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INTERVIEW. Le vice-président Oleg Petrov évoque en exclusivité la nouvelle page qu’il souhaite écrire avec l'AS Monaco

Mis à jour le 24/10/2020 à 16:26 Publié le 24/10/2020 à 16:22
Oleg Petrov, vice-président de l'AS Monaco.

Oleg Petrov, vice-président de l'AS Monaco. Photo Cyril Dodergny

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INTERVIEW. Le vice-président Oleg Petrov évoque en exclusivité la nouvelle page qu’il souhaite écrire avec l'AS Monaco

Le vice-président de l’AS Monaco Oleg Petrov s’est longuement confié dans son bureau du Louis-II.

Que les autorités sanitaires se rassurent, l’ensemble des personnes présentes dans le bureau d’Oleg Petrov, vendredi au Louis-II, avaient été testées préalablement négatives au Covid.

On a donc pu apprécier le vrai visage d’Oleg Petrov et son grand sourire au moment d’évoquer la nouvelle page qu’il souhaite écrire avec l’AS Monaco.

Arrivé au club en février 2019, le vice-président, âgé de 49 ans, n’a depuis connu que les galères, les licenciements de coachs, les nuits blanches et les critiques liées à sa méconnaissance d’un milieu qu’il a découvert sur le tas.

L’arrivée de Paul Mitchell, qu’il a lui-même initiée, et celle de Niko Kovac sont deux bouffées d’air frais pour Petrov, qui a fixé la feuille de route. Proche de longue date de Dmitri Rybolovlev, le successeur de Vadim Vasyliev a payé pour apprendre.

Un an et demi après sa prise de fonctions, il le dit avec calme et autorité: "Je ne suis plus le même, clairement."

L’ASM entre dans une nouvelle ère, celle qui doit la ramener en Coupe d’Europe? Est-ce l’objectif fixé?
L’ambition du club est de retrouver l’Europe car cette compétition fait partie de son histoire, de sa tradition. C’est pour cette raison qu’on a reconstruit notre projet et fait évoluer différentes composantes du club. L’objectif est de viser les premières places chaque saison, de façon durable, ce qui nous permettra de rejouer la plus belle des compétitions européennes. Cela demande beaucoup de travail, beaucoup d’efforts et du temps. Pour cette saison, on vise une qualification pour la Coupe d’Europe, pas forcément en Ligue des champions.

Elle manque à votre président Dmitri Rybolovlev?
Oui, car l’Europe a permis de vivre de grands moments ces dernières saisons. C’était même exceptionnel. Monaco a toujours été performant à ce niveau. Il y a un manque depuis deux saisons. Le président est une personne ambitieuse. C’est pour cette raison qu’il est ici. Il souhaite que Monaco réussisse, et que le club retrouve le plus haut niveau.

Comment avez-vous traversé ces deux dernières saisons?
Elles ont vraiment été très délicates. Cela a été très formateur (sourires). Lors de la première saison, il fallait à tout prix éviter la relégation. Il y avait eu beaucoup de changements, de nombreux joueurs sous contrat, et pas mal de problèmes. On peut dire que le club traversait une période de crise sur de nombreux plans : les performances sportives, la culture, la mentalité. La dernière saison a également été délicate. Il y a encore eu du changement pour renforcer l’équipe. J’ai fait de mon mieux, mais le championnat n’est pas allé à son terme à cause du Covid. Tout a basculé lors du derby contre Nice, en quelques minutes... A ce moment-là, on a pris le temps de la réflexion, tenté de comprendre ce qu’il avait manqué avant nous mais aussi avec nous. On a pris des décisions fortes, pas seulement juste pour revenir, non, nous essayons de construire une structure qui permette au club, au-delà des personnes en place, de rester durablement au plus haut niveau.

"Paul Mitchell, l’une des meilleures recrues"

Pourquoi votre choix s’est-il porté sur Paul Mitchell?
Le club a pris le temps de la réflexion. Nous avons beaucoup échangé avec le président à ce sujet. Le club avait besoin d’un directeur sportif. J’ai reçu plein de candidatures, effectué énormément de rendez-vous. Je ne vous donnerai pas de noms (sourires). Dès ma première rencontre, le courant est bien passé avec Paul.

S’agit-il de votre meilleure recrue?
Paul remplissait tous les critères, pour ses compétences professionnelles, mais aussi pour sa personnalité car pour nous, c’est très important. Il incarne la personne qui manquait selon moi, capable de construire le club sportivement, car il ne s’agit pas seulement de pouvoir recruter des talents ou vendre. Il faut construire une structure sportive solide et moderne, tournée vers l’avenir, capable de connecter l’Academy avec le groupe pro. Il faut manager les différents départements, gérer les infrastructures, effectuer un recrutement réfléchi. Paul a toutes ces qualités. Il vient de Red Bull qui, de mon point de vue, est sur le même terrain que nous, qui a développé une structure moderne, sophistiquée, très axée sur la data. Paul est une personne fantastique. L’une des meilleures recrues à coup sûr.

