Les dirigeants de l'AS Monaco sont persuadés que le Louis-II sera "un stade de référence"

250 abonnés de l’AS Monaco ont pu vendredi échanger sans filtres avec les dirigeants du club qui ont joué cartes sur table, notamment sur la rénovation du stade Louis-II.

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Thomas MICHEL Publié le 03/10/2022 à 19:30, mis à jour le 03/10/2022 à 20:19
Ambiance conviviale et échanges sans tabous vendredi dernier au Méridien Beach Plaza. Photo C.D. et J.F. O.

L’émergence de la Covid en 2020 avait mis le rendez-vous en sommeil. Initiée en 2015, la "Soirée des abonnés" de l’AS Monaco a enfin pu être relancée, ce vendredi soir, au Méridien Beach Plaza.

Un temps d’échanges d’autant plus important pour les fidèles supporters de la Diagonale que l’organigramme du club a été chamboulé ces deux dernières années et les arrivées successives de Paul Mitchell comme directeur sportif, Philippe Clement comme entraîneur, et Jean-Emmanuel de Witt comme directeur général. Trois dirigeants aux CV bien garnis choisis par le président Dmitri Rybolovlev pour développer la formation, lever de nouvelles recettes financières et optimiser la performance de l’équipe première. Bref, faire grandir l’AS Monaco qui, depuis la saison dernière, détient le record de podiums décrochés en Première division (29 en 63 exercices).

Philippe Clement: "Je préfère les personnes honnêtes"

Une constance saluée par les 250 abonnés qui, sous la houlette de la journaliste Anne-Laure Bonnet, ont tour à tour pris le micro pour cuisiner leurs dirigeants. "Ça ne me dérange pas du tout parce qu’il faut tout se dire en famille", a assuré Jean-Emmanuel de Witt à sa descente de l’estrade.

 

Une proximité qui s’est traduite par des réponses franches à des questions directes et, pour Philippe Clement, l’usage du tutoiement à l’égard des supporters. Un coach qui a longuement prolongé les discussions à l’heure du verre de l’amitié, entouré de fans séduits par sa sincérité. Alors qu’un abonné de longue date venait s’excuser de sa franchise après avoir dit qu’il s’ennuyait dernièrement au stade, le coach l’a de suite coupé: "Il n’y a aucun problème, je préfère les personnes honnêtes qui expriment leurs sentiments. Mais ne dis pas que les joueurs n’ont pas d’envie".

Au cœur des préoccupations en ce début de saison: le devenir du stade Louis-II, considéré comme indigne du standing d’un club qui joue les premiers rôles en Ligue 1; le respect des abonnés; l’ouverture du tout nouveau Centre de performance à La Turbie; l’arbitrage... Autant d’interrogations en partie gommées.

Redéfinir des entrées réservées aux abonnés fait partie du plan de restructuration du Louis-II. Photo C.D. et J.F. O..

Louis-II: "Une vraie envie d'en faire un stade de référence"

C’est le sujet sur toutes les lèvres en dehors du plan sportif: à quand un stade de foot digne de son époque et du prestige de son club? Alors que le gouvernement annonçait dans Monaco-Matin le 27 septembre un investissement de 355 millions d’euros sur une dizaine d’années pour entièrement restructuré le Louis-II, les questions des abonnés à ce sujet ont fusé. "Je ne m’attendais pas à autant de questions, a concédé après coup le directeur général, Jean-Emmanuel de Witt. Je suis ravi que les fans s’emparent du sujet, c’est très important car ce mouvement va permettre, même si la conscience est déjà prise, de rappeler à tout le monde l’importance du sujet".

Sous les applaudissements des abonnés, un Ultra a mis les pieds dans le plat concernant la rénovation du stade et surtout ses conditions d’accueil: "Il est temps qu’on passe à autre chose que ces sièges jaunes immondes!"

"La critique est toujours facile mais c’est compliqué"

Rappelant que le stade Louis-II est propriété de l’État, le directeur général Jean-Emmanuel de Witt n’a pas éludé la question. "Depuis mon arrivée [mai 2022, ndlr] j’y passe beaucoup de temps. Nous faisons tout ce qui est entre nos mains mais le stade est omnisports, pour les écoles, les associations, les professionnels, et c’est extrêmement compliqué. La critique est toujours facile mais c’est vraiment un dossier très compliqué. Comme vous l’avez vu dans Monaco-Matin il y a un projet assez défini. Le fait que les études de réalisation prennent du temps nous donne aussi l’opportunité de revoir les briefs et peut-être de sauter tout de suite un pas qui aurait été long à franchir si on s’était précipités. Je peux vous dire que les travaux en eux-mêmes ne commenceront pas très vite, c’est une question d’années, pas de mois. La très bonne nouvelle, c’est que ce sont des travaux extrêmement ambitieux. Et je sens dans mes discussions avec les autorités monégasques une vraie envie d’en faire un stade de référence, si ce n’est pas par la taille en tout cas par l’innovation. Et tout ce que cela pourrait apporter en termes de confort à l’intérieur et de convivialité."

