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Pour Jardim, cette "saison a été vraiment magnifique"

Mis à jour le 29/05/2017 à 08:33 Publié le 29/05/2017 à 08:31
Leonardo Jardim a terminé sa troisième saison à Monaco avec un titre de champion.

Leonardo Jardim a terminé sa troisième saison à Monaco avec un titre de champion. Photo JFO

Monaco-matin, source d'infos de qualité

Pour Jardim, cette "saison a été vraiment magnifique"

Après le titre de champion de France, l’entraîneur portugais fait le bilan et évoque l’avenir

Après avoir conquis le titre de champion de France avec Monaco, le plus beau trophée de sa carrière, Leonardo Jardim arrivé dans l’anonymat le plus total sur le Rocher il y a trois saisons, est aujourd’hui une référence. A 42 ans, le technicien portugais a accepté de faire le bilan d’une saison déjà historique, «tranquillement», comme il dit.Aussi courtisé que ses jeunes joueurs révélés sous sa houlette, Jardim évoque également son avenir. La semaine prochaine, il aura rendez-vous avec sa direction pour entamer des discussions quant à une éventuelle prolongation alors que son contrat court jusqu’en 2019.  Sa décision est très attendue. 

Que retenez-vous de cette saison ?
Elle est magnifique à plusieurs niveaux. D’abord par les résultats et ce titre de champion de France. Clairement l’une des plus belles de l’histoire du club avec des demi-finales de Ligue des champions et de Coupe de France, ainsi qu’une finale de Coupe de la ligue. Mais dans le projet sportif, il est important de faire progresser les jeunes. Et pour moi, cette année, deux ont explosé : Bakayoko et Mbappé. C’est donc une grande satisfaction dans l’ensemble. Vraiment magnifique !

Quand avez-vous senti que cette saison pouvait être magnifique ?
Je pense que tout a commencé à la pré-saison. C’est le moment clé. On a fait le bilan de l’année précédente avec les dirigeants. On a vu qu’on manquait de qualité pour prétendre à mieux qu’une troisième place. Cette réunion avec les dirigeants a été importante à mes yeux. A partir de là, le club a fait l’effort de faire revenir Falcao et Valère (Germain), plus les achats de Mendy, Sidibé et Glik. Tout ça a renforcé l’équipe et le groupe s’est senti plus fort. Les meilleurs de la saison passée sont restés… Pour moi, c’est le moment clé, après il y a eu le travail bien sûr du staff et des joueurs. Mais cette prise de décision a été très importante.

De l’extérieur, beaucoup de doutes entouraient cette intersaison. Votre avenir était incertain...
Il y a eu des discussions normales de fin de saison avec les dirigeants. Comme celles que nous aurons avec Vadim Vasilyev (vice-président) la semaine prochaine.

De quoi parlez-vous ?
Des besoins de l’équipe. La première année, il y avait eu trop de départs au mercato, et du coup, la deuxième année, nous avons été fragiles. Mais dans le fond, je pense que cette troisième place la saison passée avec les joueurs que nous avions, ce n’était pas un mauvais classement. En plus, ça a permis de faire progresser des jeunes comme Lemar, Bernardo Silva etc. Mbappé a joué ses premières minutes aussi… Le pari de Fabinho au milieu a été pris aussi la saison passée. Mais on s’est dit clairement que si nous voulions avoir l’espoir de gagner un titre, il fallait faire quelque chose. On ne pouvait pas continuer comme ça et tout le monde l’a compris.

Avez-vous dû taper du poing sur la table ?
Non ça n’a pas été un combat. Ceux qui connaissent le foot savent que si on garde les meilleurs joueurs une année sur l’autre et que la qualité de l’équipe augmente, les résultats seront meilleurs.

Le match le plus important ?
Le plus important ? (il réfléchit). C’est difficile de parler d’un match. Prenez celui contre Villarreal en barrages de Ligue des champions : il est très important car on qualifie l’équipe et on remplit un premier objectif. La saison dernière nous n’étions pas parvenus à le faire. Psychologiquement, ça a été très bon. Après, il y a la victoire 3-1 contre Paris. Là, on a lancé le message que nous étions bien une équipe compétitive. On ne peut pas dire que le PSG a fait un mauvais championnat avec 87 points. ça nous donne encore plus de mérite. C’est la première fois que trois équipes (Monaco, Paris et Nice) atteignaient un total de points aussi élevés.

