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Pour l'organisateur des Golden Foot Awards : "Monte-Carlo est propriétaire pour l'éternité des empreintes de Maradona"

Mis à jour le 27/11/2020 à 10:47 Publié le 27/11/2020 à 10:39
Antonio Caliendo dans son bureau monégasque, en 2003, avec Diego Armando Maradona.

Antonio Caliendo dans son bureau monégasque, en 2003, avec Diego Armando Maradona. Golden Foot

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Pour l'organisateur des Golden Foot Awards : "Monte-Carlo est propriétaire pour l'éternité des empreintes de Maradona"

Premier agent de joueur au monde, le résident monégasque Antonio Caliendo a contribué à l’arrivée du génie argentin à Naples, et possède les seules empreintes en or du "Pibe de Oro"

"Je ne suis pas émotif, mais les larmes ont coulé. Dieu lui a donné 100 ans mais il a voulu les vivre en 60…" Mercredi, à l’annonce de la mort de Maradona, Antonio Caliendo a succombé à l’émotion bien qu’il se soit préparé au pire. "Dernièrement il a repris de la drogue et j’ai été choqué par les dernières images de lui. J’ai compris qu’il n’allait pas s’en sortir…" Fataliste, celui qui fut le premier agent de joueur au monde, dans les années quatre-vingt en Italie, est d’autant plus meurtri qu’il était "très proche" de "Dieu", dont l’empreinte en Principauté est indélébile.

L’amitié entre les deux hommes débute en marge de la Coupe du monde 1978, en Argentine. La bande à Passarella, Ardiles et Kempes triomphe sur ses terres sur fond de dictature militaire. Diego n’est encore qu’un gamin de 18 ans lorsqu’il fait chavirer Caliendo. Le président d’Argentinos Juniors, par ailleurs recruteur italien, organise un match "en cachette" derrière une usine. Pas un brin d’herbe sur le pré, mais plutôt de la terre battue. Diego Armando Maradona fait alors "des choses incroyables" avant de récidiver sous les yeux de Caliendo. "J’ai vu son premier match avec l’équipe d’Argentine junior, il a marqué trois buts tout seul. J’ai été impressionné."

De retour au pays, Caliendo ne voit que par "son gamin", l’enfant prodige. Et ne tarde pas à retraverser l’Atlantique mandaté par son ami et directeur général du Napoli pour enrôler la pépite de Rosario.

"Cette opération était une œuvre d’art"

Nous sommes en 1981. Diego a pris une autre stature, confiné dans un pays empêtré dans les conflits et dont les frontières restent fermées. Une aubaine pour le sélectionneur, qui se réjouit de garder son équipe à portée de main en vue du Mondial 82, où l’Albiceste aura un titre à défendre. Quand Antonio Caliendo débarque en Argentine, Diego s’est déjà engagé avec le FC Barcelone pour l’année suivante. Barca a versé un million de dollars et le contrat en prévoit quatre de plus. "C’était l’offre la plus importante jamais faite pour un joueur argentin." Caliendo n’abandonne pas, sauf que Maradona est hospitalisé pour une hépatite virale. Il accepte que Caliendo monte dans sa chambre, où sa mère le couve avec sa fiancée de 16 ans, et son ami et agent Jorge Cyterszpiler, qui entretient la famille.

Diego se montre enthousiaste à l’idée de rejoindre Naples mais ne sait comment se dépêtrer de son contrat avec Barcelone. "À partir du moment où il voulait venir, je m’occupais du reste. J’ai monté un plan économique que j’ai transmis à Barcelone. Je leur restituais le million versé, plus un million de compensation. Et on reprenait le contrat. Un montage qui aurait coûté deux milliards de lires par an à Naples. Cette opération était une œuvre d’art."

Sauf que tout capote "pour une question d’ego". Le président du Napoli dira non par peur que son directeur général en retire les lauriers, selon la version Caliendo. Qu’importe, le Napoli et Maradona avaient rendez-vous à un carrefour de l’histoire. Deux ans plus tard, Diego pose ses valises pour huit ans en Campanie. Par passion…

"Il voulait offrir
ses empreintes au Pape"

"L’argent n’était pas important pour Diego, c’est pour ça qu’il est mort sans-le-sou. Tout le monde profitait de lui et il voyageait sans argent. Il passait un coup de fil à Fidel Castro ou Chavez et ils lui envoyaient 500 000 barils de pétrole [rires]." "C’était un homme d’une générosité unique, poursuit celui qui préfère passer sur « les retournements incroyables dans sa famille".

Maradona, un fidèle qui sera de la première promotion de Légendes à poser leurs empreintes sur la Promenade des Champions, à Monaco. Nous sommes en 2003, Caliendo vient de créer les Golden Foot et son désormais incontournable walk of fame au Larvotto. Pour les dix ans de l’événement, Diego lui-même demandera à revenir. "Quand il est descendu de la voiture, il m’a serré dans les bras et m’a dit que le premier qui parlerait mal de moi aurait affaire à lui", confie ému Caliendo, qui reste le seul aujourd’hui à détenir les empreintes de "Dieu". En or ! "Que Diego repose tranquille, je les garderai précieusement. Avec l’accord du prince Albert, nous aimerions offrir une réplique en bronze au musée qui j’imagine ouvrira en son honneur à Buenos Aires. Mais Monte-Carlo est propriétaire pour l’éternité des empreintes de Maradona."

L’an dernier, Caliendo et Maradona avaient rendez-vous à Dubaï. L’Argentin a eu un empêchement de dernière minute. Il n’aura jamais pu conclure un de ses souhaits. "Quand il a vu ses empreintes en or, il est devenu fou ! [rires] Maradona voulait faire dix copies pour offrir au Pape, à Fidel Castro, Chavez, sa famille… Mais on n’a pas eu le temps de les faire…"

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