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Slimani: "Toute ma vie je me suis battu"

Mis à jour le 06/03/2020 à 18:28 Publié le 06/03/2020 à 18:26
Slimani n’a pas oublié d’où il vient.

Slimani n’a pas oublié d’où il vient. Photos Jean-François Ottonello

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Slimani: "Toute ma vie je me suis battu"

L’Attaquant algérien de l’ASM n’a pas oublié d’où il venait et se projette sereinement dans le derby.

Partout, dans tous les stades, Islam Slimani, 31 ans, rassemble derrière lui la ferveur des supporters algériens. L’attaquant de Monaco prêté par Leicester est une star dans son pays. Un “guerrier”, comme il aime se définir, qui s’est rendu quasi indispensable à l’ASM cette saison avec ses 9 buts et 7 passes décisives en L1. Surtout, la générosité qu’il déploie sur les pelouses de L1 week-end après week-end fait de lui l’un des buteurs les plus redoutés, et un garçon attachant.

Pourquoi Monaco?

Leonardo Jardim y est pour beaucoup. Je le connaissais avant car j’ai joué pour lui au Sporting Portugal. Tout s’est fait naturellement. Il m’a appelé et on a discuté. Il m’a expliqué le projet, m’a rassuré en disant qu’il connaissait mes qualités et ce que je pouvais apporter. C’était le bon choix pour moi. Il savait que j’allais me battre pour l’équipe.

Je cherchais quelque chose qui pouvait me pousser encore plus.

Le discours d’un coach est très réconfortant?

Avoir la confiance du coach, c’est ce qui fait le plus de bien. Sentir que vous êtes soutenu par le club, le coach, c’est le plus important.

Dans quel état d’esprit étiez-vous après le départ de Leonardo Jardim?

C’est le foot. Oui, il m’a fait venir... mais lui pouvait partir, moi aussi, ou un autre joueur. C’est comme ça que cela fonctionne. On ne peut pas savoir si on va rester éternellement dans un club. Il faut s’adapter.

Vous avez dû une nouvelle fois prouver, avec l’arrivée du nouveau coach, Robert Moreno?

Oui. Mais j’ai fait ça toute ma carrière. ça ne me dérange pas. Je sais que je dois toujours me surpasser.

On a l’impression que pour vous, ça n’a jamais été simple. Que vous devez toujours prouver?

Effectivement. Je me suis toujours battu. C’est ce qui résume le mieux ma carrière. Depuis mes débuts, même en Algérie, j’avais besoin de me battre à tous les matches, toutes les saisons. Je n’ai jamais fait l’unanimité. C’est grâce à ça, quelque part, que j’en suis là. Je sais que je dois toujours être à 100%.

Pourquoi les coachs ou vos coéquipiers ne croyaient pas en vous?

Ce n’est pas ce qui m’a poussé à me battre. Je pense que c’est juste la mentalité algérienne. Si je devais revenir en arrière, je referais tout de la même façon.

Ce qui change le plus avec Moreno?

Par rapport à Leonardo Jardim, c’est une méthode de travail complètement différente avec de nouvelles idées de jeu. Mais nous, on est pro, et on s’adapte.

Comment avez-vous vécu la période du mercato hivernal?

Vous savez, dans ces périodes-là, durant le mercato, tout le monde peut partir ou rester. J’ai l’habitude de ça. ça ne m’a pas perturbé.

Vous signez votre retour par un but dans les dernières secondes à Amiens pour l’emporter...

Je suis un attaquant. C’est mon travail de marquer ou faire marquer. Mais après une période de 3 semaines sans jouer, ça m’a fait beaucoup de bien.

Avez-vous été surpris par vos débuts à Monaco (9 buts et 7 passes décisives en 17 matches)?

Pas du tout. Je me connais et j’avais confiance en mes qualités. Je sais de quoi je suis capable. Avec la confiance de Leonardo Jardim, de celle des joueurs, ça m’a aidé.

Vous vous trouvez les yeux fermés avec Wissam Ben Yedder...

On se connaissait avant. On est très complémentaire.

Vendredi 14 février 2020, Slimani ouvre le score face à Montpellier.
Vendredi 14 février 2020, Slimani ouvre le score face à Montpellier. Photo Jean-François Ottonello

31 ans pour un attaquant, c’est une qualité ou un défaut?

