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Son retour en France, sa carrière, sa hargne... Recrue phare du mercato de l'OGC Nice, Morgan Schneiderlin affiche ses ambitions

Mis à jour le 09/07/2020 à 08:17 Publié le 09/07/2020 à 07:56
Morgan Schneiderlin est convaincu par son choix: "Nice, c’était le meilleur projet si je rentrais en France."

Morgan Schneiderlin est convaincu par son choix: "Nice, c’était le meilleur projet si je rentrais en France." Photo OGC Nice Média

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Son retour en France, sa carrière, sa hargne... Recrue phare du mercato de l'OGC Nice, Morgan Schneiderlin affiche ses ambitions

Morgan Schneiderlin a accordé son premier entretien en tant que joueur du Gym à Nice-Matin.

Il est la recrue phare de ce début de mercato niçois.

Ce mercredi, après le déjeuner, Morgan Schneiderlin s’est posé dans le jardin de l’hôtel de Divonne-les-Bains pour retracer sa brillante carrière et évoquer les raisons qui l’ont poussé à revenir en France.

A 30 ans, le milieu international n’est pas venu à Nice pour se la couler douce au soleil. Il a même très envie, déjà, d’enfiler son numéro six pour de nouvelles conquêtes.

Êtes-vous d’accord si on vous dit que Nice a recruté un joueur anglais?
Oui, j’ai fait toute ma carrière là-bas. Je suis parti à 18 ans, je reviens à 30 en France. Je me suis forgé en tant qu’homme et j’ai appris mon métier de footballeur en Angleterre. Au bout de quatre ans, je ne pensais même plus en français. Je n’avais plus besoin de traduire mes pensées. J’ai toujours gardé mon petit accent.

Partir aussi jeune à l’étranger, c’était un choix risqué mais le bon au final…
A l’époque, j’étais pas mal sollicité, par de gros clubs. Car j’ai été de toutes les sélections jeunes. Mais, à 16 ans, je ne me sentais pas prêt mentalement et physiquement pour quitter Strasbourg. Mes parents m’ont toujours laissé libre de mes choix. Au bout de deux saisons avec les pros, je sentais que j’avais une progression mais pas le temps de jeu espéré. Strasbourg voulait me garder, mais il y avait une forme d’impatience chez moi.

C’est à ce moment que vous optez pour Southampton, alors en Championship (D2 anglaise)…
Je ne connaissais pas bien ce club mais les dirigeants me voulaient absolument. Le projet a été clair, avec cette réputation de faire confiance aux jeunes comme Walcott, Bale. Je me suis rendu sur place avec mon père. J’ai été séduit. Je me suis dit: 'Allez, je tente ça.' Ma décision a surpris pas mal de monde. Au final, c’était le bon choix.

Vous parliez un anglais scolaire?
Non, j’étais catastrophique (rires). J’ai eu la chance de tomber dans une équipe où il n’y avait pas de Français. Je vivais seul. Du coup, je n’ai pas eu le choix. Tout ce que je regardais à la télé, tout ce que j’écoutais comme musique, c’était en anglais pour progresser. Au bout de six mois, un an, je pouvais avoir une conversation.

En Angleterre, vous avez dû également faire évoluer votre jeu…
C’est aussi pour ça que j’ai rejoint ce pays. Je devais progresser dans le jeu sans ballon, muscler mon jeu. En France, Furlan ou d’autres me disaient que j’étais bien avec le ballon mais qu’au milieu, il fallait récupérer plus de ballons. A 18 ans, il n’y a rien de mieux que le Championship pour muscler son jeu.

