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L'histoire incroyable de ce serveur à Nice qui a décroché un contrat dans l'équipe de foot de Leicester

Mis à jour le 10/07/2019 à 08:02 Publié le 10/07/2019 à 07:40
« Nice, c’est la plus belle ville du monde » selon le Turinois de 25 ans.

« Nice, c’est la plus belle ville du monde » selon le Turinois de 25 ans. Photo Frantz Bouton

L'histoire incroyable de ce serveur à Nice qui a décroché un contrat dans l'équipe de foot de Leicester

Davide Lorenzo était serveur dans un restaurant niçois en octobre dernier. Une rencontre avec le feu président du club anglais lui a permis de décrocher un contrat pro de six mois.

Son contrat avec Leicester s’est terminé le 30 juin. A son grand regret, Davide Lorenzo n'aura donc pas disputé la moindre minute en pratiquement six mois sous les couleurs du champion 2016 de Premier League. "C'était aussi le vœu du président Vichai Srivaddhanaprabha, raconte l'Italien de 25 ans. Il l'avait répété plusieurs fois en ma présence: “Je veux voir ce garçon entrer sur le terrain en Premier League.”"

Tragiquement décédé dans un accident d'hélicoptère le 27 octobre, le milliardaire thaïlandais n'aura pas eu le temps de faire respecter l'une de ses dernières volontés.

Quelques semaines plus tôt, il avait eu un véritable coup de cœur pour l'ailier formé à la Juve. Sans même l'avoir vu jouer!

En ce premier lundi d'octobre, l'an dernier, une banale rencontre dans un restaurant de Nice était devenue une belle histoire de foot. Nicole, restauratrice niçoise réputée, jouait à domicile, à “La petite maison”.

Davide Lorenzo portait, lui, le tablier de serveur lorsqu’il se présente à la table du Thaïlandais de 60 ans.

Résigné par une dernière expérience infructueuse aux Etats-Unis, le Turinois pensait en avoir fini avec son rêve de footballeur professionnel. Mais son opportunisme l'a rattrapé.

"je lui ai simplement demandé de m’offrir un essai"

Aiyawatt Srivaddhanaprabha a perpétué l'oeuvre de son père.
Aiyawatt Srivaddhanaprabha a perpétué l'oeuvre de son père. Photo DR

"Tu peux discuter avec n’importe qui à condition de le faire avec respect. Mino Raiola et Maxwell étaient venus manger quelques jours plus tôt, et à la fin du repas je m’étais carrément assis à table avec eux pour discuter, rigole le culotté Turinois. Alors quand j'ai su que le président de Leicester était dans le restaurant, je lui ai simplement demandé de m’offrir un essai. Les gens riches ont besoin de montrer leur fortune avec des tas d’objets de luxe. Pas lui. C’était un homme simple. Ouvert. Et il a très rapidement accepté."

L'homme d'affaires asiatique est séduit par le toupet et la personnalité du serveur. Encore faut-il trouver une date, une solution aussi avec Nicole, la patronne de “La petite maison”. « Ne t’inquiète pas, Nicole est mon amie » aurait tranché le président thaïlandais. "J’avais le billet d’avion dans les mains le soir même, atteste l’attaquant qui avait joué contre Pogba et avec Bernardeschi dans sa jeunesse. Lundi je servais des clients à table, le jeudi suivant je m’entraînais avec Jamie Vardy! C’était fou."

Fini les galères à Malte, en Norvège, en Suisse, Davide découvre le haut niveau professionnel à Leicester.

Il alterne entre le groupe de Claude Puel et la réserve, se régale sur et en dehors du terrain au contact de Ricky (Pereira) et Papy (Mendy), perd du poids, gagne en confiance...

Et Vichai est généreux. "Un taxi m’emmenait et me ramenait de l’entraînement tous les jours. Le président réglait aussi toutes mes nuits d'hôtel."

Le conte de faits nourrit les tabloïds et la curiosité des salariés. Envers et contre tous les plus sceptiques, Vichai répète sa confiance auprès de son poulain en quittant le King Power Stadium à l'issue du nul entre Leicester et West Ham (1-1).

Quelques minutes avant de monter dans ce maudit d'hélicoptère. "Je suis l'une des dernières personnes à lui avoir parlé", lâche Davide. Avant de jeter son regard azur dans le vide. Le bruit, les flammes, le choc, le natif de Turin ne peut pas oublier. Le coup est dur pour un garçon sensible.

"Mon rêve c'est de jouer à l'OGC Nice"

À gauche avec le maillot de Leicester. À droite, avec Brendan Rodgers, l’entraîneur qui a remplacé Claude Puel chez les Foxes.
À gauche avec le maillot de Leicester. À droite, avec Brendan Rodgers, l’entraîneur qui a remplacé Claude Puel chez les Foxes. Photo DR

Qui devient attachant quand il explique combien l'attentat de Nice l'avait déjà touché. "J'étais au feu d'artifice avec ma compagne. Je me suis fait tatouer la Promenade des Anglais sur le bras en hommage aux victimes", confesse le Transalpin, passant du français à l'italien pour exprimer le plus fidèlement son ressenti.

A Leicester, la famille Srivaddhanaprabha ne laisse pas tomber le protégé du patriarche. Le fils Aiyawatt lui obtient un contrat de six mois alors que "tout le monde m'ignorait au club depuis le décès de son père."

Et fin mai, à l'issue du championnat, Davide Lorenzo revient à "La petite maison". A la table de ses coéquipiers, cette fois. "Ça me faisait drôle d’y revenir en tant que footballeur. J’ai revu Nicole, elle m’a dit que je pouvais revenir travailler quand je le souhaitais. Mais pas pour l’instant..."

De retour à Nice, à la recherche d'une nouvelle opportunité

Retour au restaurant La petite maison, avec les coéquipiers, ici Ricardo et Amartey.
Retour au restaurant La petite maison, avec les coéquipiers, ici Ricardo et Amartey. Photo DR

De retour à Magnan, dans l'appartement de famille de Noemi, sa fiancée architecte, Davide s'obstine à regarder davantage le mercato que le marché du travail.

Retourner bosser ne lui fait pas peur, mais après son fabuleux coup de poker, l'Italien mise sur un cri du cœur. "Mon rêve, c'est de jouer à l'OGC Nice. Dans la plus belle ville du monde. J'ai senti que je voulais vivre ici dès la première fois que nous sommes venus en vacances."

C’est ce qu’il a dit à Patrick Vieira, lors de leur deuxième rencontre. "Je l’avais déjà rencontré lorsqu’il était coach à New-York. Il m’a reconnu, mon histoire lui a plu. Mais rien de plus pour le moment..."

Pour ceux qui le trouveraient naïf, le fils de fonctionnaires se présente en belle opportunité à saisir. "M’offrir ma chance, c’est un pari à coût zéro qui peut rapporter gros..."

Une occasion de découvrir l’élite thaïlandaise offerte par la famille Srivaddhanaprabha, des propositions en Serie B et C, des touches en Liga 2 espagnole, voilà ce dont dispose Davide pour le moment.

Des contacts lui ont également manifesté leur envie d’écrire un livre, voire de faire un film à partir de son histoire. "Il faudrait que j’arrive au bout de mon rêve, que je joue en Europe pour ça!" 

Notre coup de cœur du mercato a déjà gagné le droit d'être dans le journal.


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