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Nouvelle pelouse, système anti-intrusion, loges VIP: le stade Louis-II poursuit sa modernisation

À 35 ans, le temple du sport asémiste arbore fièrement son architecture originelle mais nécessite une mise à jour fonctionnelle. Débutés en 2017, les travaux vont encore durer plusieurs années.

Thomas Michel Publié le 21/08/2018 à 08:30, mis à jour le 21/08/2018 à 08:15
Le stade est au cœur de Fontvieille, bâti sur une emprise de 22 hectares gagnés sur la mer. Photo Archives MM

"L’idée n’est pas simplement de remplacer le matériel mais de mettre à niveau le bâtiment dans ses composantes essentielles." Au cœur de l’été, le conseiller de gouvernement-ministre de l’Intérieur, Patrice Cellario, directeur technique du stade Louis-II entre mars 1985 et avril 1988, a accepté de revenir sur la philosophie, le calendrier et les moyens mis en œuvre depuis 2017 pour rafraîchir et moderniser l’édifice trentenaire de Fontvieille.

"Ces travaux de restructuration du stade étaient attendus de longue date et, comme toute opération de ce type, c’est une opération complexe en terme de programme et de mise en œuvre. D’autant plus compliqué que le stade est un bâtiment suroccupé et qu’on ne peut pas réellement imaginer le vider pour faire des travaux."

"Il faut jongler"

Initié en 1979 par le prince Rainier III et inauguré en janvier 1985 en présence du président du Comité international olympique, Juan Antonio Samaranch, le Louis-II avait été pensé par le souverain comme un lieu à destination des scolaires et associations sportives, dans lequel l’activité physique pouvait se réaliser quotidiennement.

Jamais trahie, cette vision a même prospéré au point de virer au casse-tête quand vient l’heure des travaux. "Il faut jongler entre de possibles repositionnements d’une activité pour libérer un espace et pouvoir y travailler dans un laps de temps compatible avec le reste des activités…", résume le conseiller de gouvernement.

 

Si quelques espaces vont justement se libérer à court terme, notamment avec les déménagements de l’Université internationale de Monaco et de l’internat des footballeurs de l’AS Monaco, le temple du sport asémiste n’en reste pas moins étriqué.

Gourmandise médiatique

"Le stade n’a pas trop mal vieilli, surtout si l’on tient compte de sa surexploitation. C’est un bâtiment qui, depuis 1985, est utilisé 22 ou 23 heures par jour, 360 jours par an. Mais, malgré les opérations de maintenance et d’entretien, la difficulté vient des techniques et exigences qui ne sont plus les mêmes", note Patrice Cellario, avant de servir deux exemples.

"Quand on a homologué le stade en 1985, une des conditions de la télévision était d’avoir un éclairement de 1.200 lux sur la pelouse et 1400 sur la piste d’athlétisme. Aujourd’hui, pour la télévision haute définition, c’est 2.000 lux qui sont demandés."

"Un autre élément, c’est que l’exigence en terme de services apportés aux médias a évolué au fur et à mesure du poids que ces derniers prenaient, notamment dans l’acquisition des droits TV. En marge de la compétition, il y a de plus en plus de besoins en locaux alors que ça n’avait pas été pris en compte lors de la réalisation du stade."

Pour autant, l’actuelle modernisation du Louis-II, qui "va durer quelques années", se fera à périmètre constant. Au point d’aboutir sur une impasse? Toujours est-il que les disciplines amateurs payent aujourd’hui l’essor frénétique du sport-spectacle…

"Lors de compétitions comme la Ligue des Champions, les besoins de l’UEFA et des médias ont des incidences sur d’autres composantes du stade.

C’est un ouvrage assez atypique avec un stade omnisports (football + ahtlétisme) et une salle omnisports (basket), mais aussi onze salles spécialisées qui accueillent scolaires et associations (boxe, judo, escrime, gymnastique, haltérophilie…).

Leur fonctionnement est affecté par ces compétitions."

Un avenir plus vert?

