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Le Cercle vertueux... Retour sur la rencontre entre les jeunes de l’AS Monaco et une délégation du Cercle Bruges

La semaine dernière, une délégation du Cercle Bruges, le club satellite de l’ASM, est venue en Principauté pour présenter sa vision du jeu et les perspectives offertes aux jeunes Monégasques.

Christopher Roux Publié le 29/04/2022 à 21:40, mis à jour le 29/04/2022 à 22:12
Le 20 avril, Jimmy De Wulf, l’un des adjoints de Dominik Thalhammer, le coach du Cercle, a dévoilé le style de jeu du triple champion de Belgique (1911, 1927 et 1930). Il a séduit les jeunes Monégasques en s’appuyant, entre autres, sur les trajectoires des Biancone, Cardona, Popovic ou Utkus. Les deux premiers ont grandi à Bruges avant de jouer en L1, les deux autres sont internationaux U21 et chez les A, avec la Serbie et la Lituanie. Photo: Christopher Roux

Le Cercle ne fait plus l’ascenseur entre la Jupiler League et la D2. Club satellite de l’ASM depuis 2017, l’écurie belge change doucement de dimension. Elle vient de boucler sa saison à la 10e place, son meilleur classement dans l’élite depuis 2012, et s’éloigne tranquillement du maintien et de la peur qui borde le bas de tableau. Son avenir s’est éclairci et s’annonce prometteur. Ce discours, c’est celui qu’a tenu une délégation du club (1), la semaine passée en Principauté. Pendant quatre jours, le staff de l’équipe première et le directeur technique Carlos Avina ont enchaîné les réunions de travail avec leurs homologues monégasques. Ils ont aussi assisté à un entraînement de Philippe Clement. Mercredi matin, ils ont animé une séance de l’équipe réserve. Dans la foulée, ils ont conversé avec les jeunes de la N2 à la Diagonale, le centre de formation flambant neuf.

Thalhammer: "Le lieu parfait pour les jeunes"

Pendant une demi-heure, ils ont présenté la philosophie du Cercle et les bienfaits que représenterait un prêt pour de jeunes pousses. Sur le Rocher, beaucoup rêvent de s’épanouir et d’enchaîner les matchs sous la tunique monégasque, mais le chemin ne sera pas identique pour tout le monde. Certains ne passeront jamais pros, d’autres auront besoin d’une étape intermédiaire pour percer. Et c’est là que le Cercle joue sa partition. "Bruges est le lieu parfait pour vous développer. Vous pourrez progresser et faire des erreurs dans un championnat compétitif et intéressant", encourage Dominik Thalhammer, le coach de l’équipe fanion.

"Chez nous, la jeunesse est une force et non une excuse", ajoute Jimmy De Wulf, son adjoint, alors que les Vert et Noir s’appuient sur l’équipe la plus jeune d’Europe (moyenne d’âge de 23,6 ans), une fois pris en compte le championnat belge et les sept premières Ligues d’Europe (2). "Parmi ces championnats (et derrière l’Athletic Bilbao, NDLR), on est la deuxième meilleure équipe en termes de pressing et de courses à haute intensité", reprend De Wulf, graphiques à l’appui. "Aujourd’hui, en Belgique, tout le monde sait qui nous sommes et ce que nous représentons. Le pressing est une façon de vivre, on le fait presque en souriant. On a besoin de joueurs courageux parce qu’on prend des risques", insiste Thalhammer, dont la philosophie parle à la jeune génération et se veut partagée par Philippe Clement, nommé sur le banc de l’ASM en janvier. Dans la Venise du Nord, comme en Principauté, on parle désormais le même football et le même langage. "En matière de données physiques, on veut devenir l’équipe n°1 de Belgique", explique De Wulf, qui souhaite enrôler des gamins "ouverts à la nouveauté" et "travailleurs".

