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Monaco cité pour un contrat de marketing fictif...

Mis à jour le 06/11/2018 à 05:05 Publié le 06/11/2018 à 05:05

Monaco cité pour un contrat de marketing fictif...

Mediapart et ses partenaires du réseau EIC (European Investigative Collaborations) ont révélé hier via les documents Football Leaks que l'AS Monaco a envisagé de contourner les règles du fair-play financier à la suite d'un contrat de marketing fictif signé avec une agence de marketing censé lui rapporter 140 millions d'euros par an.

Mediapart et ses partenaires du réseau EIC (European Investigative Collaborations) ont révélé hier via les documents Football Leaks que l'AS Monaco a envisagé de contourner les règles du fair-play financier à la suite d'un contrat de marketing fictif signé avec une agence de marketing censé lui rapporter 140 millions d'euros par an.

Cette somme devait être fournie en secret par Dmitri Rybolovlev, principal actionnaire du club, via un montage offshore passant par Hong Kong et les îles Vierges britanniques et transformée fictivement en revenus de sponsoring. Une pratique illégale pour l'UEFA car il interdit aux actionnaires - même solvables - de subventionner un club à fonds perdus (ce qui est reproché au Qatar dans le cas du PSG, par exemple). Pour contourner le FPF, Mediapart évoque un montage fictif entre l'ASM et l'agence suisse de marketing sportif AIM, dirigé par Bernard de Roos, cette dernière devait assurer 140 millions de revenus par an à l'ASM afin de masquer les pertes annuelles du club. Une somme contestée par l'ASM.

Hong-Kong et les îles Vierges

En 2014, le club présente un déficit de plus de 170 millions sur les trois dernières saisons, quatre fois la limite autorisée par l'UEFA dans le cadre du FPF.

Pour parer à cela, Monaco se met en quête de revenus autres que les contributions de l'actionnaire majoritaire. Mediapart rapporte que l'ASM commence alors une entreprise de lobbying auprès de l'UEFA et notamment auprès d'Andrea Traverso, responsable du fair-play financier à l'UEFA. A ce lobbying, se greffe ce fameux contrat de marketing avec AIM dont Mediapart s'est procuré les documents officiels. Ce partenariat permet à l'agence de gérer le marketing et le sponsoring du club afin d'en accroître les revenus. AIM garantit 140 millions de revenus annuels au club pendant dix ans.

A chaque fin de saison, le club fait le total de ses recettes hors droits télés, si ce montant est inférieur à 140 millions, AIM met la différence. Le contrat n'est pas signé par l'agence suisse AIM mais avec une société offshore basée à Hong Kong (AIM Digital Imaging) contrôlée par Bernard de Roos, le patron d'AIM. Dans le même temps, City Concept Ventures, société écran basée aux îles Vierges britanniques, s'engage à investir 140 millions d'euros par an dans AIM Digital Imaging. City Concept Ventures est gérée par le cabinet d'avocats Necleous, qui gère les affaires de Rybolovlev à Chypre.

Mais lors de l'été 2014, l'ASM change de projet face aux difficultés de générer des revenus malgré la bonne tenue sportive, c'est le début des ventes XXL à l'image de celle de James Rodriguez au Real Madrid (80 M). Pour des raisons externes au club, Rybolovlev décide également de fermer les vannes. Selon Mediapart, Bernard de Roos, inquiet, fait part de ses réserves au club et estime que la perte de ses meilleurs joueurs « réduit la valeur de la marque ASM et complique la réalisation des objectifs de recettes d'AIM ».

« Je vais lancer une bombe à neutrons »

Les deux camps sont alors en froid et l'accord ne voit jamais le jour. Au printemps 2015, les deux camps n'échangent que par avocats interposés et De Roos réclame, entre autres, les salaires de ses collaborateurs mis à disposition du club (près de 600 000 euros). En avril 2015, De Roos va plus loin et menace ouvertement l'ASM selon Mediapart : « S'il n'y a pas de négociation bientôt, je vais lancer une bombe à neutrons ». Comprendre : révéler la vraie nature du contrat à l'UEFA. Trois mois plus tard, l'ASM règle ses dettes et le secret ne s'ébruite pas jusqu'aux révélations de Football Leaks.

Et l'UEFA dans tout ça ? Le lobbying a fonctionné à fond. Mediapart allant même jusqu'à rappeler un dîner offert par l'ASM à Andrea Traverso en août 2014 au restaurant étoilé de Joël Robuchon à l'hôtel Métropole.

Traverso, visiblement séduit par les attentions du club, va ensuite aider l'ASM à préparer son grand oral devant la chambre d'instruction de l'UEFA en charge de l'enquête ouverte sur le club. La chambre d'instruction a des doutes sur le contrat AIM et mandate le cabinet Deloitte pour éplucher les comptes du club à partir de janvier 2015.

Malgré les soupçons, l'UEFA ferme les yeux. Les investigations ne sont pas poussées, Bernard de Roos n'est pas auditionné et le rapport de l'UEFA ne fait même pas mention du contrat avec AIM.

Seule ombre au tableau, un déficit de 167 millions d'euros sur 2 ans, soit trois fois la limite autorisée, ce qui a déjà valu à certains clubs une exclusion pour des montants bien inférieurs (Etoile Rouge Belgrade, Malaga).

Le 13 mars 2015, la chambre d'instruction passe l'éponge s'appuyant sur la promesse de l'ASM d'arrêter les subventions au profit d'un projet basé sur la vente de joueurs. M. Faure


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