Je pense qu’au contraire, c’est une qualité. Un attaquant a besoin de mûrir dans sa tête. On peut être un super attaquant quand on est jeune, mais l’expérience est primordiale. Avec le temps, on apprend beaucoup.

Ce qui a le plus changé dans votre jeu?

Avant, j’étais plus un joueur de surface. Maintenant, je participe plus au jeu. Je fais des passes, je décroche chercher les ballons quand il faut, pour aider le groupe et l’équipe à marquer.

Comment jugez-vous la saison de Monaco?

Nous sommes toujours en course pour terminer dans les trois premiers. Il faut qu’on gagne le maximum de matchs.

Aimeriez-vous rester à Monaco la saison prochaine?

On verra ça en fin de saison.

Le derby contre Nice?

C’est un derby, mais comme tous les autres matches, ce n’est que trois points. Ce qu’il faut, c’est gagner tous les matches.

Vous avez connu beaucoup de derbies?

Oui. Il y en a eu forcément beaucoup en Algérie, surtout quand on joue pour un club de la capitale. Celui entre le Sporting Lisbonne et le Benfica au Portugal. Sans oublier en Turquie entre Fenerbahçe et Galatasaray. ça c’était chaud.

Mais en Algérie, c’était la folie.Avant, pendant et après les matches.

ça vous manque les chaudes ambiances?

Honnêtement, moi, je me bats de la même façon. Mais évidemment qu’un stade plein avec beaucoup de supporters ça aide une équipe.

Dans ce derby, vous allez croiser d’autres Algériens qui jouent pour Nice...

Oui (rires)! Les trois sont avec moi en sélection. Ce sont de super joueurs. Tout le monde connaît Atal, Ounas... moins Boudaoui, mais je pense qu’il aura un bon avenir, ‘‘inch’Allah’’.

ça vous transcende de les affronter?

(Il sourit) Je ne vais pas vous mentir: oui. Mais ça reste aussi un match, j’ai dépassé ces trucs d’être transcendé par une chose ou l’autre. Mais gagner, ça ferait du bien, c’est sûr.

Passer de Monaco à Alger, c’est un choc?

Non, ça ne l’est plus. J’ai quand même vécu 25 ans en Algérie et je n’ai jamais oublié d’où je venais. Je n’oublie pas mes racines. J’ai tout en Algérie, ma famille, mes amis, c’est impossible d’oublier.

Pourtant, à Monaco, c’est facile de perdre la tête et oublier d’où on vient?

Je pense que c’est plus dur pour les jeunes effectivement. Mais quand on a connu deux ou trois pays avant, qu’on est plus âgé, ça te stabilise. Ce que j’aime à Monaco, c’est la tranquillité.

Que représente le foot en Algérie?

Tout! C’est simple, le foot, c’est la vie là bas. Tout le monde vibre pour l’équipe nationale. Pour les jeunes algériens, devenir footballeur c’est le rêve d’une vie.

Dès le début c’est ce que vous vouliez faire?

Je n’avais que ça en tête. Je ne pensais qu’au foot.

Vous souvenez-vous du jour où tout a basculé pour vous?

Oui. ça a basculé sur un match. Je jouais en réserve, au JSM Cheraga qui était en 4e division en Algérie. J’avais 16 ou 17 ans. L’équipe première devait jouer en Coupe mais ils avaient un match important trois jours plus tard pour monter en 3e division.

L’entraîneur a donc pris deux joueurs de la réserve dont moi. On a perdu, mais j’ai marqué. Je pense que ce match a changé ma vie car après, je n’ai plus quitté l’équipe première.

Avant ça, personne ne me connaissait.

Le moment le plus fort?

Dans le foot, il y en a deux : quand on s’est qualifié pour les 8es du Mondial 2014 contre le Brésil (défaite 2-1 après prolongation contre l’Allemagne), et quand on a gagné la Coupe d’Afrique des Nations en 2019.

Sinon, dans la vie: la naissance de mon fils.

Vous y étiez?

J’étais pro au Sporting Portugal, ma femme était là-bas à Lisbonne, mais quand il est né, je jouais au même moment en Coupe d’Afrique avec l’Algérie en Guinée. Je ne l’ai vu que vingt jours plus tard. ça a été un manque.

Votre prono pour le derby?

2-1 pour Monaco. Buteurs? Ben Yedder et Slimani.


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