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"Je ne veux pas répéter les erreurs": le vice-président Oleg Petrov revient sans détour sur la saison chaotique de l'AS Monaco

Mis à jour le 01/06/2019 à 10:14 Publié le 01/06/2019 à 10:14
Le vice-président directeur général de l'AS Monaco Oleg Petrov.

Le vice-président directeur général de l'AS Monaco Oleg Petrov. Photo Cyril Dodergny

"Je ne veux pas répéter les erreurs": le vice-président Oleg Petrov revient sans détour sur la saison chaotique de l'AS Monaco

Une semaine après le maintien officiel du club en Ligue 1, le vice-président Oleg Petrov a pris la parole pour la première fois afin de dresser le bilan de la saison, sans concession ni détour.

Il a succédé au très médiatique Vadim Vasilyev en début d’année alors que l’ASM traversait une tempête qui aurait pu l’emporter en Ligue 2.

Oleg Petrov, vice-président directeur général, nouveau bras droit du très discret propriétaire Dmitry Rybolovlev, s’est confié pour la première fois à la presse. A 55 ans, le dirigeant russe a connu de nombreux business, du diamant à l’électronique en passant par le cinéma et la potasse.

Pour la première fois, c’est dans le football et sa lumière aveuglante qu’il devra faire ses preuves au sein d’un club pas comme les autres, capable du meilleur et du pire. Réussir le mercato d’été sera son premier grand défi.

M. Petrov, avec le recul, comment expliquez-vous une telle saison?

En effet, c’est une très mauvaise saison. Je pense que c’est la combinaison de plusieurs choses. Tout d’abord, ce n’est pas la place de Monaco compte tenu des talents que nous avions dans cette équipe. Nous avons commis plusieurs erreurs cette saison, le président en a d’ailleurs fait état en janvier quand nous avons rappelé Leonardo Jardim (1).

Nous avons procédé à de nombreux réajustements, en changeant deux fois d’entraîneur. Je pense qu’il ne faut pas négliger l’aspect physique de l’équipe. Nous avons eu de nombreux joueurs à la Coupe du monde, cela demande beaucoup d’efforts d’autant plus que le club sortait de plusieurs saisons à plus de 60 matches et de nombreux internationaux sont arrivés au Mondial exténués et certains sont revenus à Monaco diminués. Tout ça ensemble permet d’expliquer cette saison ratée.

"Nous devons retrouver les trois premières places"

Vous parliez d’erreurs commises cette saison, lesquelles?

Je n’étais pas au club l’an dernier mais nous avons recruté beaucoup de joueurs et certains ont souvent été blessés. La gestion de l’équipe s’en est trouvée très difficile, forcément.

Existe-t-il malgré tout des points positifs à cette saison?

Dans une telle situation, le club aurait pu vraiment être fragilisé. Aujourd’hui, nous savons qu’il faut davantage se concentrer sur la construction de l’effectif. Nous allons être très attentifs à cela. Je sais que le club a souvent montré son savoir-faire dans sa capacité à très bien vendre ses joueurs mais nous avons énormément appris de ça car il est primordial de garder une bonne équipe, forte. C’est très important, nous devons faire plus attention.

Leonardo Jardim sera-t-il toujours votre entraîneur?

Oui, il sera sur le banc avec nous. Nous croyons qu’il peut mener l’équipe à nos objectifs, il l’a déjà fait.

Quelles sont vos relations?

Très bonnes. C’est un très grand professionnel, il est très respectueux, à l’écoute. Nous avons échangé sur ses besoins. Je sais les joueurs dont il a besoin, à quelle position. C’est un boulot délicat car il ne s’agit pas seulement de bien choisir les joueurs, il faut aussi les faire bien évoluer ensemble. C’est un assemblage délicat qui demande beaucoup de travail. Certains joueurs s’adaptent vite, d’autres moins.

Le coach sera-t-il plus écouté sur le mercato qu’auparavant?