Au-delà du devoir de ne pas fourvoyer l’esprit de partage insufflé par le prince Rainier III, le gouvernement a aussi l’obligation, aujourd’hui, de projeter l’enceinte dans un avenir plus écoresponsable, conformément aux vœux environnementaux du prince Albert II.

"Actuellement, la performance énergétique du stade est celle d’un bâtiment des années 80, concède Patrice Cellario, mais cette performance est prise en compte dans les travaux actuels conformément à la feuille de route fixée par le Prince."

Outre les opérations à venir en façade, en toiture, sur les ouvrants du stade ou les équipements techniques, la "priorisation des travaux" est dictée "par le vieillissement de certains équipements et leur remplacement, plus urgent que d’autres". Une étude est également en cours sur la signalétique dans et en dehors de l’enceinte.

 

Nouveau support pour nouvelle pelouse

Photo Michael Alesi/Dir.COm..

C’est une particularité qui fausse chaque année le classement de l’ASM Monaco au "championnat des pelouses de Ligue 1".

A Fontvieille, l’aire de jeu repose sur un parking! Une dalle qui n’offre qu’une quarantaine de centimètres au gazon pour s’enraciner. Quand on sait que ce dernier aime la verticalité, c’est dire le défi qui s’impose, chaque saison, aux jardiniers du club. Cet été, la décision a été prise de changer le tapis de jeu de la bande à Falcao mais aussi tout son support.

"Le substrat ne datait peut-être pas de l’origine du stade mais presque… des années 90… C’est un substrat qui avait subi pas mal de tassements, de compactages, etc. malgré des opérations de perforation."

"On s’est mis dans les chaussons des spécialistes de ce domaine complexe"

En accord avec l’AS Monaco, qui a joué ses matchs amicaux de préparation à l’extérieur et attendu la 2e journée de L1 pour faire ses débuts à domicile, et de la Fédération monégasque d’athlétisme, qui a accepté de délocaliser les épreuves de poids du meeting Herculis sur le port Hercule, les travaux ont débuté dès la fin de saison dernière, qui plus est écourtée pour cause de Coupe du monde. Une aubaine.

"Ce n’était pas comme le centre nautique, il fallait faire la totalité des travaux d’un coup", justifie Patrice Cellario.

Reprise de l’étanchéité de la dalle, mise en place des réseaux, drainage, arrosage, système de ventilation, mise en place de la terre et opération de plaquage de la pelouse – dégageant au passage de très mauvaises odeurs dans la Principauté, fin juillet.

Bref, tout un écosystème à reprendre avant la reprise du championnat. "On a pu s’entraîner deux fois sur la pelouse la semaine dernière et notre premier match contre Lille s’est bien déroulé", se félicite-t-on du côté de l’AS Monaco.

 

"On s’est mis dans les chaussons des souhaits des spécialistes de la pelouse car c’est un domaine assez complexe. Ce n’est pas une moquette qu’on déroule mais un être vivant qu’il faut réussir à cultiver", précise Patrice Cellario au sujet de ces opérations à la charge du club, depuis l’import du gazon cultivé en Italie.

Reste à observer l’évolution du pré ces prochaines semaines, tant la météo a une importance dans sa prise…


Derrière le rideau, des loges VIP

Photo Jean-François Ottonello.

"C’est une demande qui vient autant du club que de la Principauté que d’améliorer les conditions d’accueil du public. Là aussi, les standards ont évolué depuis 1985…"

Samedi dernier contre Lille (0-0), et pour encore quelque temps, un grand rideau barrait le haut de la tribune Premières. Derrière, les bases d’un outil indispensable pour un club du calibre de l’ASM: de nouvelles loges VIP.

Exit les dernières rangées de la tribune, soient près de 1.000 places; bientôt, ce seront 18 loges d’une quinzaine de mètres carrés, avec balcon et huit fauteuils vue pelouse, qui émergeront.

"Elles bénéficieront des mêmes services que les loges actuelles mais à un endroit où elles n’existaient pas…L’innovation vient de leur accessibilité, un circuit différent de la saison dernière", précise Patrice Cellario.