Avez-vous changé quelque chose dans votre management ?
Non. Notre méthodologie de travail ne change pas. On a fait évoluer la tactique, même si la première année, nous avions aussi évolué avec deux attaquants avec Berbatov, Martial ou Germain. La deuxième année, nous ne pouvions pas. Les gens oublient, mais il y avait Carrillo et Lacina Traoré. Ensuite, Vagner Love est arrivé l’hiver. On ne pouvait pas jouer à deux. Cette saison, on a commencé avec six attaquants (Falcao, Germain, Carrillo, Mbappé, Lacina Traoré et Vagner Love) ! Ça nous a permis de tester le 4-4-2 en pré-saison et ça a de suite bien marché. Dès le début nous avons compris que nous étions sur la bonne voie. A partir de là, quatre attaquants. Les profils étaient parfaits : un joueur fixe, l’autre un peu plus libre.
Il y aurait pu avoir un autre trophée avec la finale de la Coupe de la Ligue perdue contre le PSG.

Craigniez-vous que cette défaite affecte le moral de l’équipe ?
Non. Parce que je suis sûr à 100 % de connaître les raisons de cette défaite.

Quelles sont-elles ?
Quinze jours avant, beaucoup d’internationaux sont partis en sélection et je n’ai pas pu entraîner l’équipe. Pour certains, c’était la première fois et donc beaucoup d’émotions à gérer. Tout ça a complètement cassé notre dynamique. Mais Paris a gagné très logiquement, c’est incontestable.

Difficile à encaisser ?
Non, parce que je savais pourquoi ça n’avait pas marché et je l’ai dit aux joueurs. Je suis sûr qu’à l’avenir ils progresseront dans cette gestion des trêves internationales.

La défaite de Paris à Nice a-t-elle été un soulagement dans la course au titre ?
Non. Je ne vois pas ça comme ça. C’est la seule défaite du PSG dans la phase retour, c’est vrai… Mais disons que je n’ai pas vécu ça comme un “soulagement”. Cette défaite est juste venue confirmer notre stratégie en Coupe de France (opposé à Paris en demi-finale, Monaco décidait d’aligner une équipe composée de joueurs de la CFA pour faire reposer les cadres). Le week-end après l’élimination, nous gagnons contre Toulouse après avoir été menés… et Paris perd à Nice. Je pense que si nous avions joué la coupe à fond, deux jours après, nous n’aurions pas pu faire la “remontada” contre Toulouse.

Comment avez-vous vécu cette période entre la victoire contre Lille qui vous assurait quasiment le titre, et celle de Saint-Etienne qui l’a officialisé ?
Très simplement, sans se poser de question. Car après Lille, j’étais persuadé que rien n’était fait. Tout est possible dans le foot. Il restait un point à prendre et j’ai insisté auprès des joueurs pour qu’ils ne fassent pas attention à ce qu’il se disait autour. Il ne fallait pas tomber dans le piège. Il ne fallait pas écouter ceux qui ne savent pas ce que ça représente de batailler onze mois pour être champion. Il fallait rester concentré. Les joueurs ont su le faire en étant très pros jusqu’au bout.

Au-delà des qualités techniques de votre groupe, on a senti des qualités humaines incroyables. Êtes-vous d’accord avec ça ?
Oui bien sûr. Déjà, les victoires aident. Mais depuis trois ans, les groupes ont toujours bien vécu. Là, les joueurs sont jeunes et l’ambiance est naturellement plus positive. Il y a eu des bêtises parfois c’est vrai, mais en même temps ils donnent une bonne ambiance de travail. Ce n’est pas à négliger.

Comment gérez-vous ça en interne ?
C’est une question d’équilibre. C’est comme pour un jardinier qui doit arroser ses plantes. Il ne faut pas trop d’eau parce que ça peut les tuer. C’est pareil avec les règles.

