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"Je ne peux pas choisir", ex-joueur des deux clubs, Sonny Anderson se confie avant Monaco-Marseille

Le Brésilien s’est révélé sous le maillot de l’OM en 1993-94, avant de rejoindre la Principauté où il fut champion de France, meilleur buteur et joueur du championnat. A la veille de Monaco-Marseille, l’ancien attaquant évoque les chances de ses deux anciennes équipes.

propos recueillis par romain laronche Publié le 10/09/2021 à 16:20, mis à jour le 10/09/2021 à 16:21
Désormais consultant pour beIN Sports, Sonny Anderson est à l’antenne pour couvrir la Ligue des champions et les championnats européens. (Photo Patrice Lapoirie)

Partout où Sonny Anderson est passé, il n’a laissé que de bons souvenirs. Buteur à l’efficacité diabolique, qui ponctuait chacune de ses réalisations par quelques petits pas de samba, le Brésilien a vite charmé la France du football.

Il a d’abord régalé la Canebière le temps d’une petite saison où il avait inscrit 16 buts en 20 matchs de championnat. L’OM rétrogradé en D2 en 1994, "Sonnygoal" avait alors rejoint l’ASM, pour trois saisons de succès, ponctuées par le titre de champion de France en 1997. Un magnifique cadeau de départ avant de filer à Barcelone.

Vingt-quatre ans après son départ de la Principauté, le consultant de beIN Sports n’a rien oublié de cette période.

 

Ce Monaco-Marseille, c’est une belle affiche sur le papier…

Oui, Monaco peut revenir à la hauteur de Marseille et se rattraper de son début de saison. Mais l’OM a l’équipe pour aller loin dans ce championnat. Il y a les joueurs pour offrir un bon match. Je ne vois pas une rencontre fermée. La différence se fera sur l’efficacité. Il faudra concrétiser ses occasions.

Que pensez-vous de la méthode Sampaoli…

Il amène de la rigueur. Et puis son côté foufou sur le bord du terrain, cette activité mobilise ses joueurs. Son équipe va de l’avant, elle me plaît. Le recrutement me semble bon. Depuis que Sampaoli a pris l’équipe, ses joueurs ont progressé, sont plus affûtés, les recrues sont complémentaires, son système fonctionne bien, avec une stabilité défensive.

 

Des joueurs plus affûtés, on pense à Payet...

Il n’y a pas que lui, mais c’est sûr qu’on attend davantage de ce joueur par rapport à son talent. Il a retrouvé son football et démontre son importance pour l’OM.

Quelle image à Sampaoli au Brésil?

Malheureusement, il a pris beaucoup de cartons rouges au Brésil, dont un dernier juste avant de rejoindre l’OM. Mais il est arrivé avec l’image d’un entraîneur de haut niveau, qui avait déjà été sélectionneur de l’Argentine. Les Brésiliens sont venus le prendre parce qu’ils cherchaient de la rigueur et un homme de caractère.

Quelles sont les forces et les faiblesses des deux équipes?

 

Que ce soit pour Monaco ou Marseille, la force c’est qu’il y a des joueurs de ballon, de la qualité devant. Monaco l’a moins démontré sur ce début de saison, parce qu’il y avait ce barrage de Ligue des champions qui était la priorité du club et qui a coûté de l’énergie. Désormais, je pense qu’on va retrouver la force offensive de la saison dernière, car le club est libéré de cette pression. La faiblesse de Monaco, c’est peut-être son milieu de terrain. Celui de l’OM est plus complémentaire.

Il y a cinq Brésiliens (Caio Henrique, Jean Lucas à Monaco, Gerson, Luan Perez et Luis Henrique à l’OM), lequel vous préférez?

Caio Henrique, c’est une très belle découverte. Un latéral très offensif, presque un meneur sur le côté, à l’aise avec le ballon, qui amène de la vivacité et donne des passes décisives.

Gerson arrive avec une belle réputation. Peut-il s’imposer à l’OM?

Il a une réputation, mais maintenant il faut qu’il arrive à résister à la pression de Marseille, où toute la ville est derrière toi. Actuellement, l’OM joue bien, donc on voit ses qualités. Il a le football pour s’imposer, mais il faudra aussi qu’on soit patient avec lui, qu’on lui laisse le temps de s’adapter, quand ça ira moins bien.

Quel est votre meilleur souvenir d’un match entre Monaco et Marseille?

 

Mon premier match entre ces deux équipes. C’est au Vélodrome, l’OM gagne 2-1 et je signe un doublé, dont un superbe but de l’extérieur de la surface. Deschamps me fait la passe, il y a Puel au duel et Thuram qui monte sur moi. Je contrôle, me retourne et frappe très vite. Le ballon termine dans la lucarne de Jean-Luc Ettori, qui disputait sa dernière saison.

A Monaco, vous aviez l’impression de jouer à l’extérieur face à l’OM?

Non, d’accord Marseille venait avec plein de supporters et on les entendait beaucoup, mais on était aussi bien supporté à Monaco. C’était surtout l’occasion de profiter d’une grosse ambiance, d’un stade plein. ça me motivait, c’était une ambiance de Coupe d’Europe. J’espère que ça sera le cas samedi.

Vous avez joué dans de gros effectifs dans ces deux clubs. S’il y a un joueur à ressortir?

Ah, c’est trop compliqué. A Marseille, j’ai joué avec Stojkovic, Voller, Deschamps, Boli, Di Meco, Barthez. A Monaco, avec Thuram, Scifo, Benarbia, Djorkaeff, Henry... Disons qu’un buteur a une relation spéciale avec son passeur et j’ai fini meilleur buteur du championnat avec Benarbia à Monaco mais aussi au Qatar en fin de carrière, donc c’était une complicité particulière. On se trouvait les yeux fermés.

Vous signez à l’OM à 23 ans, alors champion d’Europe en titre. Vous n’étiez pas impressionné?

Non, je n’ai jamais été impressionné. Déjà petit, j’avais la mentalité d’être plus fort que les autres joueurs, pour progresser. Et puis, j’avais joué un match amical avec le Servette contre l’OM, je les avais déjà côtoyés. Et quand j’ai rejoint l’OM, Bernard Tapie a tout fait pour me mettre à l’aise dès le départ, les joueurs aussi. Et ça s’est bien passé, puisque dès mon premier match à Martigues, je marque et fait un super match. La pression de Marseille, je la trouvais bonne à vivre, elle m’a fait progresser. Que les gens qui viennent et payent leur place au stade soient exigeants, c’est normal. Après je n’ai pas connu de périodes difficiles, mais je me rappelle d’une élimination en Coupe de France contre Montpellier (quart de finale), où j’avais raté mon tir au but, les supporters avaient continué à m’encourager.

 

Vous supporterez quelle équipe?

Je ne peux pas choisir. J’espère que les deux clubs vont réussirent leur championnat, être en haut du classement, et feront un beau parcours en Coupe d’Europe. J’ai un attachement avec tous les clubs dans lesquels j’ai joué. J’ai toujours été très bien accueilli.

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