Monaco déraille Certains n’ont pas envie La lenteur incarnée

L’ASM a été éliminée par Lille qui en voulait plus. Exaspéré, le public a demandé à plusieurs reprises la démission de Leonardo Jardim. Oleg Petrov a, lui, quitté le stade avant la finA l’image de son compère Benoît Badiashile, le Chilien Maripan a pris l’eau face à la vitesse lilloise. Dans le dur sur toutes les accélérations adverses

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Fabien PigalleMathieu Faure Publié le 18/12/2019 à 10:01, mis à jour le 18/12/2019 à 10:02
Augustin à terre, l’ASM à l’envers, hier soir, contre Lille.
Augustin à terre, l’ASM à l’envers, hier soir, contre Lille.

C’est une triste soirée pour l’ASM éliminée hier par le Losc en huitième de finale de la Coupe de la Ligue. Triste parce que logique, tant les Monégasques ont tout fait pour ne pas se qualifier.

A tel point que les « Jardim démission » ont résonné dans un Louis-II peu avant l’heure de jeu.

La formation du coach portugais était déjà menée 0-2 (Osimhen 19’, Rémy 46’), et Slimani, fantomatique à la pointe d’un trident offensif constitué d’Augustin et Baldé, venait de manquer son penalty stoppé par… Jardim. Difficile à suivre. Mais il faut dire que ce club marche à l’envers depuis un peu trop longtemps. Le titre de 2017 semble appartenir à un autre siècle. Dans le stade, la fronde des supporters est forcément venue jusqu’aux oreilles d’Oleg Petrov. Le vice-président directeur général était entouré de Louis Ducruet dont on ne sait plus bien le poste qu’il occupe, et Nicolas Holveck, directeur général adjoint. Avant la victoire étriquée à Toulouse, le dirigeant russe qui doit faire valider toutes ses grandes décisions au grand patron Dmitri Rybolovlev, se disait très inquiet pour l’avenir du club et de l’équipe. Les quelques résultats positifs avaient masqué l’amertume d’un fond de jeu quasi inexistant. Mais la machine semble se gripper chaque jour un peu plus. « Prends ton chèque et casse-toi », scandait le public dont les propos résonnaient encore plus fort dans le Louis-II creux. Jardim avait prévu de « faire tourner ». De donner « du temps de jeu à ceux qui voulaient montrer sur le terrain leur valeur ».

Mais pour faire simple, hier, sur les 7 changements effectués après le match nul (dans tous les sens du terme) à Angers, aucun joueur n’a été au niveau. Si ce n’est peut-être Aguilar et Subasic. Dans le 4-3-3 imaginé par Jardim : Badiashile, Ballo-Touré, Fabregas, Augustin et Baldé ont été transparents.

La faute à qui ? Aux joueurs qui n’en veulent pas ? Ou au coach incapable de les concerner ? Voilà le dilemme offert aux dirigeants qui ont dépensé près de 135 millions d’euros sur le marché des transferts cet été.

Samedi, Lille reviendra, en championnat, cette fois, avec déjà six points d’avance sur l’ASM en plein doute. Sans âme. Au final, si le club de la Principauté est encore dans la course au podium, c’est parce que cette équipe a été portée par un Ben Yedder inspiré, meilleur buteur de L1 (11 réalisations) et un Slimani touché par la grâce.

Hier, les Lillois sautaient beaucoup plus haut et couraient beaucoup plus vite que les Monégasques. Dans le foot, ça ne pardonne pas. Ajoutez à cela le déchet technique et vous obtenez un onze qui souffre à chaque seconde écoulée. Aujourd’hui, le public ne peut plus voir son coach et il est l’heure de se demander s’il est bon de continuer dans cette ambiance qui n’aide personne sur la pelouse et en dehors. Le match contre Lille samedi pourrait bien être la dernière cartouche du coach portugais pour faire une nouvelle fois patienter ses dirigeants. Peut-il démissionner ? Ce n’est pas le genre de la maison. Il n’a quitté son poste en cours de saison de son plein gré qu’une seule fois en 25 ans sur un banc, c’était à Olympiakos. L’entraîneur l’a rappelé en conférence de presse, répondant aux rumeurs l’envoyant dans un autre club. La direction doit-elle l’inviter à partir ? Le problème est qu’à Monaco, un seul homme peut assumer ce choix. Celui-là même qui avait regretté de le licencier la saison dernière après 9 journées et qui avait mis son ego de côté pour le rappeler en janvier : Dmitri Rybolovlev. Après Lille, Monaco recevra Reims en Coupe de France puis se mesurera deux fois de suite au PSG avant fin janvier. 2020 n’est pas encore arrivé que la nouvelle année donne le bourdon. Avec ce sentiment bizarre : Monaco, semble infiniment plus loin du podium que ses six points d’écart au classement.

