La FFR et la LNR visées par des recours d'anciens joueurs de rugby victimes de commotions cérébrales

Après la Fédération internationale de rugby et les Fédérations anglaise et galloise, c'est au tour de la Fédération française de rugby (FFR) et de la Ligue (LNR) d'être accusées d'avoir manqué à leurs obligations de sécurité et d'information concernant les commotions cérébrales dont sont victimes de nombreux joueurs lors de matchs et qui pourraient avoir de lourdes conséquences sur leur santé mentale future.

La rédaction Publié le 22/11/2022 à 15:09, mis à jour le 22/11/2022 à 15:13
Illustration. Photo DR

Il y a un peu plus d'un an, l'ancien joueur des All Blacks et du RCT Carl Hayman faisaient de terribles révélations. À seulement 41 ans, il indiquait subir depuis plusieurs années des problèmes neurologiques. Pertes de mémoire, sentiment de confusion et pensées suicidaires l'ont poussé à consulter.

"J’ai passé plusieurs années à penser que je devenais fou, et à un certain point c’est vraiment ce que je pensais", avait expliqué l’ancien joueur au site néo-zélandais The Bounce. "C’étaient des migraines constantes et toutes ces choses qui arrivaient et que je ne parvenais pas à comprendre", avait-il détaillé. 

Des examens ont démontré que Carl Hayman souffrait de démence précoce et d'une possible encéphalopathie chronique, à savoir une maladie neurodégénérative.

Un diagnostic qui l'a poussé a rejoindre l'action intentée par plus d'une centaine de joueurs comme le gallois Alix Popham ou encore l'anglais Steve Thompson contre les autorités du rugby, notamment en Angleterre. 

Deux joueurs français engagés

Aujourd'hui, comme le rapporte l'Equipe, ils seraient 225 joueurs de rugby a avoir entamé une action en justice contre la Fédération internationale (World Rugby) et les Fédérations anglaise et galloise. Ils les accusent de ne pas les avoir suffisamment protégés contre les commotions cérébrales.

 

La Fédération française de rugby (FFR) et celle de la Ligue (LNR) sont également devenues la cible de ces plaintes. Toujours selon le quotidien sportif, une quinzaine de joueurs ayant évolué en France vont, via le cabinet d'avocats Alekto, déposer une série de recours administratifs à l'encontre des deux organismes pour "manquement à leurs obligations de sécurité et d'information"

Du côté des joueurs français, on se fait plus discret. Seuls l'ancien talonneur de Chambéry Quentin Garcia - qui avait attaqué son club pour avoir rejoué après une commotion - et Sarah Chlagou, l'ancienne deuxième-ligne du Stade Rennais, ont décidé de rejoindre le mouvement.

Benoît Guyot, l'ancien joueur de Biarritz, a réagi à ce constat. "En Angleterre, le modèle est calqué sur le rugby à 13, analyse celui qui a mené beaucoup d'entretiens là-bas, dans le cadre d'un doctorat sur les outils technologiques. Le syndicat est puissant et pousse les joueurs à s'engager. En France, les clubs fonctionnent comme de petites entreprises. Quand il y a un problème, on répète aux joueurs que c'est la famille, qu'ils ont de la chance d'être là, de gagner beaucoup d'argent et que la ramener, c'est cracher dans la soupe, aller contre le groupe".

Les conséquences des commotions à répétition ne sont pas encore très bien mesurées, ni forcément comprises et admises. Et ce, malgré de nombreuses études sur le sujet. Mais au-delà de cette reconnaissance, ce que souhaitent les plaignants et anciens joueurs, c'est protéger les générations futures. 

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