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Nabil Dirar, l'évidence européenne

Nabil Dirar, très bon contre la Juventus en Ligue des champions, est la caution européenne de Leonardo Jardim qui a toujours fait confiance au Marocain lors des gros matches

Mathieu Faure Publié le 05/05/2017 à 05:21, mis à jour le 05/05/2017 à 08:38
Nabid Dirar, ici devant Alex Sandro mercredi, fut l'un des rares Monégasques au niveau avec Danijel Subasic. Cyril Dodergny

Il y a presque une certaine logique à ce que Nabil Dirar soit le meilleur Monégasque contre la Juventus Turin en demi-finale aller de la Ligue des champions malgré la défaite deux à zéro.

Le Marocain, repositionné latéral droit, a été l'un des rares joueurs du Rocher au niveau de l'événement et c'est souvent le cas lors des soirées européennes.

Dirar était tellement impliqué dans son match qu'il a terminé la rencontre avec un bandage autour du crâne, touché dans un contact avec un Italien.

 

Un match de soldat, de guerrier.

Le genre de prestation que Claudio Ranieri, en tribunes, a dû apprécier.

Le « Mister » est celui qui a changé le destin du Marocain.

Arrivé en janvier 2012 en Principauté, Dirar est alors un ailier droit dribbleur et fantasque, le genre de mec qui pratique un sport collectif en solitaire.

Le milieu débarque dans un mercato qui ressemble plus à un voyage Erasmus qu'à une équipe de football dans laquelle on retrouve, entre autres, l'Uruguayen Gary Kagelmacher, l'Allemand Andreas Wolf, les Grecs Giorgos Tzavellas et Alexandros Tziolis, le Hongrois Vladimir Koman, le Sénégalais Ibrahima Touré, le Néerlandais Nacer Barazite mais aussi Danijel Subašic.

 

« Suba » et Dirar sont les seuls survivants de cette armée mexicaine. À l'époque, Monaco arrache le joueur au FC Bruges pour 7,5 millions d'euros, une grosse somme pour un club de Ligue 2.

Durant les six premiers mois, Dirar prend la température et puis Claudio Ranieri débarque durant l'été avec l'idée de remontée en Ligue 1 dans la foulée.

Entre les deux hommes, il se passe quelque chose.

« Dans le foot, on n'est pas là pour s'amuser, faire des beaux gestes ou ridiculiser des joueurs, il faut jouer le plus simple possible. J'en ai pris conscience avec Ranieri, quand je dribblais au milieu de terrain et que je perdais le ballon, il m'engueulait et parfois, le match d'après, j'étais sur le banc, lâche-t-il dans les colonnes de L'Equipe. Et il avait raison car je mettais l'équipe en difficulté. J'ai appris à aider l'équipe, à gagner des matches ». Surnommé le « Cristiano Ronaldo de Marrakech » à son arrivée dans le vestiaire monégasque, Dirar épure son jeu.

Le simplifie.

Le densifie.

Sa grave blessure au genou dans la dernière ligne droite de la saison 2012-2013 l'oblige également à changer car il va mettre un an à retrouver les pelouses.

 

Il va apprendre la patience tout en écoutant les conseils du « Mister » comme il aime le raconter.

« J'ai beaucoup progressé avec lui au niveau tactique. C'est grâce à lui que j'ai pu me faire une place de titulaire. Le travail a payé. Mon style de jeu a changé, mon physique, ma manière de jouer. Quand je suis arrivé, j'étais un peu fou. J'aimais beaucoup le ballon, comme tous les jeunes joueurs. En Ligue 2, il faut savoir lâcher le ballon ».

Autre moment clé de sa carrière monégasque, son expulsion dans le derby l'an dernier face à Nice après un face-à-face musclé avec l'arbitre Tony Chapron.

Dirar prend 8 matches de suspension et une grosse amende du club qu'il refuse, dans un premier temps, de payer.

Une mise à l'écart disciplinaire qui va le faire réfléchir.

« Pendant ma blessure et ma suspension, j'ai vu quelqu'un, j'avais besoin d'en parler. Cela m'a fait du bien de voir quelqu'un d'extérieur au foot. […] J'ai une image d'enfant terrible, j'ai l'air agressif sur le terrain mais dans la vie, je ne suis pas comme ça », détaille-t-il, toujours à L'Equipe.

Alors qu'il se pose des questions de comportement, Jardim, lui, n'a aucune inquiétude et titularise systématiquement son joueur dans les gros matches.

 

C'était déjà le cas lors de la campagne de 2015, c'est encore le cas cette saison.

A Wembley, en septembre face à Tottenham, pour le premier match de poule, il débute la rencontre avant de se blesser rapidement. Une blessure qui oblige Jardim à lancer Lemar et qui va bouleverser, de facto, la hiérarchie au sein de l'équipe. Mais Jardim n'oublie pas que le Marocain est capable d'être un très bon joueur quand il s'agit de bien défendre.

Comment cet ancien ailier de débordement est-il devenu la caution « Europe » de l'entraîneur portugais ?

L'homme s'est expliqué sur cette particularité chez nos confrères de L'Equipe : « J'anticipe les passes dans l'axe, je ferme mon couloir. Je suis pratiquement toujours derrière le ballon quand l'équipe adverse l'a. Les matchs contre les équipes offensives me conviennent mieux. Dans le vestiaire, on m'appelait « Monsieur Ligue des champions ». Plus on craint l'adversaire, plus je joue...»

A 31 ans, l'international marocain ne compte « que » 16 matches de Ligue des Champions (plus 8 de tour préliminaires) mais son total européen est loin d'être ridicule si on ajoute la Ligue Europa (33 matches répartis entre Bruges et Monaco). En gros, Nabil Dirar est une valeur sûre des soirées européennes de l'AS Monaco.

Offre numérique MM+

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