Ribeiro: "Tout le monde n’est pas Mbappé"

L’adjoint a multiplié les arguments pour convaincre, alors que quelques jeunes, ici ou ailleurs, peuvent encore percevoir un prêt comme une régression, craintifs à l’idée de s’aguerrir en Ligue 2 ou à l’étranger. Mais les mentalités évoluent. Sortir de sa zone de confort est de moins en moins perçu comme un frein ou une punition. "On parle du Cercle entre nous et je pense qu’il n’y a pas de réticences à le rejoindre", livre Tiago Ribeiro, cadre de la N2 qui a joué quelques minutes en L1 cette saison, lors d’un déplacement à Montpellier. Le milieu défensif portugais de 20 ans croit qu’il tirerait beaucoup d’une expérience outre-Quiévrain. "Il ne faut pas aller trop vite. Jouer à Monaco serait très bien mais tout le monde n’est pas Mbappé. Bruges peut nous permettre de revenir ici avec d’autres qualités, après s’être confrontés à une nouvelle culture. C’est une opportunité qu’on n’aura peut-être pas deux fois. Ce club a grandi. Il bataille désormais avec les équipes qui jouent la Ligue Europa." A Bruges, plus qu’ailleurs, le vert est bien la couleur de l’espoir.

 

(1) Dominik Thalhammer (coach), Jimmy De Wulf et Miron Muslic (adjoints), Stuart Metcalf (responsable de l’analyse), Eddie Lattimore (responsable de la performance athlétique) et Carlos Avina (directeur technique).

(2) Premier League, Liga, Serie A, Bundesliga, Ligue 1, Liga Portugal et Eredivisie.

Pascal De Maesschalk, directeur du développement des jeunes à l’AS Monaco, précise les relations qui unissent l’AS Monaco et son club satellite depuis 2017, le Cercle Bruges. Photo: Christopher Roux .

"On échange pratiquement tout le temps"

Pascal De Maesschalk est la pierre angulaire du projet monégasque. Arrivé en août 2021 après avoir œuvré au Club Bruges, le formateur se penche sur les liens qui unissent le Cercle et Monaco.

Il est important de montrer aux jeunes de l’Académie le travail entrepris au Cercle…

C’est nécessaire, oui. On ne veut pas qu’ils soient seulement dans la théorie mais qu’ils puissent échanger avec des gens, connaître qui est dans l’organigramme. La direction que l’on prend est de plus en plus claire, on travaille dans le même sens. Les principes de jeu à Monaco et en France sont plus ou moins les mêmes qu’au Cercle, où l’on a plus de temps pour les approfondir. Il y a une base commune, sur la manière de travailler, l’analyse de la performance et des données. On échange pratiquement tout le temps. Le directeur sportif Paul Mitchell va souvent voir des matchs. J’en ai vu trois aussi, y compris ceux des U18. On essaie de se connecter.

Est-ce compliqué de convaincre vos jeunes de partir en prêt?

En début de saison, j’ai fait une réunion avec tous les U17. Je leur ai demandé leurs objectifs, comment ils voyaient leur carrière dans cinq saisons et où ils voulaient passer ces cinq années. J’ai été très étonné de leurs réponses. Après la N2, ils veulent jouer à Monaco ou, si nécessaire, passer une petite étape au Cercle. L’idée d’un prêt est bien vivante ici. Edgar Utkus et Boris Popovic ont du succès à Bruges. Ce sont des amis de la génération actuelle avec laquelle ils sont en contact. Passer une période à Bruges n’est pas une punition ou la fin de leur carrière. C’est tout le contraire, cela peut accélérer les choses. C’est de plus en plus clair pour eux.

L’image du Cercle a changé, comme ses principes de jeu...

Je vais être honnête. Je suis Belge et, au départ, je n’ai pas compris ce que venait faire Monaco au Cercle. Les idées de jeu étaient éloignées. Petit à petit, ça a changé et j’ai compris. Aujourd’hui, le Cercle a fini 10e du championnat et on était presque déçus qu’ils soient passés aussi proches de la 8e place et des play-offs. Aujourd’hui, Bruges est ambitieux (il aspire à jouer les play-offs régulièrement, NDLR).

Aucun joueur n’a été prêté cette année. Pourquoi?

On réfléchit à ce qu’on fait. A Bruges, par exemple, il y a déjà trois bons gardiens. Si on envoie un jeune là-bas, il sera le quatrième et ce ne serait pas logique. On ne prête pas pour prêter. Il faut qu’il y ait une place.

Préférez-vous prêter un joueur à Bruges ou en Ligue 2?

Il n’y a pas de chemin privilégié. Est-ce que la Jupiler League est supérieure à la L2? C’est difficile de comparer des poires et des pommes mais si le Cercle était en L2, il jouerait la montée.

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