Vous vous êtes fait bousculer lors des premiers entraînements?
Oh que oui (il rigole). A l’entraînement, en match, je me suis fait soulever. Je me souviens encore du premier ballon que j’avais touché lors d’un match à Cardiff. C’était un petit stade, à l’anglaise. Je reçois un ballon, je me crois dans mon salon et, là, je me fais défoncer. Je prends un énorme tacle, le ballon sort en touche, les supporters crient comme s’il y a but. Pendant deux minutes, je me suis demandé ce qu’il se passait. Il a fallu vite se mettre dans le truc, aborder les entraînements d’une autre façon. Je ne pensais plus à ne pas perdre le ballon, mais à en récupérer le plus possible pour l’équipe. J’ai changé de mentalité. Attention, j’aime le jeu, avoir le ballon (sourires).

La D2 et la D3 anglaise étaient donc d’excellents laboratoires…
Tout à fait. Car, même en Premier League, tu as plus de temps. En dessous, ça joue beaucoup plus long. Pour ma progression, c’était parfait. En Ligue one, j’ai passé un an. Lors d’un match à Dagenham, j’ai dû toucher trois ballons avec les pieds, mais 25 avec la tête. Du vrai kick and rush. C’était en décembre. Le terrain était catastrophique.

Illustration
Illustration Photo OGC Nice Média

Dans cette équipe niçoise, vous êtes attendu pour apporter votre hargne au milieu.
Je ne vais pas tacler à tout-va, non plus (sourires). Je vais apporter ce que je sais faire: jouer au ballon, mettre le pied, avoir cette envie permanente de gagner. Je ne vais pas m’inventer une personnalité à 30 ans.

Comment trouvez-vous les jeunes de l’OGC Nice?
Les générations changent, c’est tout à fait normal. Les jeunes ont du talent, sont cool, respectueux. Mais je ne les ai pas encore beaucoup côtoyés aux entraînements. A leur âge, j’avais aussi envie de jouer tous les matchs. Tout le monde a un chemin différent dans sa carrière. Comme je l’ai déjà dit, je peux leur donner des conseils. Ils peuvent venir me voir quand ils veulent, ou pas, sans souci. Je ne veux surtout pas passer pour un vieux con. Je suis encore jeune, j’aime déconner. Je ne suis pas là pour être le papa de tout le monde. Mais si besoin, je suis là. A Strasbourg, j’avais pu m’appuyer sur Pierre Ducrocq ou Greg Paisley. J’ai également beaucoup appris avec Jean-Marc Furlan.

Racontez-nous la genèse de votre arrivée à Nice.
Ça fait quelques années que des clubs français essaient de me faire revenir. Mais ça ne m’emballait pas plus que ça de rentrer en France. La mentalité anglaise, la façon de concevoir le foot, j’adorais ça. La Premier League, c’est le top. En début d’année, mon agent me parle de contacts avec Nice et me dit de réfléchir tranquillement. J’ai laissé mûrir la chose dans ma tête. Il y a eu la crise du coronavirus, etc. A un certain moment, j’ai été prêt à écouter. Le contact que j’ai eu avec Julien Fournier et le coach a été excellent. Ils m’ont séduit.

Vous suiviez la Ligue 1? L’OGC Nice?
Je connaissais le projet niçois car je m’intéresse énormément au foot. Je savais ce que le club avait produit comme beau football lors de ces sept dernières années avec Claude Puel, Lucien Favre et Patrick Vieira. J’avais suivi l’histoire du rachat. C’était le meilleur projet si on rentrait en France. Avec Nice, je savais exactement où j’allais. A 30 ans, c’était primordial. J’avais besoin d’un club structuré comme l’est l’OGC Nice. Par exemple, quand j’ai rejoint Everton, c’était pour Ronald Koeman. Par la suite, il y a eu des choix qui me paraissaient moins en adéquation avec ce qu’on m’avait vendu.

L’idée de rejoindre la Côte d’Azur et un cadre de vie très appréciable pour la famille a également compté?
Ma femme ne voulait pas revenir en France, c’est la vérité (sourire en coin). Je ne viens pas pour la Côte d’Azur, le soleil et une belle vue chaque matin au réveil. J’ai vécu plusieurs années à Manchester où il pleut tout le temps. Ça ne m’a jamais fait peur. Le critère numéro un est sportif.

