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"Le vrai héros c'est David": Fred Mendy témoigne

Mis à jour le 25/05/2016 à 05:14 Publié le 25/05/2016 à 05:14
Sur cette photo prise le matin de l'accident cardiaque, Fred Mendy est debout, quatrième en partant de la droite. David Ginola est à gauche du centre, en chemise blanche, accroupi.

Sur cette photo prise le matin de l'accident cardiaque, Fred Mendy est debout, quatrième en partant de la droite. David Ginola est à gauche du centre, en chemise blanche, accroupi. Photo Kathy Natton

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"Le vrai héros c'est David": Fred Mendy témoigne

Il a pratiqué un massage cardiaque forcené sur son ami varois pour lui sauver la vie. Mais l'ancien footballeur montpelliérain ne se sent pas héros. Il retient surtout le collectif qui s'est mobilisé

Fred Mendy, l'ancien footballeur montpelliérain, originaire de Marseille, a accepté de se confier pour notre titre sur les instants, sur les gestes, qui ont sauvé le Maximois David Ginola.

L'ancien international français a en effet été victime, jeudi dernier, d'un arrêt cardiaque - le syndrome de la « mort subite » - à Mandelieu (06). Opéré avec succès par le professeur Gilles Dreyfus, Ginola, 49 ans, se rétablit en ce moment au centre cardio-thoracique de Monaco.

Pendant de très longues minutes, huit selon Olivier Girault (ex-handballeur international de l'équipe des Barjots), Fred Mendy a livré bataille contre la mort en pratiquant un massage cardiaque salvateur sur David Ginola. Mais si Mendy, 42 ans, a accepté de témoigner, - il a d'ailleurs refusé les autres demandes - ce n'est pas pour tirer la couverture à lui.

« Le vrai héros c'est David », souligne-t-il. « C'est lui qui s'est battu, il a été incroyablement fort pour rester en vie. On va dire qu'une trentaine de personnes a été performante, d'un bout à l'autre de la chaîne de sauvetage. C'est cela qu'il faut retenir, pas le geste d'un seul homme. »

«On avait beaucoup rigolé»

Fred Mendy se souvient des minutes qui ont précédé. « On avait beaucoup rigolé. David avait tenté un ciseau, mais sur le poteau. Au moment où ça arrive, on marchait. Je ne le vois pas vraiment tomber. J'entends qu'il se passe quelque chose, je me retourne. Il est à terre. DJ Corti dit en riant "Si tu tombes, je siffle penalty." Moi je lui lance "Allez, David, c'est bon, y'a rien". » C'est à ce moment que Matt Pokora réalise la gravité de la situation. « Il a hurlé que David allait avaler sa langue. » Les copains se ruent sur Ginola. « Pierrick Bourgeat (Ndlr : ancien skieur) et Olivier Girault ont forcé sur la mâchoire pour l'ouvrir et qu'il n'avale pas sa langue. On y a mis les doigts à trois. » Mickaël Marsiglia, Matt Pokora et les autres placent le joueur en position latérale de sécurité. « On pleurait, se souvient Fred Mendy. On pleurait parce que David serrait tellement fort les dents qu'il nous écrasait les doigts. Je peux vous dire qu'il a une mâchoire très puissante », sourit Fred Mendy. Ils sont plusieurs à lui prendre le pouls, à palper le ventre.

«Les héros? Les policiers du Bataclan»

Mendy couche alors Ginola sur le dos et se lance dans un massage cardiaque effréné. Les autres lui tiennent la tête. « Quand je le fais, c'est l'instinct de survie. C'est un pote à nous qui est allongé, là, alors on essaye de faire ce qu'il y a à faire », explique Fred Mendy.

