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Les réussites de Philippe Clement avant son arrivée à l'AS Monaco

Philippe Clement a déjà fait progresser ses équipes dans une période courte, comme il devra le faire à l’ASM. Retour sur ses premières expériences à Beveren, Genk et Bruges.

Christopher Roux Publié le 14/01/2022 à 12:16, mis à jour le 14/01/2022 à 11:53
Clement a gagné à Beveren, avec Genk et Malinovskyi (ci-dessus) ou avec Bruges et Lang (ci-dessous). Partout, il lui a fallu peu de temps pour mettre sa vision en place. Photo AFP et DR

Philippe Clement a posé les bases de sa méthode, dimanche dernier à Nantes (0-0). Retour sur ses premières expériences à Beveren, Genk et Bruges, et la manière dont le technicien belge y a rapidement construit ses projets.

2017: Beveren, l’essor psychologique

Pas assez expérimenté aux yeux de Bart Verhaeghe et Vincent Mannaert, président et manager du Club Bruges, alors qu’il se sentait capable de prendre la relève de Michel Preud’homme dans la Venise du Nord, Philippe Clement répond aux sollicitations de Beveren à l’été 2017.

C’est là, dans un club habitué à lutter pour son maintien que l’Anversois lance sa carrière de coach n°1. Au pays de Waes, il redore le blason d’une cylindrée décriée pour son jeu minimaliste et défensif.

 

En moins de cinq mois, il convainc ses joueurs, d’abord réticents, à adopter une philosophie tournée vers l’avant. Comme avec l’ASM, il débute par un nul (3-3) à Genk en juillet 2017.

Un nul arraché à la 90’+2 après avoir mené 2-0. "Convaincre les dirigeants qu’une petite équipe comme Waasland peut jouer de manière dominante n’a pas été difficile : les dirigeants veulent toujours voir des buts. Ils attirent le public et c’est bon pour les caisses. C’était différent avec les joueurs, expliquait Clement à la RTBF en novembre 2017. On a tenté des choses en préparation et ça a marché, les résultats ont suivi et le train est parti."

Le Flamand hisse Beveren à la 7e place et aux portes des play-offs. Il révèle le meneur de jeu japonais Ryota Morioka et relance l’attaquant Isaac Thelin en échec à Anderlercht. L’impact psychologique qu’il a eu sur ses joueurs est fort.

"J’ai changé quelques petites choses, détaillait-il encore en 2017. J’ai fait installer des matelas (au centre d’entraînement, NDLR) pour que les joueurs se reposent. J’ai aussi besoin de savoir ce qui se passe dans la tête de mes joueurs. Avec des psychologues, on a donc mesuré leur capacité à supporter la pression, la concurrence ou les critiques."

Depuis, il reste sensible au mental de ses garçons.

Illustration Photo AFP et DR.

 

2017: Genk, l’affinage

Après cinq mois en Flandre-Orientale, Clement file à Genk et dans le Limbourg. Il y affine ses consignes et le jeu qu’il prône, dans un club supérieur à Beveren, et grâce aux matchs européens.

 

Il ouvre son mandat par un revers à domicile contre Courtrai (2-3) et un match bouclé à dix contre onze. Pas l’idéal. Mais après dix-huit mois, ce faux-départ est largement gommé. Il offre un quatrième titre de champion au KRC en 2019. Là encore, il séduit rapidement. "On travaillait beaucoup les automatismes. Même d’un point de vue individuel, ce qui est souvent sous-estimé", se souvenait le milieu international belge Thomas Buffel, dans le magazine Sport en août 2019.

Le style du Flamand s’affirme : utilisation des côtés, multiplication des centres et efficacité redoutable sur phases arrêtées (notamment sur corners). L’équipe presse fort et essaie de tuer les matchs en vingt-cinq minutes.

Et dans son management, Clement reste fidèle à ses mentors: Aimé Anthuenis qu’il plébiscite "pour son sens des relations humaines" et qui fut son coach à Genk (1995-98) et son sélectionneur (2002-05); Trond Sollied, son entraîneur à Bruges (2000-05) dont il conserve "la clarté" des consignes et le sens tactique ; et enfin Michel Preud’homme dont il fut l’adjoint dans la Venise du Nord (2013-17) et chez qui il a puisé "la minutie et la passion".

Illustration Photo AFP et DR.

2019: Bruges, la gestion des ego

De retour à Bruges en 2019, il obtient deux nouveaux titres de champion, dans un club où il a joué dix ans et fut adjoint. Les buts viennent toujours sur attaques placées mais il développe aussi le jeu de transition et la contre-attaque. Il gère les ego de jeunes amenés à éclore au plus haut niveau. Il les bouscule ou les protège, comme il l’avait fait avec la pépite néerlandaise Noa Lang en novembre dernier.

"Il attire l’attention de la presse, des agents et d’autres clubs. Il veut faire le maximum et je pense qu’il se met trop la pression par moments, disait-il au quotidien La Dernière Heure. Il pense qu’il doit être décisif à chaque match. Mais c’est comme ça qu’on se crispe. Des joueurs décisifs à chaque fois, ça n’existe pas."

Pour faire de la place aux gamins, il envoie sur le banc son capitaine Ruud Vormer ou des cadres (Mats Rits et Bas Dost). Un culte de la rotation qu’il faut faire accepter au collectif.

 

"L’ambiance était plus négative dans les journaux que dans le vestiaire", a-t-il répondu lors de sa présentation, sur d’éventuelles dissensions.

A l’ASM, il lui faudra aussi faire l’unanimité. Dans un club qui espère voir son projet prendre aussi vite qu’en Belgique.

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