Everton a été plutôt classe également...
Oui. Je voulais déjà partir l’an dernier, c’était proche de se faire, puis le club m’a retenu en me disant qu’il comptait vraiment sur moi pour cette saison, mais qu’il me donnerait un bon de sortie pour l’été suivant. J’ai dit au directeur sportif de fermer toutes les autres négociations. J’avais choisi Nice et je n’irais nulle part ailleurs. A partir de ce moment-là, ils ont été très classes.

Vous avez téléphoné à Hugo Lloris?
On a échangé quelques notes vocales juste avant ma visite médicale. Il m’a bien sûr vanté tout le bien de Nice, son chez lui.

Vous pourriez vous retrouver à l’avenir...
Je ne vous cache pas que c’est ce que je lui ai dit dans ma première note vocale (rire).

Votre famille est installée à Nice?
On va emménager fin juillet, à la campagne. Ma famille est venue m’accompagner les deux premières semaines. Elle est rentrée à Manchester pendant le stage pour boucler le départ, dire au revoir.

Votre femme est enceinte, votre deuxième enfant sera donc Niçois !
Peut-être que son grand frère sera jaloux puisqu’il est né à Manchester, lui! (sourire)

Passer par Manchester United justement, ça marque une carrière?
Sa dimension commerciale, tous les aspects extra-sportifs et sportifs en font pour moi le plus grand club au monde. Ce fut une fierté, un honneur. J’aurais préféré que mon passage soit plus long, qu’il prenne une autre tournure. Mais c’est sûrement de ma faute, j’aurais dû être plus patient encore une fois. Mais je ne regrette pas du tout, c’est une expérience fantastique.

Porter les couleurs d’un tel club vous a donné le sentiment d’avoir fait le tour en Angleterre?
Exactement.J’avais connu Southampton, puis un grand club comme Manchester United et enfin Everton, qui était un peu l’entre-deux... Il faut le dire, rejouer dans un club du top 5 n’était plus possible pour moi donc à partir de là j’avais la sensation de pouvoir partir.

Avoir si peu joué en France vous a aussi peut-être donné l’envie de rentrer?
Il y a de ça.Puis à Everton ou Southampton, je pouvais faire de gros matchs mais ça n’avait pas un gros impact médiatique en France.Alors que je voyais que dès qu’un joueur connaissait une bonne passe en Ligue 1, on lui consacrait de gros articles, des Unes du genre: "Va-t-il être appelé en équipe de France?" Je ne cache pas qu’ici je peux retrouver un peu plus de visibilité, d’exposition médiatique.Et si j’arrive à faire de bonnes performances, que le club fait de gros résultats, pourquoi pas revenir dans les radars? Quand on goûte à l’équipe de France, on a forcément envie d’y retourner. Après je sais qu’il y a un groupe installé, qu’il y a beaucoup de concurrence, ce sera très très difficile. Mais toute ma vie je me suis fixé des objectifs très élevés.

Votre première sélection, en juin 2014, vous l’attendiez?
Je sentais que mes performances faisaient de plus en plus parler de moi.En Angleterre, certains articles évoquaient la possibilité que je prenne la nationalité anglaise, même si personne de la Fédé anglaise ne m’a contacté dans ce sens. Mais pour moi il était hors de question de le faire! (rires) Et au bout de deux ans, quand Deschamps m’a appelé pour être réserviste, j’étais très heureux mais je savais en même temps que c’était mérité. C’était à moi de jouer, à moi de montrer. J’ai passé une semaine à Clairefontaine, et c’était parti.