"Le licenciement de Moreno? Ce n’était pas une décision facile à prendre"

Est-il à l’origine du licenciement de Robert Moreno?
Ce n’était pas une décision facile à prendre. Robert avait transmis une bonne énergie au groupe depuis son arrivée en décembre. De mon point de vue, c’était le bon choix. L’opinion de Paul a compté, bien sûr, mais c’était une décision collective. Paul n’a imposé aucune condition avant sa signature. Il aime le projet de l’AS Monaco. Pour lui, c’est une opportunité unique : une équipe qui doit pouvoir aller plus haut, un club avec des ressources, du potentiel, un second club en Belgique (le Cercle), une certaine liberté d’action.

Le choix s’est ensuite porté sur Niko Kovac…
Après être arrivé, Paul a pris le temps d’observer. Bien sûr il y avait différentes opinions. Nous avons tenu compte de l’avis du président, du mien, c’était une discussion mais il y avait des arguments solides : l’expérience, la gestion du groupe, des références importantes, un entraîneur avec une grande personnalité. C’était essentiel après autant de changements pour notre jeune équipe. Paul et Niko ont cette volonté de construire ensemble.

Toutes ces décisions sont validées par le propriétaire du club…
Oui, il est très impliqué. C’est une personne très brillante et intelligente. Ces nombreuses années dans le football lui permettent de prendre beaucoup de bonnes décisions.

Oleg Petrov veut "enfin avoir des nuits paisibles".
Oleg Petrov veut "enfin avoir des nuits paisibles". Photo Cyril Dodergny

Quel bilan tirez-vous du dernier mercato?
On avait plusieurs objectifs, dont celui de réduire considérablement notre effectif professionnel. C’est une des réussites très importantes. J’ai beaucoup œuvré pour cela, cela m’a d’ailleurs fait progresser un peu en français (rires) car il a fallu discuter avec beaucoup de clubs et d’agents. Du premier au dernier jour de ce mercato, on a œuvré pour atteindre notre objectif. En parallèle, on a réussi à renforcer l’équipe, notamment sur le plan défensif avec l’arrivée d’Axel Disasi. Avec une personne, on a pu changer le visage de notre défense. Cela a été un long processus de réfléchir à la construction de cet effectif. On a travaillé en étroite collaboration avec Paul (Mitchell), ciblé des postes stratégiques, recruté Volland. On croit beaucoup en lui, il va rapidement répondre aux attentes. Il n’était pas question de surpayer également. On a également pris la décision de repousser les avances pour Benoît (Badiashile), comme on l’avait fait pour Wissam (Ben Yedder) en janvier. Nous souhaitions aussi laisser de la place pour nos joueurs de l’Academy qui travaillent dur.

Et cet été, vous avez cru perdre Ben Yedder?
Non, c’était clair dans notre esprit. Cet hiver, on avait reçu une offre très sérieuse pour lui d’un très gros club. Une grosse, grosse offre (il sourit)…

Avez-vous été surpris par le milieu du football, le mercato etc.?
C’est un business que j’ai découvert. Tout m’a surpris, les prix des transferts, le marché en lui-même, les sommes qui peuvent être mises sur la table, pourquoi cette somme en particulier. C’est assez incroyable, une grande découverte pour moi. Une des choses les plus étonnantes, c’est cet équilibre à trouver pour former une bonne équipe entre tous ces facteurs que sont les différents profils, les personnalités, les âges, la culture. Je ne suis pas certain que les gens s’en rendent compte.

Est-ce vrai que vous avez été contrarié par l’omniprésence de certains agents à l’AS Monaco?
Je ne vais pas juger ce qu’il se faisait avant. Il est certain que les agents ont un rôle dans cette économie. En ce qui nous concerne, nous avons changé de politique, clairement, en construisant notre propre système, avec nos ressources. On a restructuré la partie sur le recrutement, avec le département scouting, notamment depuis l’arrivée de Paul.

Votre méconnaissance du football a parfois été pointée du doigt. Que connaissiez-vous de ce sport avant d’arriver? C’était une passion pour vous?
J’ai toujours aimé ce jeu. Gamin, je jouais gardien de but en club, dans ma ville, à Oufa. C’est vrai que je n’avais jamais travaillé dans le foot, comme de nombreux dirigeants lorsqu’ils arrivent dans ce milieu d’ailleurs. J’ai découvert cette économie. J’adore cette expérience. J’apprends beaucoup, c’est certain que je ne suis plus la même personne qu’en février 2019 au moment de mon intronisation. Je ne vous cache pas que la première année a été difficile. Tout était contre nous.

Y a-t-il plus de pression dans le foot que dans le monde des affaires?
Oui, car tout dépend des résultats du samedi sur lequel vous n’avez aucune prise. Il y a la pression publique, l’opinion, mais aussi la pression interne parce que vous êtes responsable. Ce n’est pas évident à gérer.

