“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Monsieur Claude

Mis à jour le 14/01/2016 à 05:03 Publié le 14/01/2016 à 05:03

Monsieur Claude

Quand Claude Makelele parle, tout le monde écoute.

Quand Claude Makelele parle, tout le monde écoute. C'est un peu l'idée pour laquelle Vadim Vasilyev a souhaité en faire son bras droit au sein de l'AS Monaco. Le nouveau directeur technique du club de la Principauté va découvrir son rôle. Rien d'insurmontable pour un garçon qui a révolutionné le football des années 2000.

Makelele, c'est avant tout un CV qui transpire le ballon rond.

Une carrière de 950 matchs de 1990 à 2011, sur trois décennies. Nantes, avec le titre de 1995, l'OM, le Celta Vigo de Karpin, Salgado et Mostovoï, le Real Madrid, Chelsea et le PSG. Les Canaris de 95, le Real des Galactiques, le Chelsea de Mourinho : Makelele aura fait partie de trois des plus grandes équipes des deux dernières décennies avec, en prime, huit demi-finales de Ligue des Champions.

Pour comprendre Claude Makelele, il faut décortiquer son rôle au Real Madrid, un moment charnière dans sa carrière. On est en 2000 et les Merengues cherchent à remplacer Fernando Redondo.

À l'époque, l'Argentin est une caresse visuelle. La classe incarnée. La mission semble compliquée pour l'ancien ailier droit du FC Nantes. « Maké » débarque à Bernabeu avec le numéro 24 sur le dos.

Et très vite, il devient incontournable. Son style de jeu est simple et révolutionnaire. Du sang-froid et de la malice dans la conservation du ballon, de la précision dans la relance et un volume de jeu gargantuesque. Et, surtout cette confiance absolue en son jeu et son rôle. En Espagne, l'homme invente un style : « jouer à la Makelele », qui désigne le rôle du milieu défensif placé devant sa défense, qui doit ratisser, récupérer, conserver et relancer. Makelele était toujours en avance sur son adversaire.

Le Français règle un problème du Real qui, au départ, semble insoluble : comment faire jouer ensemble Raul, Ronaldo, Zidane, Figo et Guti sans que cela ressemble à du grand n'importe quoi ? Simple.

Aligner Claude Makelele.

Le Français va jouer pour l'équipe et permettre aux autres de briller. Le Real ramène la Ligue des Champions en 2002. Pourtant, il va quitter l'Espagne, vexé quand sa demande de revalorisation est snobée par Florentino Perez, Président de la maison blanche. Un Perez très vindicatif quand « Maké » rejoint Chelsea en 2003 : « Makelele ne va pas nous manquer. Sa technique est moyenne, il lui manque de la vitesse et du talent pour passer ses adversaires et 90 % de sa distribution est en retrait ou latérale (…) Les jeunes joueurs qui arrivent feront oublier Makelele ».

Derrière, le Real Madrid va traverser quatre années sans titre et Perez démissionnera en 2006. Tout sauf un hasard. Au vrai, la place de Makelele au Real Madrid a été parfaitement résumée par son ancien coéquipier Steve McManaman : « Claude a été le meilleur joueur de l'équipe depuis des années, mais les gens ne le remarquent pas, ne voient pas ce qu'il fait. Mais si tu demandes à n'importe qui au Real Madrid, il te dira qu'il était le meilleur. Nous le savions tous, les joueurs savaient tous qu'il était le plus important. (…) Il était la base, il était la clé. »

Une clé qui va ouvrir la boîte à succès de Chelsea. A Londres, le milieu va vivre un riche quinquennat - deux titres de champion et une FA Cup - durant lequel il aura partagé son quotidien avec José Mourinho pendant trois saisons. L'homme est tellement fort qu'il oblige Essien et ses 40 millions d'euros de transfert à jouer au poste de latéral droit. Alors incontournable en équipe de France (finaliste du Mondial 2006) et en Blues, le joueur se dirige tranquillement vers la fin de sa carrière.

Il dira stop en 2011 alors qu'il était capitaine du PSG. Une fois les crampons rangés, Claude Makelele rentre dans l'organigramme du PSG façon QSI.

Alors qu'on le destinait à un obscur rôle de collaborateur du directeur sportif Leonardo, Claude Makelele aurait pu prendre en main l'équipe première quand Antoine Kombouaré était en danger. Il n'a jamais voulu. Finalement, une fois Carlo Ancelotti dans la place, Makelele se rapproche du terrain et devient l'un des adjoints de l'Italien. Son rôle est simple : transmettre son savoir et faire le lien entre le groupe et le staff. Dans l'équipe parisienne, un homme va en bénéficier, c'est Blaise Matuidi. « Claude joue un rôle important dans ma progression. Dans mes anciens clubs, je n'avais pas la chance de côtoyer quelqu'un comme lui. J'en profite. Je pose beaucoup de questions, j'ai souvent des bonnes réponses » , analysait le gaucher dans les colonnes du JDD en 2013. Un rôle qu'il conservera sous Laurent Blanc avant de se lancer sur le banc de Bastia en juillet 2014. L'envie de sauter le pas, sans doute. Une expérience qui tourne court pour cause de résultats insuffisants. Loin d'être démotivé, Makelele a déjà bien roulé sa bosse : joueur, directeur sportif adjoint, entraîneur adjoint, coach et maintenant directeur technique, pour un nouveau rôle et une nouvelle aventure. Bonne chance.

CV express

Claude Makelele est né le 18 février 1973 à Kinshasa, dans l’ex-Zaïre (aujourd’hui République Démocratique du Congo). Son père,André, était une star de l’équipe nationale de football et va vite tenter l’aventure en France.Le reste de la famille ne rejoindra le père qu’en 1981, à Epinay-sous-Senart, en banlieue parisienne. Claude commence le football très jeune, au poste d’attaquant chez les cadets nationaux de l’US Melun. Sur place, il côtoie notamment Lilian Thuram.
A 16 ans, il dispute un match de Coupe de France face auRed Star et marque d’une volée le but égalisateur, peu de temps après sa rentrée.Remarqué, il signe au Stade Brestois mais le club est vite rattrapé par des problèmes financiers et se retrouve relégué en troisième division.Claude Makelele, 18 ans, cherche un nouveau défi. Il signe finalement au FCNantes mais doit patienter avant de jouer en équipe première.Etant de nationalité zaïroise, Maké doit régulariser sa situation avant de prétendre jouer en équipe première. C’est chose faite en 1992. D’abord milieu droit, il est repositionné milieu relayeur tardivement.A Nantes, il prend réellement son envol au sein d’une génération incroyable (Loko, Ouédec, Karembeu, N’Doram, Pedros).La suite? Marseille, Vigo, le Real Madrid,Chelsea et le PSG.
Palmarès
Champion de France : 1995
Champion d’Espagne : 2001, 2003
Champion d’Angleterre : 2005, 2006
Coupe de France : 2010
Coupe d’Angleterre : 2007
Coupe de la Ligue Anglaise : 2005, 2007
Ligue de Champions : 2002
Coupe intercontinentale : 2002
Supercoupe de l’UEFA : 2002
71 sélections en équipe de France.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

La suite du direct