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Loyal, bosseur, sans chichi... Notre portrait du coach de l'AS Monaco Niko Kovac avant la finale de la Coupe de France

Mis à jour le 19/05/2021 à 11:55 Publié le 19/05/2021 à 11:03
Niko Kovac peut soulever sa troisième Coupe en tant que coach.

Niko Kovac peut soulever sa troisième Coupe en tant que coach. Photo Jean-François Ottonello

Monaco-Matin, source d'infos de qualité

Loyal, bosseur, sans chichi... Notre portrait du coach de l'AS Monaco Niko Kovac avant la finale de la Coupe de France

Le Croate Niko Kovac a l’occasion ce mercredi soir contre le PSG (21h15) d’inscrire une nouvelle coupe nationale à son palmarès déjà bien rempli. L’AS Monaco ne s’est pas trompée en s’attachant les services de ce travailleur acharné.

Niko Kovac va vivre ce mercredi soir sa quatrième finale de Coupe en cinq ans. Il en a perdu une (2017), en a gagné deux avec Francfort (2018) puis le Bayern Munich (2019) et surfe sur une incroyable série de 24 victoires en 25 matchs si l’on additionne ses épopées allemande et française.

Soulever un trophée ce soir avec cette AS Monaco en position d’outsider serait une juste récompense pour ce travailleur acharné de 50 ans qui a amené sur le Rocher de nouvelles méthodes, insufflé son « fighting spirit » à tout un club et atteint des sommets pour sa première saison en Ligue 1 avec un groupe talentueux mais très jeune.

« Sa réussite ne me surprend pas, pose Polo Breitner, spécialiste de la Bundesliga pour RMC. Car il est en train de reproduire à Monaco ce qu’il a fait de façon extraordinaire à Francfort ».

Arrivé en cours de saison à l’Eintracht en 2016, il sauve le club de la relégation puis l’envoie l’année suivante en coupe d’Europe. « Ce n’était pas facile car Francfort est l’un des clubs les plus volcaniques d’Europe, il y a 50000 supporters à chaque match et ses Ultras ont une vraie culture latine » ajoute Polo Breitner. Surtout, Niko Kovac impressionne par son management dans un vestiaire jugé très difficile. « Il s’est coltiné des fortes têtes comme Kevin-Prince Boateng, Ante Rebic, Luka Jovic ou Marius Wolf et les a fédérés pour créer une équipe très polyvalente. »

"Au Bayern, ça a été violent"

Son travail sur les bords du Main lui ouvre alors les portes du Bayern Munich. Avec le géant bavarois, Niko Kovac remporte trois titres en deux saisons (championnat, coupe d’Allemagne et Supercoupe), mais il ne parvient jamais vraiment à convaincre.

Arrivé dans la peau d’un second choix, puisque beaucoup lui préfèrent Thomas Tuchel, le natif de Berlin est critiqué pour son jeu jugé trop défensif. Son envie de pousser les murs se heurte à l’ego des cadres historiques et au constat impitoyable des observateurs selon lesquels il n’a pas les épaules pour un club aussi huppé. « Ça a été violent, rembobine Polo Breitner. Il s’en est pris plein la tronche mais il est toujours resté très classe. » Classe, c’est un qualificatif qui revient souvent pour qualifier Niko Kovac.

Arrivé sur le Rocher après un break de huit mois pour faire redescendre la pression, celui qui a débuté sa carrière de coach par un baptême du feu périlleux avec la sélection de la Croatie (2013-2015), avait prévenu qu’il n’était pas venu pour le soleil de la Côte d’Azur. L’ancien joueur aux 83 sélections avec les Vatreni a rapidement séduit tout le monde par son travail et ses qualités humaines. « C’est quelqu’un de très humble, simple, sans chichi. Il a toujours un mot gentil pour tout le monde », salue-t-on en interne.

A son arrivée, il a appris les noms de tous les joueurs du centre de formation et de l’équipe B, « la base du respect ». Et ne manque jamais de souhaiter les anniversaires. Dans son bureau, il a installé une immense carte de la France pour apprendre le nom des villes et s’il s’exprime dans un anglais parfait devant les médias, il adore terminer ses phrases par quelques mots en français. On dit son management juste et bienveillant mais gare à ceux qui « tricheraient » en ne donnant pas tout à l’entraînement.

"Je fais des erreurs"

« Je ne transige pas sur le respect et l’attitude au travail. Tant que je vois quelqu’un avide de progresser, tout va bien », dit-il dans un long entretien à nos confrères de L’Equipe. Des valeurs qu’il tient de son enfance dans la banlieue ouest de Berlin, où ses parents, des immigrés croates, s’étaient installés avant sa naissance. Wedding est un quartier modeste, ouvrier où se côtoient de nombreuses nationalités. Il y apprend la tolérance, se trouve un goût pour le travail et le combat. Son père est menuisier, sa mère femme de ménage, aucun ne parle l’allemand et chaque jour est un défi.

Sa personnalité s’est nourrie de ces difficultés et des facettes que lui offre sa double culture germano-croate. L’Allemagne lui a donné un côté très strict, rigoureux, structuré quand son cœur balkan le rend plus enclin à agir sous le coup de l’émotion. Comme quand il était joueur (« un milieu défensif dur au mal») et qu’il célébrait ses buts à coups de saltos spectaculaires. Après avoir été son coéquipier en sélection croate, son frère Robert l’accompagne désormais dans toutes ses aventures en tant qu’adjoint. Ils se complètent et ne sont rien l’un sans l’autre, disent leurs proches. Car Niko Kovac est un affectif, quelqu’un de très famille, et c’est précisément ce qu’il est en train de créer en Principauté.

« Quand je partirai de Monaco, je souhaite qu’il y ait une trace, que les joueurs gardent du positif de notre relation, même si parfois je dois prendre des décisions délicates à leur encontre, nous avait-il confié. Je ne peux pas être ami avec eux, mais il y a un rapport d’homme à homme. Je me dois de comprendre quand ils sont déçus, énervés, fatigués… Mais ils doivent aussi me comprendre. Il y a un moment précis où il faut être intransigeant. » Dur, Kovac l’est avec les autres mais surtout avec lui-même.

Sa remise en question est perpétuelle, parce que le Croate sait qu’il peut se tromper. Après la gifle reçue à Lyon en octobre dernier (4-1), il avait pris la responsabilité de la défaite, et si Niko Kovac a un physique d’acteur, il n’est pas du genre à faire du cinéma.

  « La religion (il est chrétien pratiquant) m’a appris que je ne suis qu’un homme et qu’à ce titre, je fais des erreurs ».

Son aventure avec l’AS Monaco est pour le moment un sans-faute.

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