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Keita Balde, l’attaquant de l’ASM, star à domicile

Mis à jour le 13/05/2020 à 14:22 Publié le 13/05/2020 à 14:20
Dans un Français chantant, l’attaquant sénégalais nous a raconté son quotidien, avec beaucoup d’humour, mais aussi comment il envisageait la suite.

Dans un Français chantant, l’attaquant sénégalais nous a raconté son quotidien, avec beaucoup d’humour, mais aussi comment il envisageait la suite. Photo M.F.

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Keita Balde, l’attaquant de l’ASM, star à domicile

En direct depuis son appartement de Monaco, Keita Balde nous a raconté sa vie loin des terrains entre humour, moments en famille et invitation à manger. Un bonheur simple.

Comme quoi, le confinement et l’arrêt du football auront eu des effets positifs sur certains points. En fin de semaine dernière, dans l’intimité de ce qui est devenu note bureau à domicile depuis le début de l’épidémie, on a passé un appel vidéo à Keita Balde. Alors que les chaussettes de l’héritier séchaient sur un tancarville à notre droite, l’attaquant de l’ASM était en direct depuis chez lui, tout sourire. Dans un Français chantant, l’attaquant sénégalais nous a raconté son quotidien, avec beaucoup d’humour, mais aussi comment il envisageait la suite. Drôle, authentique, direct, Keita Balde était comme sur le terrain, intenable.

Comment va le moral ?

Tout va bien, je suis quelqu’un de positif de nature alors je vois le bon côté des choses. Voilà deux mois que je profite de ma femme, de mon fils qui vient d’avoir six mois, ce sont des moments en famille qui sont assez rares quand on est footballeur alors il faut voir ça du bon côté.

La Ligue de football professionnelle a décidé d’arrêter le championnat, fin avril, quelle a été votre réaction ?

Pendant plusieurs semaines, on s’est tous entretenu, chez nous, avec l’idée que ça allait reprendre. Alors quand la saison s’est arrêtée, j’ai forcément été déçu mais c’est aussi parce que la sécurité totale de tous les acteurs n’était pas possible. Il faut accepter cette décision. Maintenant on attend de savoir quand aura lieu la reprise de l’entraînement pour préparer la prochaine saison.

Alors qu’en Italie mais aussi en Allemagne, ils ont repris les entraînements individuels et veulent terminer le championnat...

Honnêtement, je pensais que tout le monde, tous les championnats, allaient faire la même chose : arrêter. Mais chaque pays n’est pas touché de la même manière par la crise sanitaire. Le plus important, c’est de respecter les décisions de chacun sans essayer de chercher à savoir qui a raison, qui a tort. J’ai juste un regret pour notre saison, car on avait sans doute les moyens de faire quelque chose avec les dix matches à jouer, l’équipe commençait à trouver ses marques.

Du coup, est-il possible de faire un bilan de votre saison ?

Pour moi, c’est impossible car la saison n’est pas terminée. J’en étais à huit buts toutes compétitions confondues, je commençais à retrouver mes marques avec Robert Moreno dans un rôle d’excentré gauche au sein du 4-3-3. Mais je voulais marquer plus, aider mon équipe, il y a comme un goût d’inachevé. Ce prêt à l’Inter Milan, l’an dernier, m’a fait du bien. J’ai mûri, j’ai grandi tactiquement, j’ai plus d’expérience aussi. Les gens oublient souvent que je n’ai que 25 ans parce que j’ai commencé très jeune. A 18 ans, je jouais à la Lazio Rome avec Djibril Cissé et Miroslav Klose, tu apprends rapidement avec des attaquants aussi expérimentés.

Votre avenir a souvent été flou sur le Rocher, qu’en est-il aujourd’hui ?

Je me sens bien, ici. Je suis à 100 % avec Monaco pour la prochaine saison.