Et les défaites?
Je traverse les matchs avec beaucoup de nervosité. Je suis stressé, beaucoup plus que dans ma précédente vie, c’est vrai. Les nuits après une défaite sont un désastre, comme le jour suivant. On refait le match, on revit les actions, les erreurs. En général, ça va mieux le lendemain (sourires). J’ai entendu que c’était le cas pour bon nombre de mes homologues (sourires). L’année dernière, nous avons eu beaucoup de joueurs expulsés, des penaltys, c’était dur à vivre mais c’est le football. J’espère qu’on aura davantage de victoires tranquilles à l’avenir!

"J'espère enfin avoir des nuits paisibles"

Etes-vous attentif aux critiques?
Oui, je suis abonné à Nice-Matin. Je suis tout ce qui se dit sur l’AS Monaco. C’est important à mes yeux.

Pour le moment, vous n’avez eu que très peu de moments de plaisir…
J’en prends cette saison. Les joueurs se battent jusqu’à la dernière seconde. Il nous manque encore le petit truc pour avoir les résultats qui suivent mais cela va venir. Je suis positif. Je sens une bonne énergie dans l’équipe, au sein du club, et c’est très important à mes yeux. Ça ne se traduit pas encore au classement mais il me semble que les changements que nous avons faits, l’arrivée de Paul, de Niko, du Directeur de la performance, sur le plan administratif également, apportent de l’énergie positive et une dynamique qui me donnent beaucoup d’espoir pour cette saison. Je suis certain que cela va venir. J’espère enfin avoir des nuits plus paisibles (rires).

La crise entre Mediapro et la LFP vous inquiète-t-elle?
C’est un problème pour tous les clubs, une chute conséquente des revenus. Je suis satisfait car les présidents sont unis. J’ai confiance en Vincent Labrune. Jean-Pierre Caillot, Laurent Nicollin ou Jean-Pierre Rivère sont de grands présidents, intelligents, avec une grande expérience. Je pense qu’on trouvera une solution.

Pouvez-vous nous retracer votre parcours et nous parler de vos liens avec le président Rybolovlev?
Je le connais depuis longtemps, j’ai commencé à travailler pour lui en 2001, pour une entreprise minière en Russie, j’étais le responsable des ventes. J’ai travaillé ensuite sur d’autres projets, pour des start-up aux Etats-Unis et d’autres activités. C’est une personne très solide dans le business, c’est le boss, une personne que je respecte énormément. Je pense que l’AS Monaco a de la chance de l’avoir pour président, un homme qui aime le football, et qui investit. Je pense également qu’il apporte de la valeur au championnat de France.

A-t-il songé à vendre le club?
Non, cela n’a jamais été sur la table. Il aime le football, le club, la réussite, et veut continuer à développer le club.

Il s’est récemment investi en faveur d’une cause particulière à Saint-Martin-Vésubie...
Oui, c’est un très beau geste. C’est un don personnel de la part du Président. Je peux d’ailleurs vous dire qu’il a fait ce qu’il a promis.

Votre vie en Principauté?
J’ai débarqué en février 2019. Je ne parlais pas un mot de français. Je connaissais un peu car j’avais assisté à quelques matchs au Louis-II. Je n’ai jamais eu le temps de m’y poser. C’est un endroit où il fait bon vivre. Je ne remercierai jamais assez la Principauté, qui est derrière nous. Le Prince vient régulièrement au stade. Cela rajoute de la pression, car cela nous encourage à obtenir encore de bons résultats. Dmitri met aussi de la pression pour cela, car nous représentons un pays. L’ambition du club, c’est également celle-ci, ce qui fait de nous une entité vraiment unique.

Votre famille est à vos côtés?
Oui, ma femme vit ici. Ma fille, elle, est à l’université de Moscou. Elle étudie le français notamment.

Avez-vous des passions en dehors du foot?
J’aimerais vraiment découvrir la France, un magnifique pays. J’essaie de le faire désormais quand on joue à l’extérieur. J’ai découvert Rennes, c’est très charmant. La saison dernière, je faisais hôtel et stade. Je vais courir pratiquement tous les matins. Si je ne peux pas, je fais des exercices à la maison, du stretching ou du vélo.

Lisez-vous pour vous aérer l’esprit?
Oui, je m’efforce de le faire en français. Mon professeur me recommande quelques bouquins. Robert (Moreno) m’avait offert le sien. J’essaie de regarder des films en français pour m’améliorer.

Le Cercle Bruges?
Ils font un super début de saison… Le club fait entièrement partie de notre aventure. Les joueurs qui renforcent le Cercle sont des garçons talentueux, sur lesquels on mise beaucoup. Ce sont des joueurs dont on pense qu’ils peuvent jouer à Monaco dans le futur. Le projet est beaucoup plus clair. Paul (Clement), le coach, possède une grande expérience, tout comme le nouveau directeur sportif Carlos Avina.


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