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Recrue phare de l'été à l'AS Monaco, Aleksandr Golovin répond enfin aux attentes placées en lui

Mis à jour le 04/03/2019 à 16:46 Publié le 04/03/2019 à 16:46
Le tsar Aleksandr Golovin, enfin roi sur le Rocher.

Le tsar Aleksandr Golovin, enfin roi sur le Rocher. Photo Jean-François Ottonello

Recrue phare de l'été à l'AS Monaco, Aleksandr Golovin répond enfin aux attentes placées en lui

Moribond, souvent blessé, suspendu puis annoncé sur le départ en décembre, la recrue phare de l’été Aleksandr Golovin revit en 2019. Et ça change tout pour l’AS Monaco.

Le football russe s’exporte peu. D’ailleurs, ils ne sont que quatre internationaux à jouer loin de la mère patrie. Le défenseur Roman Neustädter - naturalisé en 2016 car d’ascendance allemande - qui joue à Fenerbahçe après une formation en Allemagne ; Denis Cherysev, qui n’a jamais évolué en Russie puisque formé en Espagne (Real Madrid) ; le robuste Fyodor Kudryashov, qui vient de rejoindre le club turc de Basaksehir à 31 ans et Aleksandr Golovin, le Monégasque.

Et quand le numéro 17 de l’AS Monaco brille, on reçoit des appels venus du pays, notamment de journalistes.

En Russie, on s’enflamme et/ou on s’inquiète très vite pour le maître à jouer de la sélection nationale. L’un des rares joueurs russes capables de prétendre à jouer les premiers rôles en Europe.

C’est à ça que l’on reconnaît l’impact de Golovin. L’AS Monaco ne s’est donc pas trompée en misant plus de 30 millions d’euros sur le meneur du CSKA Moscou l’été dernier.

Depuis un mois, le milieu de terrain brille enfin et justifie les attentes placées en lui. Une aubaine quand on repense à sa première partie de saison.

Blessé gravement à la cheville lors de son premier entraînement, le joueur va attendre plus de 40 jours avant de débuter sous ses nouvelles couleurs pour finalement rechuter au cœur de l’hiver, toujours handicapé par une cheville douloureuse. "Il a repris trop vite (après le Mondial, ndlr), sans prendre assez de vacances. Ensuite, il a joué blessé à une cheville. C’était le cas quand je suis arrivé. Il ne pouvait même pas frapper le ballon. Il s’est donc arrêté" lâche Thierry Henry au cœur du mois de novembre.

Et quand il revient enfin, il écope de quatre matches de suspension après son expulsion à Lyon, début décembre. Sa première partie de saison est un long chemin de croix. On parle même de fiasco. De flop. Des rumeurs l’envoient d’ailleurs loin de Monaco.

"Peut-être qu’il est allé au mauvais moment et au mauvais endroit, c’est en tout cas ce que je pense, lâche son premier entraîneur Aleksandr Plyasunov, interrogé par le site russe Championnat au cœur de l’hiver. S’il rejoignait un autre club, peut-être que les choses iraient mieux. Je sais ce que Sacha (surnom pour Aleksandr, NDLR) vit aussi. Il ne comprend pas pourquoi cela se produit. L’équipe n’est pas mauvaise tout comme l’entraîneur, mais cela ne fonctionne pas. À Monaco, tout le monde est terrifié."

"Tout est beaucoup plus rapide qu'en Russie"

 Début janvier, Thierry Henry et Franck Passi tentent de dédramatiser la chose: "J’ai assez d’expérience pour savoir combien il est compliqué de s’adapter à un nouveau pays. Surtout quand l’équipe ne tourne pas. Les gens te pointent du doigt : “Gros transfert ! Qu’est-ce qu’il fait? Il ne marque pas, ne fait pas de passes décisives!”", balance Henry.

Passi est plus direct: "Il ne parle pas encore français. Il faut attendre pour voir le vrai Golovin".

Et puis Jardim est revenu, lui qui disait dès septembre que "Golovin sera un joueur décisif cette saison".

Le Portugais a d’abord trouvé un poste fixe à l’ancien du CSKA, celui d’électron libre, sorte de numéro 10 qui décroche. Ce que souhaitait faire le duo Henry-Passi au départ. "Il sait courir, c’est impressionnant. Il est capable de jouer attaquant, derrière l’attaquant et même n°8 avec son gros volume de jeu et sa bonne technique", précisait Franck Passi.

Il a fallu aussi s’adapter à la Ligue 1, à la langue car "Golo" ne parle ni français ni anglais, au cadre monégasque.

"C’était dur au début, abonde Golovin en décembre dans une interview au quotidien russe Sport Express. Tout est beaucoup plus rapide qu’en Russie, notamment sur la prise de décisions. Lors des premiers matches, c’était vraiment chaud. Les joueurs de L1 sont plus forts physiquement, plus rapides, plus techniques."

Et son premier coach avait sans doute vu tout avant tout le monde sur le renouveau de son poulain: "Je vais dire une chose banale, mais de telles difficultés ne font que l’endurcir. Je le connais bien et il ne sombrera pas, il est habitué aux difficultés. Il n’y avait jamais rien de facile sur son chemin. Quelqu’un dit que Golovin a décollé très rapidement, cela est arrivé, mais il a fait beaucoup d’efforts. Golovin est très déterminé, je dirais même inflexible. Les difficultés à Monaco l’incitent à travailler encore plus."

Là, face à la mer baignée par le soleil de la Côte d’Azur, Aleksandr Golovin mesure le chemin parcouru depuis sa Sibérie centrale où il a d’abord débuté par le futsal avant que son père, footballeur au niveau universitaire, ne l’emmène tous les jours à 30 kilomètres du domicile familial pour que son héritier puisse s’entraîner au Metallurg-Kuzbass Novokuznetsk.

Ce matin, plus personne ne remet en doute la recrue monégasque.

C’est bien le crack annoncé.


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