"Nous sommes prêts à investir"

Si la réponse n’a pas réjoui les supporters, elle a été applaudie. D’autant que l’AS Monaco entend être force de proposition pour intercaler des opérations à ses frais dans le phasage du chantier. "Ce n’est pas parce que les travaux ne commencent pas tout de suite qu’on ne peut rien faire d’ici là, estime de Witt. Il y a d’autres sujets importants à l’intérieur du stade, la signalétique et les buvettes par exemple, qui amélioreraient très sensiblement l’expérience à stade constant".

En aparté, Monaco-Matin a poursuivi la discussion avec le directeur général autour de cette frustration des fans. "Nous travaillons main dans la main avec le gouvernement et nous sommes prêts à investir, on l’a déjà démontré. Des housses sur les sièges on en a fait et on en fera certainement d’autres, comme des bâches… Sans même attendre des changements d’infrastructures, il y a déjà beaucoup de choses que l’on peut faire maintenant. On se sent très responsables, on n’essaye pas de renvoyer la balle au gouvernement."

Reçu vendredi dernier par le conseiller de gouvernement-ministre de l’Intérieur, Patrice Cellario, Jean-Emmanuel de Witt n’émet aucun doute sur la finalité poursuivie et le résultat. "Sur l’investissement dans sa globalité, les sommes sont colossales. C’est un très bon signe car c’est la première fois officiellement que la Principauté a donné des chiffres montrant son ambition. Il ne s’agit pas de peinture mais d’une refonte du stade qui peut aller très loin. Je ne peux pas en dire plus."

Avec la complexité de garder la même base? "Oui et non. Garder l’enveloppe oui, mais on sait tous que quand on refait un immeuble historique, on garde la façade et on refait tout. Et ils sont prêts à faire beaucoup de choses."

De Witt, Mitchell et Clement ont répondu sans détour. Photo C.D. et J.F. O..

L'arbitrage et les matchs à 13h: ça suffit!

C’est un sujet de crispation qui dépasse les frontières de la Principauté en ce début de saison, la sévérité de l’arbitrage et les volées de cartons rouges à chaque journée agacent. Questionné, Philippe Clement a fustigé "deux premiers mois du championnat pas bons, et pas seulement à Monaco".

Rappelant que le club a adressé des lettres à la Fédération, il a regretté que seuls onze entraîneurs de Ligue 1 aient répondu présent à une réunion avec la direction des arbitres, à Paris. "Nos discussions avec le Var et les arbitres étaient très intéressantes. Ils ont expliqué qu’avant la saison ils ont reçu de nouvelles consignes pour être plus sévères et protéger les joueurs dans une saison avec la Coupe du monde et 4 équipes qui peuvent être reléguées. Pour moi, la plus grande faute est de ne pas avoir prévenu les clubs avant, mais ils ont compris, le dialogue est ouvert et on retrouve de la normalité."

Ce mardi, Jean-Emmanuel de Witt assistera à une nouvelle réunion avec le corps arbitral.

Autre coup de gueule du coach : le temps de récupération. "Nous ne sommes pas très contents de jouer à 13 h le week-end après des matchs en Europe le jeudi."

Des choix guidés aussi par le spectacle en tribunes pour répondre au diktat des TV, selon Jean-Emmannuel de Witt. "Si on était cinq fois plus nombreux dans les tribunes chaque match, je pense que nos matchs ne seraient plus à 13h. Je serais ravi la prochaine fois qu’on se voit en famille, qu’on soit beaucoup plus nombreux."

Paul Mitchell: "Avec un tel outil les joueurs n’ont plus d’excuses pour ne pas avoir de résultats." Photo C.D. et J.F. O..

Le Centre de performance de La Turbie s’ouvrira-t-il plus aux abonnés et supporters?

Dévoilé aux partenaires et sponsors, ainsi qu’à la presse le 5 septembre dernier, le tout nouveau Centre de performance est un petit bijou que les abonnés aimeraient eux aussi visiter.

"On a envie de partager mais c’est avant tout pour l’équipe pro. C’est leur maison, là où ils passent le plus de temps, et nous sommes soucieux de ne pas les déranger. Cela pourra se faire petit à petit, en petit comité, et à des moments où ça ne dérange pas", a promis Jean-Emmanuel de Witt, sous réserve de la situation sanitaire.

Idem pour les entraînements, sauf séances tactiques.

Quant au huis clos des matchs amicaux, comme contre le Genoa récemment, Philippe Clement se justifie.

"C’est plus un entraînement qu’un match et il y aurait trop de pression pour les jeunes joueurs qui débutent."

Les matchs des U17, U18 et U19 sont eux ouverts au public.

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