En équipe de France, vous avez également connu le statut de réserviste. Certains l’ont refusé, pas vous.
Je l’ai connu deux fois, en 2014 et en 2016, et ce n’était pas le même contexte. La première fois, je n’avais aucune sélection, j’étais heureux d’y aller, de m’entraîner une semaine avec l’équipe. La seconde fois, j’avais porté le maillot pendant deux ans, j’étais appelé jusqu’en mars, j’avais moins joué par la suite et je n’ai pas été appelé pour l’Euro directement... Quand Didier Deschamps m’appelle la veille de l’annonce de la liste, je sais que ça ne sent pas bon. On a eu une conversation, il m’a demandé mon avis sur le statut de réserviste, je l’ai accepté parce que la sélection, ça ne se refuse pas. Même si ça m’a fait chier.

Illustration
Illustration Photo OGC Nice Média

Et la Coupe du monde 2018, comment l’avez-vous vécue?
J’avais fait une année avec Everton, je savais que c’était quitte ou double. Soit mes performances et celles du club étaient exceptionnelles et je restais dans le groupe, soit les performances étaient moins bonnes et ça allait être difficile. Surtout avec le monde qu’il y avait à ce moment-là, donc je me suis fait une raison et je l’ai vécue simplement comme un supporter.

C’est quoi une saison réussie à l’OGC Nice ?
Avec ce que le club est en train de construire, je pense qu’on doit se qualifier pour une Coupe d’Europe. Il y a de gros clubs. On procédera par étapes et on fera un point en décembre. Mais je vois de la qualité dans ce groupe, beaucoup d’envie, de l’ambition. Le club vient de finir 5e, on sera attendu pour le projet et les investissements effectués. Il faudra y répondre, sans se mettre trop de pression non plus. Mais c’est sûr qu’on ne peut pas dire aujourd’hui qu’on jouera le maintien (sourire). Il faut viser haut.

Certains joueurs vont ont surpris à l’entraînement ?
Je ne vais pas tous les citer mais j’en connaissais déjà beaucoup. Il y a aussi des jeunes très talentueux que je découvre. Le petit Hicham Boudaoui, on voit direct qu’il sent le football.

On sent une mentalité appliquée pendant ce stage...
C’est ce que je ressens clairement. C’est sérieux, c’est carré, tout le monde a envie de jouer. Je suis agréablement surpris, ça bosse, tout le monde est concerné.

Le footballeur français a pourtant la réputation d’être moins bosseur...
La réputation existe, c’est vrai. Moi le premier, j’ai vraiment appris comment bosser en Angleterre. Chaque entraînement est un match. En France, on a peut-être plus de talent intrinsèquement, mais on bosse probablement un peu moins. Encore une fois, je ne vais pas avoir la prétention de tout changer. Une chose est sûre, je suis quelqu’un qui n’accepte pas la défaite. Et personne ne devra l’accepter, que ce soit à l’entraînement ou en match.

Vous avez hâte de disputer certains matchs comme les derbys contre Monaco, contre l’OM...
J’ai vraiment hâte de jouer, de revoir ces stades qui ont évolué puisque beaucoup ont été refaits depuis que je suis parti.

Retrouver la Meinau sera forcément particulier.
Ce sera quelque chose, c’est une certitude! Beaucoup de personnes m’ont demandé pourquoi je n’étais pas revenu à Strasbourg. C’est le club de mon enfance, de la ville où je suis né, où j’ai été formé, il a forcément une place à part pour moi. Mais j’ai déjà chambré tout le monde, mes oncles, mes cousins, mes amis qui vont à la Meinau: “Vous allez tous m’insulter! Et je vais aimer ça! Par contre il faudra mettre mon maillot niçois avec le 6 dans le dos!”

La perspective de jouer la Coupe d’Europe a pesé dans votre décision?
Forcément ça a un peu joué. L’Europe, c’est important, c’est une envie de venir de plus. Mais ce n’est pas ce qui a fait mon choix.

Vous regarderez avec attention le Lyon - St-Etienne en finale de la Coupe de France, alors?
Avec le maillot du PSG, avec Jallet dans le dos (rires).


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