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Papy "Carvalho" fait de la résistance à l'AS Monaco

Buteur pour son centième match avec Monaco contre Ajaccio, Ricardo Carvalho est toujours dans le coup

mathieu faure Publié le 13/01/2016 à 10:04, mis à jour le 13/01/2016 à 05:04

Ricardo Carvalho traverse les époques sans prendre de rides. Ou très peu. Sa chevelure n'est plus aussi fournie qu'au temps du FC Porto, où il portait le serre-tête et ses oreilles étaient cachées par sa tignasse, mais il garde ce qu'on appelle une « gueule ». Les traits du visage sont plus tirés. Le corps est plus sec. Signe d'un homme qui a traversé le temps. On parle d'un garçon qui a disputé son premier match professionnel à la fin des années 90. Autant dire qu'il en a vu défiler, des joueurs.

Le Portugais de 37 ans, bientôt 38, a dû apprécier se retrouver face à Claude Makelele, nouveau Directeur Technique du club, à la Turbie. Les deux hommes ont partagé le même vestiaire, à Chelsea, pendant quatre ans (2004-2008).

Aujourd'hui, « Maké » porte le costard mais Ricky, lui, n'a toujours pas raccroché les crampons.

Toujours aussi professionnel, le Portugais vient de marquer son premier but avec l'AS Monaco, de la tête sur corner, contre le Gazelec samedi dernier.

 

Deux ans et demi qu'il courrait après son premier caramel en Principauté.

En club, l'ancien joueur de Chelsea et du Real Madrid n'avait plus trouvé le chemin des filets depuis la saison 2010-2011, une éternité. On comprend la joie qui était la sienne, samedi.

L'Euro 2016, son ultime défi

A l'aube de son dernier semestre sur le Rocher - il est sous contrat jusqu'en juin prochain -, Ricky savoure le temps passé sur le terrain.

On le sait, il n'a plus les jambes pour jouer tous les trois jours. Jardim l'a compris et ménage son joueur. En décembre dernier, Carvalho ne savait pas encore s'il allait raccrocher les crampons en fin de saison. « Si le corps suit, la tête suivra toujours, disait-il. Je prends soin de mon corps, sans doute plus qu'avant. Je sais ce que je peux endurer, comment je dois me reposer, me soigner, m'alimenter. Cela fait 20 ans que je fais ce métier, je sais me gérer ».

D'autant que depuis peu, Ricardo Carvalho a retrouvé l'envie et le goût pour la sélection nationale. En retraite depuis 2011, l'homme n'a pas résisté à l'appel de la nation en 2014. Depuis, il s'est redécouvert compétiteur. Au départ, il devait dépanner et transmettre son savoir-faire. Puis, il s'est pris au jeu et s'est fixé un ultime défi : qualifier son pays pour l'Euro 2016 et terminer sa carrière en France, avec la Seleção.

Pour l'instant, il a tout bon. Le Portugal sera dans le groupe F, avec l'Islande, l'Autriche et la Hongrie.

 

Une seconde jeunesse

Ricardo Carvalho aura alors 38 ans et l'envie de terminer en beauté. D'ici là, il faut garder le rythme avec l'ASM.

Dans une équipe à l'équilibre défensif fragile, le numéro 6 enchaîne les matches (16, tous comme titulaire) et fait figure de choix numéro 1 dans la hiérarchie défensive monégasque.

Depuis le départ d'Aymen Abdennour pour Valence, Carvalho est (re)devenu le taulier. Andrea Raggi en a d'ailleurs fait les frais, récemment, puisque le staff technique semble plus attentif à une charnière Carvalho-Wallace qu'aux autres combinaisons possibles. Match après match, l'ancien étonne. Et détonne parfois. Lorsqu'il a été brillamment amené par son agent Jorge Mendes lors de l'été 2013 dans le sillage de Falcao, James et Joao Moutinho, d'aucuns s'interrogeaient sur sa forme physique. Après tout, il ne jouait que des bouts de match au Real Madrid depuis plus de deux ans. Il a vite calmé son monde avec une première saison XXL sous Claudio Ranieri (37 matches de Ligue 1). Pas forcément le plus rapide ni le plus physique, Carvalho compense par un placement parfait et une lecture du jeu impeccable. Et puis cette petite dose d'expérience, ou de vice au choix, quand il faut.

Moralité, il ne s'est jamais vraiment raté avec Monaco.

Et quand la défense asémiste prend l'eau, il n'est jamais le premier que l'on pointe du doigt.

La force de l'expérience.

 

Depuis son arrivée en Principauté, Ricardo Carvalho aura surtout séduit par son professionnalisme. Geoffrey Kondogbia, par exemple, se disait impressionné par les entraînements de son aîné. Wallace, qui parle la même langue, demande des conseils en permanence. Fabinho également. Sans le vouloir, Ricky est devenu un peu le grand frère de cette équipe. Ou le papa. Et ce rôle lui convient plutôt bien.

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