17’: André lance Osimhen oublié par la défense. Ce dernier perd son duel contre Subasic.

0-1, 19’: Ikone décale Osimhen à l’angle de la surface. Le Nigerian tire fort et marque. Il est remplacé trois minutes plus tard à la suite d’un malaise.

44’: Ikone s’amuse de la défense monégasque et décale Remy qui ne cadre pas seul face à la cage.

0-2, 46’: Badiashile rate sa passe, Maripan se fait manger par Rémy qui devance tout le monde et marque

54’: Augustin centre, Souamaoro fait main dans la surface. Jardim stoppe le penalty de Slimani.

67’: Rémy part au but. Subasic remporte son duel.

83’: Yazici profite d’un cafouillage dans la défense monégasque pour trouver le poteau.

0-3, 87’: Bradaric centre, Subasic se troue et laisse le ballon passer sous son buste. Rémy reprend, contrôle et marque sans forcer.

SUBASIC : pour son premier match avec Monaco depuis le 5 mai contre Saint-Etienne, il va le ruminer pendant un moment. Il a fait quelques miracles (17’, 36’, 81’) mais ne peut rien faire sur une frappe d’Osimhen (19’) avant d’être abandonné par sa défense sur le but du break (45’). Sauvé par son poteau (83’), il a effectué un retour au jeu très difficile à l’image de son énorme faute de main sur le troisième but (86’).

AGUILAR : opposé à un Renato Sanches en forme olympique, il débute parfaitement son match avant d’être tiré par le bas par ses compères défensifs même s’il fut le seul à ne pas sombrer complètement.

MARIPAN : très mal aligné sur l’ouverture du score, il n’a jamais trouvé la solution pour prendre le meilleur sur Ikone. Incroyablement ridicule sur le 2-0 où Rémy s’amuse de lui et en retard sur tout, tout le temps, surtout quand ça allait vite. Gênant.

BADIASHILE : comme Maripan, son alignement est aléatoire sur l’ouverture du score. Et comme son compère chilien, il s’est fait malmener à plusieurs reprises par Ikone avant d’envoyer une saucisse à son coéquipier sur le 2-0. Un match raté dans les grandes largeurs. Il semble apeuré sur le terrain…

BALLO-TOURE : pas forcément irréprochable sur le premier but lillois, il a eu toutes les peines du monde à se situer par rapport à son adversaire direct. A deux doigts de faire une passe décisive à Loïc Rémy… sur une touche. Incroyable. Lui aussi semble à côté de son football.

FABREGAS : capitaine du soir, l’Espagnol n’a jamais existé face à l’activité du duo Xeka-André à Lille. Lent, emprunté, il est passé à côté de son match et on n’a jamais vu le leader. Remplacé par Jovetic qui retrouvait les terrains pour la première fois et sa grave blessure au genou survenue le 13 avril contre Reims. Une frappe détournée par Jardim sur une belle passe de Golovin (75’).

BAKAYOKO : pointe basse du milieu comme à Angers, il semble émoussé et peine à mettre de la dimension physique dans son jeu où il n’est pas aidé par ses compères du soir. Il est seul dans le désert mais semble, aussi, accusé le coup physiquement.

GOLOVIN : milieu gauche dans le trio de l’entrejeu, le Russe ne s’est jamais mis en route, jouant d’abord avec le frein à main. Une passe mal ajustée au départ du 2-0 et une succession de mauvais choix.

AUGUSTIN : excentré côté droit, l’ancien du PSG devait apporter de la vitesse et prendre l’espace entre Bradaric et Gabriel. Une frappe captée par Jardim (24’). Il provoque le penalty en début de seconde période. L’un des rares à proposer quelque chose.

SLIMANI : aligné en pointe, il a multiplié les mauvais choix. A côté de ses crampons, il manque même le penalty, détourné par Jardim. Son expulsion à Bordeaux ainsi que les propos de Jardim à son encontre dans la foulée ont, semble-t-il, complètement cassé sa dynamique. Remplacé par Ben Yedder à l’heure de jeu.

BALDE : aligné sur le côté droit, le Sénégalais n’a jamais été trouvé dans le sens du jeu. Il a surtout couru dans le vide. Sans idée. Remplacé par Zagre pour ses premières minutes avec Monaco depuis son arrivée en provenance du PSG. Une petite pile.

7 Comme le nombre défaites de l’AS Monaco, toutes compétitions confondues, au Louis-II en 2019.

Jardim dans le flou.
Jardim dans le flou.
Le Chilien Maripan en perdition.
Le Chilien Maripan en perdition.
Benoît Badiashile a vécu une soirée cauchemardesque.
Benoît Badiashile a vécu une soirée cauchemardesque.

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