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"L’équipe de France est au-dessus de tout". Hugo Lloris s'est confié à Nice-Matin depuis Clairefontaine où il prépare l'Euro

Le gardien niçois des Bleus Hugo Lloris portera le brassard de capitaine pour la 100e fois à l’Allianz Riviera mercredi lors de France-Pays de Galles. Puis, il sera temps de plonger dans l’Euro (11 juin-11 juillet).

Vincent Menichini Publié le 30/05/2021 à 19:32, mis à jour le 31/05/2021 à 19:42
Le Niçois Hugo Lloris va jouer chez lui mercredi lors du match de préparation des Bleus contre le Pays de Galles à l'Allianz Riviera. Photo AFP

Le Niçois portera le brassard pour la 100e fois, mercredi, contre le pays de Galles à l’Allianz Riviera. Un signe. En direct de Clairefontaine, il s’est confié à Nice-Matin.

A 34 ans, Hugo Lloris aborde sa sixième grande compétition en équipe de France, la cinquième en tant que capitaine des Bleus. Avec 123 sélections, il est également le deuxième joueur le plus capé de l’histoire derrière Lilian Thuram (142). Des chiffres exceptionnels qui disent beaucoup de sa longévité et de son immense fiabilité.

"Je n’ai jamais joué pour ça, mais il faut savoir en être fier", nous a-t-il confié, à quelques jours de sa venue chez lui, à Nice, où il rêve de revenir la Coupe sous le bras dans plus d’un mois.

Comment sort-on d’une telle saison en club (1)?
Elle a été éprouvante. Beaucoup de choses se sont passées. On n’a pas répondu aux attentes. Tottenham devra prendre les bonnes décisions pour le futur. Les joueurs, eux, sont concernés par des compétitions internationales, la Copa, l’Euro... On laisse tout ça de côté. Je suis entièrement dévoué à l’équipe de France.

 

Avez-vous pu couper avant de rejoindre Clairefontaine?
Pas vraiment. Je n’ai eu que deux jours avant de basculer sur la prépa. C’est une phase capitale, car ça va démarrer très fort, face à un adversaire de grande qualité. La phase de groupes sera compliquée. Il n’y aura aucune marge d’erreur. On a cette date du 15 juin en tête (France - Allemagne), on ne pense qu’à ça.

L’âge avançant, abordez-vous les grandes compétitions de la même façon ou avec plus de relâchement?
L’expérience me permet de voir les choses différemment. Mais ça reste un moment à part, avec beaucoup d’adrénaline. Ce qu’on éprouve avant un Euro ou une Coupe du monde avec l’équipe de France, il est difficile de le retrouver ailleurs. Cela demande une concentration totale sur le jeu, les entraînements, les matchs, la performance, la récupération... Je perds moins d’énergie qu’avant sur des choses secondaires.

Vous faites abstraction de ce qui se passe à l’extérieur, ce qui se dit, ce qui est écrit?
Je suis dans ma bulle. Je veux profiter du moment présent. L’équipe de France, c’est au-dessus de tout. On ne sait jamais si on sera encore là demain, on est de passage. J’ai toujours fonctionné de la sorte car il n’y a aucune garantie. Un Euro, ça se vit pleinement. C’est l’une des clés de la réussite pour un collectif. Il faut être fort ensemble, cela passe par des choses simples.

Vous allez être dans une bulle tout au long de cet Euro. Qu’est-ce qui va le plus vous manquer?
Le manque de contact avec mes enfants, mon épouse, mes amis aussi. Cet éloignement n’est pas évident à gérer.

 

Avez-vous des rituels pendant ces compétitions?
Pas vraiment. Je suis en contact permanent avec la famille. On en profitera au maximum pendant les vacances qui, je l’espère, arriveront le plus tard possible. C’est tout le dilemme (rires).

Avez-vous songé à faire venir vos proches lors d’un des trois matchs de poule?
On verra comment les choses évoluent. Mais sans contact, c’est encore plus frustrant. Je n’ai pas envie de me plomber la suite. Pour les enfants, c’est difficile à comprendre, le plus petit notamment.

Des objets personnels vous accompagnent-ils?
Il m’est arrivé d’avoir un album photos… Mes grandes filles peuvent désormais me contacter quand elles veulent par Facetime.

Comment occupez-vous votre temps libre?
Il y a des moments de vie entre coéquipiers. On a toujours plus d’affinités avec certains. On a aussi des moments de solitude. Ces phases de récupération servent de détente, il y a les séries, les autres matchs de compétition, un bouquin. Le temps passe très vite quand on est en compétition.