"Quelqu’un arrivera difficilement à faire mieux"

La campagne européenne, la renaissance de Falcao, la confirmation Silva.Ce ne sont pas des trophées et pourtant…
C’est pour tout ça que je peux dire que cette saison est historique. Collectivement on a été très fort, mais individuellement, tout le monde a progressé. On a remporté les récompenses de meilleur espoir, meilleur gardien, meilleur entraîneur et beaucoup de joueurs étaient dans l’équipe type de la saison. On a marqué énormément de buts, on a pris beaucoup de points etc. On a fait tomber pas mal de records. C’est un truc énorme. Je pense que quelqu’un arrivera difficilement à faire mieux…

Quand on dit ça, souvent on évoque une fin de cycle. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Sincèrement, tous les professionnels dans le football doivent garder cette envie de faire toujours mieux. C’est la vie. Mais faire mieux la saison prochaine, ne veut pas forcément dire faire mieux en terme de résultat. Encore une fois pour faire mieux, il faut garder les meilleurs joueurs. Mais Bernardo Silva est déjà parti (transféré pour 50 millions d’euros hors bonus à Manchester City)… donc on ne pourra pas comparer les saisons. Dans ce cas, le défi, c’est de faire du mieux possible, avec des joueurs et donc des moyens différents.

Votre avenir ?
Je vais parler avec Vadim Vasilyev la semaine prochaine. La semaine dernière, nous avons profité de faire la fête. Pour Vadim aussi ça a été très fatigant. Nous avons travaillé sans relâche pendant 11 mois. Nous sommes tous fatigués. On va prendre un peu de vacances là. Et puis la tête reposée, nous parlerons du futur tranquillement. Comme on l’a toujours fait.

Vous êtes très courtisé... Après trois saisons ici, vous pourriez avoir des envies d’ailleurs ?
Quand on gagne et qu’on fait de belles choses, on est courtisé… c’est normal. Mais quand dans un club, dix ou douze personnes sont courtisées, les dirigeants ne peuvent pas laisser partir tout le monde. Peut-être que Jardim sera l’une des personnes qui va rester…

Quelles sont vos conditions pour rester ?
La condition de rester, c’est de pouvoir continuer de travailler, comme je le fais depuis trois ans. Pour moi le projet doit continuer comme il est. Et ce n’est pas parce qu’on a été champion qu’il faut que ça change et qu’on se dise qu’on gagnera tous les ans le championnat. Le projet, c’est de jouer régulièrement le podium et de faire progresser les jeunes joueurs. Les gens ont tendance à l’oublier. Surtout dans les moments de fêtes, on se dit : “ ça y est, on peut gagner la Ligue des champions ” etc. Non ce n’est pas ça. Le but est de faire le maximum avec les moyens à disposition.

Ce projet ne vous lasse pas ?
Nous allons discuter (il marque une pause). J’aime les défis difficiles. J’ai travaillé une fois dans un championnat où nous étions favoris, où c’était assez simple au final de remporter le titre avec treize points d’avance etc (il évoque la Grèce et Olympiakos). Moi, j’ai préféré prendre le Sporting Lisbonne 7e et le ramener deuxième ; ou alors placer Braga sur le podium du championnat portugais, offrir le titre à Monaco… Ce sont des défis difficiles. Ce n’est pas donné à tout le monde, mais je crois que je suis le spécialiste des défis difficiles (rires).

Votre choix de rester, dépendra-t-il du nombre de joueurs que vous allez perdre au mercato ?
Non. Encore une fois, c’est une question de projet et du défi proposé.
Quand on a construit une équipe aussi compétitive, le risque de voir tout ça démantelé ne vous procure-t-il pas un pincement au cœur ?
Non, c’est comme ça. Attention, on ne part jamais d’une feuille blanche en début de saison. Si nous sommes champions cette année, c’est aussi grâce au travail fourni la saison précédente etc.

Conserver le titre serait un grand défi ?
Bien sûr. Je ne sais pas ce qu’il va se passer d’ici un mois. Mais normalement, si rien ne change, Paris avec ses gros investissements restera toujours favori de la L1.

Entre l’argent et le projet, vous choisissez quoi ?
Le football, c’est aussi une question d’opportunités. Et je suis bien placé pour savoir : ce n’est pas tous les jours que les grandes opportunités se présentent. Je ne vais pas échanger Monaco pour quelque chose de simple…  Soit je change pour un projet d’une autre dimension. Soit pour une situation contractuelle d’une autre dimension. Parce que je l’ai toujours dit : j’aime être ici à Monaco, ma famille aussi. J’aime mon travail, je profite de Monaco. C’est un très bel endroit. Je m’y sens bien.

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