Des travaux d’aménagement seront réalisés au niveau de l’avenue des Castelans pour permettre un accès par ascenseur et passerelle.

 

Un parvis sécurisé comme la Promenade des Anglais

Le dispositif anti-intrusion adopté par la Métropole de Nice depuis 2017 a convaincu le gouvernement monégasque. Photo ©Maccaferri/France.

Finis les protèges-câbles disgracieux, et il faut bien le dire casse-gueule, disséminés sur les pavés du parvis du stade Louis-II.Un enfer surtout pour les personnes à mobilité réduite.

"Il y avait quelques tirages de câbles pour la télévision qui cheminaient sur les passages piétons, ils passeront désormais en souterrain", se réjouit le conseiller de gouvernement-ministre de l’Intérieur, Patrice Cellario, qui rappelle que des aménagements avaient déjà été réalisés pour, "selon l’ampleur de la diffusion, un positionnement des cars satellites de l’autre côté de l’avenue Albert II, avec une sorte de galerie technique qui permet de traverser le carrefour pour que la liaison puisse se faire, entre cars régies et satellites, sans aucune incidence sur la chaussée".

Capable d’intercepter un véhicule de 7,5 tonnes

Dans une optique de «gestion contrôlée» du parvis du stade, lieu de rassemblement les soirs de match mais aussi point de ralliement des cars de télévision comme de bus scolaires, des travaux de sécurisation du site ont été menés en début d’été.

"C’est une opération de sécurisation de l’espace public, un peu comme sur la place d’Armes. Des travaux qui ne sont pas conséquents mais permettent de protéger de manière durable et un peu plus efficace. Le résultat est aussi plus esthétique que les dispositions mises en œuvre provisoirement."

En l’occurrence, c’est le dispositif de barrières MacSafe®, développé par la société Maccaferri de Valence, qui a été retenu par le gouvernement princier.

Ce système anti-intrusion a notamment été adopté par la Métropole de Nice pour sécuriser la Promenade des Anglais depuis 2017.

 

"La ville de Monaco recherchait une solution pour protéger le parvis de la tribune d’honneur du stade Louis-II. Il y avait un risque de choc frontal, donc le dispositif de protection devait être capable d’intercepter un véhicule de 7,5 tonnes roulant à 50 km/h", peut-on lire sur le site Internet de la société.

Crash tests à l’appui, Maccaferri affiche un certificat de performance garantissant une déformation inférieure à 2 mètres de la structure en cas d’impact.

"Le système s’intègre parfaitement dans son environnement et peut être facilement et rapidement démonté en cas de diminution du niveau d’alerte ou pour maintenance", précise enfin le communiqué.

 


quel budget

À l’instar du projet de centre d’entraînement nouvelle génération de l’AS Monaco, enfin entériné à La Turbie depuis début août, la rénovation du stade Louis-II a peiné à se matérialiser. À commencer par son budget.

"On a défini un programme de travaux pour lequel on a élaboré un budget. On avait indiqué une enveloppe qui nous paraissait nécessaire et ce n’est pas celle-là qui a été votée par le Conseil national au budget 2018. Quand on aura défini une nouvelle tranche de programmes triennale, on se refocalisera sur cette tranche d’opérations et les budgets nécessaires à celle-ci. C’est un peu une étude permanente que l’on doit mener... "

En décembre 2017, au sujet de la refonte du stade, le conseiller national Marc Burini avait précisé "si cette opération est nécessaire et demandée depuis de nombreuses années par les élus, ces derniers n’ont pas eu le sentiment que cet ouvrage considérable ait été pensé au travers d’un projet économique et associatif cohérent".

 

L’enveloppe de 240 millions d’euros alors inscrite au programme triennal avait été jugée "exorbitante", "étant donné les incertitudes qui planent encore sur ce projet".

Une requête entendue par le gouvernement, "dans l’attente de stabilisation définitive du programme nous avons décidé de la limiter à 70 millions d’euros, correspondant aux seules opérations d’ores et déjà engagées ou devant l’être en 2018", avait précisé le ministre d’état.

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