C’était comment le confinement sur le Rocher ? J’ai eu beaucoup de mes anciens coéquipiers mais aussi ma famille au téléphone pendant deux mois, j’ai mesuré la chance d’être à Monaco, où la crise et la quarantaine ont parfaitement été gérées. C’est calme, structuré, c’était assez serein au final.

Personnellement, vous n’avez jamais été inquiet ?

Je l’étais pour mes proches, ma famille mais jamais pour moi-même, je suis très costaud (rires).

Ça ressemblait à quoi vos journées sans football ? Je me suis entraîné dur, quasiment tous les jours, en collaboration avec le staff de l’AS Monaco. Que ce soit du vélo, de la musculation, du cardio, je me sens affûté même si le football me manque. Toucher le ballon, le vestiaire, les matches. Ce n’est pas ma vie sans le football...

Vous avez dû découvrir une autre facette de votre vie en étant confiné.

Je me suis rendu compte qu’on avait jamais vraiment terminé notre installation à la maison, c’était le bordel (rires). J’ai aussi pris goût à la cuisine, que je faisais rarement c’est vrai. D’ailleurs, quand tout sera terminé, je t’invite à manger des pastas avec du basilic, des petites tomates et une sauce maison. En fait, je vais demander à ma femme de tout bien préparer avant et je ferai semblant d’avoir tout cuisiné (rires).

On imagine votre femme plutôt ravie, elle, de vous avoir plus souvent à la maison...

(Il éclate de rire). Elle souhaiterait que le confinement dure le plus longtemps possible. C’est rare pour moi d’être aussi souvent à la maison entre les matches, les entraînements, les voyages avec l’équipe nationale, on est souvent entre deux avions. On a vraiment profité de notre cocon pendant deux mois.

Qu’est-ce que cela peut changer dans votre vision de l’après ?

Etre moins matériel sans doute. Tu te rends compte que ce virus frappe tout le monde, les riches, les pauvres, les noirs, les blancs, au final le plus important dans ta vie, ça reste la santé. Il faut garder ça en tête et je remercie Dieu de nous avoir donné l’opportunité d’affronter une telle épreuve.

A Monaco, mais ailleurs aussi en Europe, il a été question de demander aux footballeurs de baisser encore plus leur salaire, quelle est votre position ?

Si le club me demande de baisser mon salaire pour aider à la survie économique et à passer ce moment, je suis prêt à le faire.

On parle aussi de reprendre le football à huis clos...

C’est dommage car le football est avant tout basé sur le partage, la communion. C’est un spectacle vivant mais la situation actuelle est tellement particulière que c’est difficile d’envisager des matches comme avant. En Italie, je vois que certains clubs reprennent l’entraînement de manière individuelle, c’est tout l’inverse de notre sport mais on ne maîtrise pas tout.

On sait les joueurs très à cheval sur leur apparence. Votre coéquipier Tiemoué Bakayoko nous confiait ressentir un manque de ne plus pouvoir prendre autant soin de son style vestimentaire. Ah mais lui, dès qu’il vient à l’entraînement, on a l’impression qu’il va à la fashion week de Paris (rires). Moi, j’aime prendre soin de moi aussi en réalité, même quand je reste chez moi, j’aime être bien habillé. Il faut toujours être au top. Et regarde mes cheveux et mes contours (il tourne sa tête à la caméra), je suis presque nickel, je me coiffe tout seul, ma femme m’aide aussi. C’est propre mais je vais quand même faire appel à un barbier.

Comment avez-vous passé votre temps au niveau des loisirs ?

J’écoute beaucoup de musique, principalement du reggaetown, c’est ce que j’aime le plus. J’ai beaucoup aimé aussi la série sur Michael Jordan sur Netflix. Avant, j’étais un gros joueur de PlayStation mais depuis 2-3 ans, elle décore surtout mon salon, j’ai arrêté de jouer. Au final, j’ai surtout profité de ma femme et de mon fils pendant le confinement, c’était un moment très agréable en famille. J’ai envie de retenir ça.


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