant tout humain, il est impossible d’avancer qu’une décision sera meilleure que l’autre avant de se lancer dedans. Il faut prendre le risque, faire un choix et l’assumer jusqu’au bout.

Le menu des fêtes d’Oleg Petrov est simple, maintenir un coach aujourd’hui rejeté par une partie de son propre public et lui faire confiance ou le remplacer tout en prenant en compte que tous les maux du club ne résidaient pas uniquement sur l’identité de l’homme assis sur le banc de touche.


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