"Je ne me fixe pas de limites"

Vous allez jouer votre 3e Euro après ceux de 2012 et 2016. Que reste-t-il des deux premiers?
En 2012, il y a ce quart de finale contre l’Espagne et ce sentiment d’impuissance. Ils étaient vraiment supérieurs, avaient gagné la compétition. On était sorti d’une poule délicate avec l’Ukraine, la Suède et l’Angleterre. L’Euro 2016, ce n’était que du bonheur, beaucoup de positif. Il y a hélas cette finale perdue, ce sentiment douloureux difficile à digérer. Mais cette compétition fut une aventure humaine extraordinaire. Elle nous a lancés vers le succès. On a vécu de grands moments avec le public français.

 

Vous arrive-t-il de revoir certains de vos matchs?
Non, je pense que je le ferai plus tard. Mais je me rappelle plus ou moins de tout.

Si, par bonheur, vous réalisez le doublé Coupe du monde-Euro, est-il envisageable de vous voir quitter les Bleus au firmament?
Je suis focus sur le présent (Il marque une pause). Je ne veux pas me disperser. Je sais juste qu’il faut profiter de ces moments, encore plus à mon âge. Je l’ai déjà dit, je ne me fixe pas de limite. Je sais ce que représente une compétition avec le maillot des Bleus. Cela demande une concentration totale. J’ai envie de vivre ça à fond et être le plus performant possible.

Quand vous voyez Gianluigi Buffon remporter une Coupe d’Italie à 42 ans, vous vous dites quoi?
(Sourires) Que c’est exceptionnel.

Vous aviez démarré la campagne de Russie à Nice. Ce sera une fois encore le cas cette année…
Je ne suis pas superstitieux. Mais jouer mon centième match avec le brassard de capitaine à Nice, c’est symbolique. Le hasard est bien fait. Il y aura ce regret de jouer dans un stade vide.

Vous allez être pour la centième fois capitaine de l’équipe de France. Banalise-t-on une telle performance?
Je n’aurais jamais pu penser un jour atteindre ce chiffre-là. Les statistiques n’ont jamais fait partie de ma motivation, c’est secondaire, mais il faut savoir savourer, en être fier.

 

Karim Benzema, lui, rejouera à Nice son premier match en Bleu depuis cinq ans. Il va vous voler la vedette?
(Sourires) Le hasard fait bien les choses, là encore. C’est une très bonne chose pour lui, il n’a jamais lâché. Il est performant depuis des années au Real. Ce qu’il réalise là-bas est fantastique. Il a tout gagné en club. Il revient avec la volonté de rajouter une ligne à son immense palmarès. C’est bien pour l’équipe de France, cela rajoute un talent de plus, il y en avait déjà beaucoup. Il va également apporter sa grande expérience. Entre grands joueurs, le courant passe très vite.

Du coup, il a dû chanter pour son retour?
Non, non, non (rires). On ne lui a pas imposé ça, il a fait ses preuves.

Quelle relation entretenez-vous avec Didier Deschamps depuis toutes ces années?
Il a toujours été bienveillant, à l’écoute, avec les joueurs. On a beaucoup de vécu ensemble. Il représente tellement de choses pour le football français. Il sait l’importance des relations humaines et sociales.

En quoi l’expérience de 2018 peut-elle servir?
Entre ce sacre et aujourd’hui, on a su garder une dynamique positive, en ajoutant de nouveaux joueurs. Chaque compétition a son histoire. La clé, c’est de créer une énergie entre nous et de rendre l’équipe encore plus forte. On va traverser des moments délicats. On doit pouvoir compter les uns sur les autres, comme en Russie. On est confiants, sereins, mais tout peut vite basculer dans un groupe très compliqué.

Le risque, c’est de se voir trop beau, de penser que ça va aller tout seul avec Mbappé, Griezmann et Benzema?
On ne gagne jamais des matchs sur le papier. Dans le foot, on n’a aucune garantie de succès, il faut créer une nouvelle histoire. On aura besoin de tout le monde.

Votre avenir en club est-il toujours à Tottenham?
Je répondrai à ces questions une fois que l’Euro sera terminé.

Que peut-on vous souhaiter? De rentrer à Nice avec la Coupe?
(Son regard s’illumine) Ce sont des moments indescriptibles. J’ai envie de revivre ça.

 

(1) Covid, licenciement de José Mourinho, élimination en Ligue Europa contre Zagreb, 7e de Premier League.

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