L'ancien Montpelliérain connaissait le geste pour l'avoir appris lors du passage d'un diplôme. « On ne voulait pas lâcher. Mais on a cru le perdre. Le pouls a disparu plusieurs fois. C'est là qu'on voit que David est un costaud. Je suis impressionné qu'il ait eu le courage de se battre ainsi. »

Fred Mendy ne se sent pas héros. « Pour moi les héros, c'est des mecs comme les policiers qui interviennent au Bataclan. »

Si Frédéric Mendy a accepté de témoigner, c'est aussi pour rétablir certaines vérités. « J'ai été choqué de lire et d'entendre tant de choses fausses dans certains médias. Cela m'a mis en colère. »

Pas de grand terrain de foot comme certains médias l'ont dit, pas de chaleur étouffante. « On n'a pas beaucoup couru, on était dix-huit sur un demi-terrain et il ne faisait pas cagnard. David n'est pas non plus tombé dans le coma. Il a été endormi. »

Le tweet prétendument envoyé par David Ginola, alors qu'il était inconscient à ce moment-là, a-t-il pu jouer un rôle ? « Je ne trouve pas ça bien. Il faut dire la vérité. Ou alors se taire », cingle Frédéric Mendy.

Aujourd'hui, il ne veut plus qu'une chose : repartager de bons moments avec David Ginola. « Je tiens à lui dire qu'il nous doit au moins deux parties de golf pour tout ça », sourit Fred Mendy.

Mickaël Marsiglia, ancien footballeur: «Je voyais Fred faire les gestes justes»

Mickaël Marsiglia, l'un des participants à cette journée qu'il n'oubliera jamais.
Mickaël Marsiglia, l'un des participants à cette journée qu'il n'oubliera jamais. Photo V.M.

Porte-parole de la Croix-Rouge, ancien joueur professionnel, formé à Cannes et passé par Marseille avant de terminer sa carrière dans plusieurs clubs européens, Mickaël Marsiglia n'est pas près d'oublier cet après-midi du 19 mai.

Invité comme beaucoup d'autres anciens sportifs et quelques personnalités à participer à trois jours placés sous le signe de la convivialité et de l'amitié à Mandelieu, « Mickey » revient sur le terrible accident qui aurait pu coûter la vie à son ami David Ginola sans la réactivité de Fred Mendy et du handballeur Olivier Girault.

Mais plus que la scène d'horreur qu'il a vécue en direct, il veut se servir de ce douloureux moment pour lancer un appel sur l'importance de l'apprentissage des premiers gestes de secours.

« Je venais d'obtenir mon diplôme deux jours plus tôt après une journée passée à la Croix-Rouge de Cannes. C'est Sylvana Lopez qui m'a quasiment obligé à m'inscrire car elle est bénévole à la Croix-Rouge de Cannes. J'avoue que j'y suis allé parce c'était un passage obligé dans ma préparation du DEF (Ndlr : diplôme d'entraîneur de football). »

« Quand c'est arrivé, poursuit Mickaël Marsiglia, Olivier (Girault) lui a tout de suite ouvert la bouche pour éviter qu'il avale sa langue et on l'a mis en PLS - position latérale de sécurité. Seulement nous n'avions plus de pouls et c'est là que Fred (Mendy) l'a mis sur le dos pour lui prodiguer les premiers massages cardiaques pendant que nous étions deux ou trois à lui tenir la tête et à lui parler. Je voyais Fred faire les gestes justes, ceux-là même que j'avais appris quelques jours plus tôt sauf que ce n'était pas un mannequin mais un ami à qui on essayait de sauver la vie ».

Après cet événement qui aurait pu tourner au drame, Mickaël Marsiglia souhaite sensibiliser tous les sportifs mais pas seulement, afin que chacun prenne conscience que cet examen, qui ne dure qu'une journée, peut sauver de nombreuses vies et notamment celles de personnes qui vous sont chères. « Non seulement c'est enrichissant mais c'est très utile. Cela peut arriver à tout le monde et malheureusement, si cela se présente, il faut réagir vite et juste. L'enseignement des premiers soins devrait être obligatoire à l'école ou dans les clubs de sport. C'est tellement important ! » Depuis quelques jours, la Croix-Rouge vient de se trouver un nouvel ambassadeur !

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