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Les confidences du Seynois Sébastien Squillaci sur son après-carrière

Le Seynois Sébastien Squillaci prépare sa reconversion comme entraîneur. Après avoir encadré des jeunes, en Corse et à Monaco, il s’apprête à voyager pour parfaire sa formation.

Propos recueillis par Guillaume Rathelot Publié le 28/10/2021 à 16:08, mis à jour le 28/10/2021 à 16:19
Sébastien Squillaci Photo NM

Quatre ans après la fin de sa carrière, Sébastien Squillaci n’a pas tiré un trait sur le football. À 41 ans, l’ancien défenseur de Monaco, Lyon, Séville, Arsenal et Bastia, continue de se former au métier d’entraîneur (1). Désormais installé à Nice avec sa famille, "Toto" est revenu l’espace d’un week-end, chez lui à La Seyne, pour un match caritatif. L’occasion de parler ballon, avec son inimitable voix grave teintée de soleil.

Que devenez-vous depuis quatre ans?

J’ai passé mes diplômes d’éducateur et j’ai eu une équipe de jeunes à Bastia-Borgo pendant un an. Puis je suis rentré au centre de formation de l’AS Monaco. Deux ans en tant qu’adjoint des U17 nationaux et un an sur la N2. J’ai arrêté là-bas fin juin, car c’était compliqué avec le directeur du centre (de formation), au niveau des valeurs.

 

Avez-vous toujours eu envie de devenir coach?

Non non. Pendant ma carrière, jamais je me suis dit que j’allais faire ce métier-là. Et en fait, je me suis rendu compte que ça me plaisait quand j’ai commencé à Bastia-Borgo. J’étais avec un autre coach sur les U15, je restais après les entraînements, je préparais les séances... J’étais heureux sur le terrain. Derrière, j’ai enchaîné.

Vous n’avez donc jamais eu de spleen de fin de carrière?

J’étais quelqu’un d’assez inquiet par rapport à ça. J’avais demandé à plein de joueurs en phase de reconversion, qui m’avaient dit: "Surtout n’arrête pas du jour au lendemain." Donc j’ai enchaîné, en passant mes diplômes, je continue à faire du sport. C’est bien de travailler pour avoir des objectifs et se lever tous les jours... Une vie normale, quoi. Mais c’est vrai que quand ça s’arrête, c’est une petite mort parce qu’il y a des émotions qu’on ne retrouvera jamais.

Vous êtes à la recherche d’un club?

Là, je vais prendre un an tranquille et profiter de ma famille et de mes enfants. Je vais aussi continuer à me former dans le management et surtout voyager pour aller voir des matches, échanger avec des coaches... François Modesto (son ex-compère de la défense à Monaco ou Bastia, ndlr), qui est à l’Olympiakos (directeur sportif, ndlr), m’a par exemple dit de venir. Je ne me mets pas de pression particulière, on verra de quoi l’avenir sera fait.

 

Vous voyez-vous davantage dans la formation ou sur le banc d’un club pro?

Mon but, ce sont les seniors, les pros, mais c’est une bonne chose de commencer par les jeunes, même avec un club amateur. J’en ai besoin pour entraîner plus haut après.

Votre nom a un temps circulé à Hyères...

Ah? Non, je n’ai pas eu de contacts particuliers. Après, c’est un club que je suis, comme le Sporting ou La Seyne, dans la région. C’est bien d’avoir des clubs qui remontent. Il y a des bons jeunes dans le coin.

Vous parliez de valeurs. Quel genre de projet ou de philosophie vous attire?

Pour moi, l’humain est le plus important, surtout avec les gamins. À un moment donné, on travaille pour essayer de leur faire atteindre le niveau professionnel, mais malheureusement, il y a très peu d’élus. Certains joueront en Ligue 1, d’autres en National ou plus bas et d’autres arrêteront. Donc on forme aussi de jeunes adultes et c’est important de leur donner les valeurs qui font qu’on est une bonne personne avant d’être un bon footballeur. Le respect...

J’ai besoin de ça, de discuter, d’échanger avec mes joueurs. Il y a des gens qui ont peur pour leurs postes, je peux le comprendre, et même si l’aspect financier rentrer en jeu, pour moi, la priorité, ce sont les gamins. Pas sa propre personne. Mais bon, ça fait partie du foot.

 

Quels ont été vos modèles de coaches?

J’en ai eu pas mal. Que ce soit les têtes d’affiche – Deschamps, Wenger, Houllier – ou les autres, j’ai appris de tous mes coaches. J’ai eu Rolland (Courbis), un meneur d’hommes qui a du charisme. (Gérard) Houllier, j’aimais beaucoup ses causeries, il trouvait les mots justes. Sans parler fort, il savait nous motiver. Didier (Deschamps), sa gagne, l’aspect mental... J’essaie de prendre de chacun et d’y ajouter ma propre personnalité.

Et à l’inverse, des entraîneurs avec qui ça s’est mal passé?

À Séville, il y en a eu un dont j’ai oublié le nom... Il a été l’adjoint de Juande Ramos, je ne l’ai pas eu longtemps, mais c’est le seul coach avec qui j’ai senti d’entrée que je ne lui plaisais pas. Humainement, ça ne l’a pas fait. Mais ce ne sont que six mois dans une carrière de dix-sept ans. À part ça, j’ai toujours eu de bons rapports avec mes coaches.

Le foot, vous regardez toujours...

Bien sûr! Pas tous les matches, hein! La Champions League et j’ai un œil sur les clubs où j’ai joué, pour le côté affectif.

Aujourd’hui, quelles équipes vous impressionnent?

 

On a Paris, qui a fait un recrutement XXL, et je suis curieux de voir le management de Pochettino, parce que ça ne va pas être facile avec toutes ces stars. Ça m’intrigue un peu. En Angleterre, aussi, Tuchel fait un super boulot avec Chelsea, Guardiola avec City. Même Didier Deschamps, qui est toujours là en équipe de France malgré tout ce qu’on a pu dire sur lui.

À propos de DD, vous partagez un point commun: vous avez déjà un stade à votre nom...

[un peu gêné] Oui, à Mar-Vivo (un quartier de La Seyne)... Quand ils m’ont proposé ça, au départ, je n’étais pas trop chaud parce que c’est trop d’honneur pour moi. J’en suis fier, mais je me dis que je n’ai rien fait pour mériter un stade à mon nom. En tout cas, je suis à des années-lumière de Didier (rires)!

1. Titulaire du DES (Diplôme d’entraîneur supérieur), il lui reste à passer le BEPF (Brevet d’entraîneur professionnel de football) pour diriger un club pro, ou bien celui qui lui permet d’exercer en centre de formation.

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