Je ne veux pas juger le passé mais je vais l’écouter, oui. Je ne veux pas répéter les erreurs, son opinion est très importante.

Le projet va-t-il changer?

Je pense que l’essence du club ne va pas changer parce que le club doit vendre et acheter des joueurs et ne peut pas compter sur des millions de fans pour générer des revenus de billetterie par exemple. La saison prochaine, les résultats sportifs seront notre priorité absolue. Nous devons retrouver les trois premières places et jouer la Ligue des champions. Mais, évidemment, notre projet continue, nous allons développer des jeunes talents tout en gardant notre position sportive. Nous ne pouvons pas nous permettre d’être en bas du classement.

N’est-ce pas risqué de viser le podium tout en continuant à vendre vos meilleurs joueurs?

C’est une tâche risquée mais nous en sommes capables. Nous avons toujours une très bonne équipe malgré la saison que nous venons de traverser. On serait très déçu de ne pas terminer sur le podium. Si on se bat ensemble et que l’équipe tourne bien mais que l’on termine quatrième, ça ne sera pas un drame et nous ne couperons pas des mains (rires). La Ligue des champions est l’objectif, oui, mais ce n’est pas le seul. Nous avons besoin d’améliorer l’effectif, surtout avec des joueurs possédant un esprit conquérant, avec un appétit de victoire, pas forcément des jeunes joueurs mais des garçons qui ont déjà fait leurs preuves en France ou ailleurs. Nous voulons des joueurs qui ont faim, qui ne sont pas rassasiés par le succès. Nous cherchons un certain état d’esprit.

Ces joueurs-là sont chers, non?

Cela dépend des profils et de leur position sur le terrain. Nous sommes un club attractif malgré tout. La chose importante n’est pas de savoir combien de millions nous allons consacrer au mercato mais plutôt de cibler exactement les profils dont nous avons besoin.

Qui va s’occuper du mercato?

Moi et Dmitry Rybolovlev, compte tenu de l’importance de ce prochain mercato. Principalement, ça sera moi. Michael Emenalo est notre directeur sportif, il a de nombreuses missions comme le scouting, la gestion des jeunes, le département médical, etc.

Votre mercato est très attendu...

Je ne suis pas effrayé ni excité, je suis surtout très concentré. Préparé aussi. Je sais que c’est une mission stressante mais je suis mentalement et physiquement prêt.


1. "L’année écoulée a été difficile pour nous. Des erreurs sportives ont été commises mais nous avons entrepris de les corriger. Le début de cette année me laisse penser que l’amélioration va se poursuivre." Extraits du discours de Dmitry Rybolovlev, président du club, lors des vœux 2019 le 16 janvier en marge du match Monaco-Nice.


"Falcao sera encore notre capitaine"

Doit-on s’attendre à beaucoup de mouvements?

Cela va dépendre des départs aussi. On achètera certains joueurs pour améliorer le niveau à certains postes, d’autres pour remplacer des départs, d’autres pour amener de la concurrence. Ce qui compte par dessus tout, c’est de renforcer l’équipe.

Aujourd’hui, quelle est la position du club concernant Falcao?

Il est sous contrat pour encore un an, nous comptons sur lui. Falcao est avec son équipe nationale à la Copa America. Il sera encore notre capitaine. Oui, sa situation contractuelle est délicate. Nous respectons beaucoup Falcao, à l’heure actuelle, nous n’avons pas parlé de prolongation avec lui. On va attendre son retour pour l’évoquer avec lui.

On a beaucoup parlé de la situation des gardiens de buts à Monaco...

Nous avons deux gardiens avec de l’expérience mais qui ont été souvent blessés cette saison (il réfléchit). Nous devons réfléchir à la manière de gérer ce poste pour arriver à notre objectif en fin de saison.

Vadim Vasilyev, votre prédécesseur, touchait 10% sur la plus-value (après moins-value) de chaque transfert qu’en est-il de vous?

