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RÉCIT. Il y a 16 ans jour pour jour, l'AS Monaco perdait la finale de la Ligue des Champions contre le FC Porto

Mis à jour le 26/05/2020 à 16:27 Publié le 26/05/2020 à 16:23
Une finale cruelle pour Patrice Evra et les siens.

Une finale cruelle pour Patrice Evra et les siens. Photos Franz Chavaroche et Patrice Lapoirie

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RÉCIT. Il y a 16 ans jour pour jour, l'AS Monaco perdait la finale de la Ligue des Champions contre le FC Porto

Après un parcours homérique au cours duquel le Real Madrid et Chelsea sont passés à la trappe, l'AS Monaco échoue en finale de C1 face au FC Porto.

Sur le papier, cette finale a parfois été qualifiée d’accident industriel heureux. Deux outsiders face à face en finale de Ligue des champions, surtout sous l’ère moderne, c’est un joli pied de nez aux puissants du Vieux continent puisque les finales échappent peu au quatuor Angleterre-Espagne-Italie-Allemagne.

En 2004, ce sont deux revenants qui se défient sur la pelouse de Gelsenkirchen. A Monaco, on revient même de très loin puisqu’un an auparavant, la DNCG avait relégué l’ASM en Ligue 2 à la suite d’un passif évalué à près de 80 millions d’euros.

Un mois plus tard, le club est finalement sauvé par MFI (Monaco Football Investissement), un groupe d’investisseurs proches du Palais. Au cœur de l’organigramme, Jean-Louis Campora, président depuis 1975, doit céder sa place à Pierre Svara.

Difficile d’imaginer cette équipe se hisser en finale de Ligue des champions un an plus tard... surtout quand le 24 août l’ASM perd Shabani Nonda, gravement blessé au Parc des Princes.

Faire sans son meilleur buteur? Bon courage.

Et puis le 31 août, Monaco arrache à la dernière minute le prêt d’un an de Fernando Morientes (28 ans) du Real Madrid.

Le triple vainqueur de la C1 débarque revanchard sur le Rocher. A Madrid, on ne compte plus sur lui car il faut faire de la place à Ronaldo.

"Tous les jours, on me rappelait que je n’étais pas un Galactique. Le soutien ne venait que des joueurs, du vestiaire", rappelle alors Nando. Au sein de la Maison blanche, personne n’imagine d’ailleurs que le karma se vengera.

A Madrid, on vise la decima, alors durant l’été 2003 on achète David Beckham pour jouer avec les copains Figo, Zidane, Raul et Ronaldo. Hasard ou non, le Real et Monaco se rencontreront en quart de finale et... Morientes sera décisif dans l’élimination de son équipe de cœur.

Au Real, on ne comprend toujours pas comment n’a-t-on pas inclus une clause de non-participation contre le Real dans le contrat de prêt de Morientes?

Iker Casillas après la double confrontation: "Je ne suis pas la bonne personne à qui il faut demander s’il aurait dû être autorisé à jouer contre nous, c’est le travail de la direction. Mais je suis sûr qu’ils ne pensaient pas que Madrid affronterait Monaco cette saison."

Monaco en demi-finale?

C’est presque un exploit pour certains mais pas pour Guus Hiddink, vainqueur de la C1 en 1988 avec le PSV. Après la victoire inaugurale de l’ASM à Eindhoven (2-1), Guus Hiddink avait d’ailleurs chaudement félicité Didier Deschamps: "Bravo, Didier! Tu tiens une équipe qui ira en finale."

Dans l’idée, cette équipe est très française, des revanchards qui veulent bouffer tout ce qui se présente devant eux.

Sans oublier cette notion de beau jeu développée par Didier Deschamps. Un jeu court tourné vers l’avant, un jeu placé et des paires qui jonglent les adversaires: Evra-Rothen, Morientes-Prso, Ibarra-Giuly. C’est ainsi que Chelsea mord la poussière en demi-finale. Place à Porto, maintenant, une autre équipe surprise.

Vainqueur de la C3 en 2003, l’escouade de José Mourinho est chirurgicale. Un bloc équipe complet qui joue majoritairement la possession et récite ses gammes: jeu court, jeu en triangle, bloc haut.

Surtout, c’est une équipe défensive aguerrie bien articulée autour du portier Vitor Baia et deux joueurs qui parlent à l’ASM: Costinha et Ricardo Carvalho.

Battu en demi-finale par Porto (1-0, 0-0), le coach du Deportivo La Corogne, Javier Irureta, s’était montré dithyrambique à l’encontre des Dragons: "Le travail collectif de cette équipe est d’une telle qualité qu’il est en effet très dur de lui marquer un but."

Mais une finale, sur un match disputé sur terrain neutre, est un autre exercice. Sauf que le football français est plutôt du genre à passer à côté de ses finales européennes... La semaine précédente, l’OM se rate face à Valence en finale de Coupe de l’UEFA (0-2). Un raté qui rejoint celui de Sainté en C1 76, Bastia en C3 78, l’OM en C1 1991, en C3 99, Paris en C2 97… et, triste souvenir, l’AS Monaco de Wenger en C2 1992 !

Il était temps de changer la donne.

Mais quand le sort s’en mêle, il est difficile de soulever des montagnes. Après un début de match à l’avantage de l’ASM, Giuly doit abandonner les siens, blessé aux adducteurs.

José Mourinho le concédera en fin de match: "la sortie de Giuly a tout changé. Dans l’urgence, Deschamps fait entrer Prso, et change son schéma pour passer en 4-4-2. Porto n’attendait que ça pour passer dans l’axe. Sans son meilleur créateur, et l’un des seuls capables de jouer à la fois entre les lignes et dans la profondeur, Monaco devient prévisible (12 positions de hors-jeu).

Et Porto déroule son plan en utilisant les montées des latéraux. Sur un déboulé de Paulo Ferreira, Carlos Alberto reçoit le ballon de l’ouverture du score à cinq minutes de la pause. Monaco rentre au vestiaire avec un but de retard et doit changer quelque chose.

Mourinho anticipe et fait rentrer Alenichev pour attendre l’ASM. Deco, génial meneur de jeu, prend le match à son compte et double la mise avant qu’Alenichev, 5 minutes plus tard, n’achève l’ASM.

Au coup de sifflet final, Mourinho déclare: "Deschamps devait prendre des risques et il a bien fait, en faisant entrer Nonda, et on a pu tuer le match".

Ce soir-là, Monaco a tiré sept fois sans jamais cadrer. Porto a cadré et marqué trois fois. Une finale cruelle... jusqu’au bout.


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