Je ne souhaite pas commenter son contrat, j’ai mon propre contrat et je ne souhaite pas le détailler. Vadim a fait un travail formidable à Monaco, il avait son propre accord avec le Président. Je suis là pour que le club reste à un niveau d’exigence très élevé.

Quel sera le rôle de Louis Ducruet, nommé assistant du vice-président par Vadim Vasilyev?

Il est mon adjoint. Louis souhaite se développer et apprendre au sein du club, il sera en charge de domaines spécifiques que nous sommes en train de définir ensemble. Il va grandir professionnellement, il est très réceptif.

Ce n’est pas n’importe qui...

Je sais, mais je peux vous assurer qu’il se comporte comme n’importe quel employé.

Quelle est l’importance du Palais Princier dans les décisions du club?

Le Prince Albert est très important dans les décisions stratégiques du club. Nous travaillons ensemble. Le Palais suit au quotidien l’équipe et l’entraide est omniprésente. J’ai entendu beaucoup de rumeurs avant mon arrivée sur un froid éventuel entre le club et le Palais, je n’ai rien vu de tout ça. C’est très amical.

Il y a encore des rumeurs sur la vente du club par Dmitry Rybolovlev...

Elles sont infondées. Il aime le club, le projet et il souhaite retrouver les sommets.

Ses démêlés judiciaires peuvent-ils avoir un impact sur son engagement au sein du club?

Je ne pense pas. Cela n’a jamais été mentionné.

Quel genre de vice-président serez-vous?

Je ne suis pas du genre à rechercher la lumière des caméras en permanence, mais je sais qu’il faudra incarner le club pour délivrer les messages. Je n’hésiterai pas à expliquer les choses aux gens et supporters quand il le faut.

Qui représentera le club au sein des instances du football français?

Nicolas Holveck (directeur général adjoint). Je vais surtout me concentrer sur le travail au quotidien au sein du club dans un premier temps.

Son arrivée sur le Rocher

Comment Dmitry Rybolovlev vous a-t-il convaincu de le rejoindre?

Il n’a pas eu besoin de beaucoup de mots. Il m’a appelé et je ne m’y attendais pas pour être franc. Je suivais les performances du club et je savais que Monaco traversait une période difficile. Je connaissais Vadim et j’étais très heureux de voir le succès qu’il avait connu jusque-là. Mais les plans ont changé et le président m’a appelé pour me proposer le job. J’aime les projets intenses, les challenges et ce club en est un. Ce sera difficile. Le football, c’est du sport, mais aussi beaucoup d’humain. ça me convenait parfaitement. J’ai dit oui. Depuis, je n’ai pas eu le temps de retourner en Russie, j’ai pris ce projet à bras-le-corps.

Lui avez-vous déjà dit “non”, dans le passé?

Le Président n’est pas quelqu’un qui vous demande une faveur (rires). Ce n’est pas la première fois que nous travaillons ensemble mais c’est vrai que je ne lui ai jamais dit non (sourire). 

Avez-vous eu des contacts avec Vadim Vasilyev depuis votre nomination?

Non. Je le respecte beaucoup, c’est une personne très intelligente, notamment pour le succès qu’il a connu ici.

Qu’est-ce qui vous surprend le plus à ce poste?

L’exposition publique sans doute. J’avais beaucoup de travail à mes anciens postes, j’ai l’habitude d’être très sollicité mais pas de cette manière.

Vadim Vasilyev comparait le monde du football à quelque chose de très enivrant et excitant, qu’en pensez-vous?

Je pense que tous les business sont différents mais il y a des similarités avec le commerce ou le monde du divertissement. Prenez un acteur par exemple, son prix peut varier d’un jour à l’autre, et le succès être au rendez-vous ou non. L’industrie du sport est un business unique malgré tout. On ne se rend pas compte du talent qu’il faut, partout, pour qu’une équipe fonctionne et gagne.


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