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Hoddle, caviar princier

Mis à jour le 09/12/2015 à 05:02 Publié le 09/12/2015 à 05:02
Hoddle le Spur et Glenn le Monégasque.

Hoddle le Spur et Glenn le Monégasque. AS Monaco

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Hoddle, caviar princier

Glenn Hoddle aura marqué Tottenham et Monaco de son talent pendant plus de 15 ans. Que ce soit aux Spurs (1975-1987) ou sur le Rocher (1987-1991), Hoddle était un génie

Joueurs, dirigeants, fans, journalistes, peu importe le CV, lorsque vous interrogez quelqu'un sur le plus grand talent monégasque, c'est toujours le même blase qui revient : Glenn Hoddle.

Quelque part, ce Tottenham- Monaco est un hommage au plus Monégasque des Anglais.

Star aux Spurs (1975-1987), c'est un génie qui débarque sur le Rocher en 1987.

Un deal qui n'aurait pourtant jamais dû se faire.

En effet, celui qui vient d'enfiler 110 buts en 490 matches avec Tottenham devait signer au... PSG.

La suite, c'est Hoddle qui le raconte dans Four Four Two : « J'avais déjà fait des recherches sur les écoles à Paris, mais à la dernière minute, Arsène Wenger, à Monaco, s'est renseigné sur moi. Personne ne connaissait alors Arsène, et j'ai dû regarder une carte pour savoir où se trouvait Monaco, mais mon instinct me disait que c'était la bonne destination. »

Au vrai, c'est un peu plus compliqué que ça.

Et pour avoir une autre version, il faut se tourner vers son compatriote anglais Mark Hateley.

Comme Hoddle, l'Anglais rejoint la Principauté en 1987 en provenance de l'AC Milan et raconte l'arrivée de son ami dans les colonnes du Daily Mail : « J'étais à un entraînement de présaison, et Arsène me dit qu'il a désespérément besoin d'un milieu offensif. Je lui dis : Pourquoi pas Glenn ? Il me répond : Mais il va au Paris Saint-Germain ? Nous partagions le même agent et je savais qu'il n'avait pas encore signé, donc je l'ai dit à Arsène. »

Dans la foulée, Hoddle appelle Gérard Houiller, alors entraîneur du PSG, pour lui annoncer qu'il rejoint finalement Monaco.

« C’est qui, ce mec ? »

En 1987, pas de YouTube, de chaînes d'informations sportives ou de réseaux sociaux

Le talent se raconte dans les pages des canards.

Et à l'entraînement.

Dans l'intimité de la Turbie, Hoddle fait sensation.

Pour Luc Sonor, qui a vu débarquer Hoddle en 1987, l'histoire débute pourtant mal : « À l'époque, les Anglais ne quittaient jamais leur île alors on s'est dit qu'il ne devait pas être terrible. Au bout de deux entraînements, on a vite compris. On s'est même demandé s'il était vraiment anglais car il avait tout d'un latin quand il jouait. Glenn, il aurait dribblé un éléphant dans un petit couloir. Au-delà de sa qualité de dribble incroyable, il avait surtout des yeux dans le dos. Le ballon n'était pas encore arrivé dans ses pieds qu'il avait déjà quatre possibilités de passe en tête. C'était plus dur pour nous car il fallait suivre ».

Patrick Blondeau, fraîchement arrivé en 1989, raconte sa découverte de l'Anglais : « J'avais appris le football dans la rue, dans les quartiers, autant dire qu'il en fallait beaucoup pour m'impressionner. Et là, j'arrive à la Turbie et je vois ce type s'entraîner... Je me dis : c'est qui, ce mec ? Il savait tout faire. Pied gauche, pied droit. Un jour, on organise un concours de jongles les yeux bandés. J'en fais trois et je le regarde fièrement. Lui, il s'arrête à neuf. Sans forcer. »

N'y voyez pas de l'arrogance, ce n'est pas le style de la maison. D'autant que l'Anglais découvre un autre monde sur le Rocher. Surtout, il apprend à connaître Arsène Wenger avec qui le courant va de suite passer. Hoddle sur sa rencontre avec Arsène dans Four Four Two : « Je me souviens de mon premier entraînement avec lui. Il siffle la fin de la séance et je me dirige vers les vestiaires et il me dit : Non Glenn, maintenant, c'est le décrassage. Je me dis : C'est quoi, un décrassage ? J'avais passé 13 ans à Tottenham et je n'avais jamais fait un décrassage. Donc nous étions là, pendant 30 minutes de plus à s'étirer, encore et encore. Et à la fin, il y avait une barre de ballet sur laquelle nous devions poser un pied pour s'étirer. Vous pouvez imaginer. Les autres joueurs se roulaient par terre en se moquant de Mark et moi. (...) Mais après plusieurs mois, nous sommes tous les deux devenus plus souples, et avec un meilleur régime, j'étais alors plus en forme que je ne l'avais jamais été au cours de ma carrière ».

Et cela se caractérise sur le pré où Monaco survole le championnat 1987/1988 et son duo d'Anglais plante 22 buts et quasiment autant de passes décisives. « Sur un terrain, il voyait tout avant les autres et comme il avait les deux pieds, c'était parfois théâtral, rembobine Blondeau. J'ai rarement vu un mec être capable de dribbler des deux pieds, lui, oui. Je l'ai même vu marquer de 40 mètres du pied droit et sur un autre match du pied gauche, toujours de 40 mètres ».

Le relais de Wenger

En Principauté, l'apport de Hoddle va au-delà du terrain. Sonor : « Il a instauré une rigueur quotidienne dans le vestiaire. Que ce soit au niveau des soins, de la nourriture, c'était un précurseur. Il savait ce qu'il fallait faire, ce n'est pas pour rien que dès sa première saison, nous sommes champions ». Tactiquement, Hoddle est un meneur de jeu à l'ancienne. Arsène Wenger en fait un électron libre, placé juste derrière son pote Hateley. Les deux amis sont pourtant très différents. « Hoddle était très classe, toujours à l'écoute. Mark, lui, c'était celui qui parlait beaucoup et qui adorait s'envoyer une petite bière », détaille Sonor.

Au sein du club monégasque, Hoddle est en avance sur son temps. Avec Wenger, le courant passe si bien que l'Anglais pense déjà à sa reconversion. « J'avais 29 ans quand je suis arrivé et nous parlions de plein de choses, pas seulement de football, confie Hoddle sur Sky. Il m'a vraiment aidé. Il a vu quelque chose en moi que je n'arrivais pas à voir moi-même. J'étais blessé au genou pour plus d'un an et c'est là où il a commencé à me dire : j'ai vu des choses en toi. J'ai passé presque une saison à regarder son travail avec un regard différent, voire ce que je ferais moi, et ce qu'Arsène essayait de faire pour préparer le match suivant. Cela a été comme un stage d'un an avant de retourner en Angleterre. »

Sa carrière d'entraîneur part de là. Une fois les crampons raccrochés, Hoddle officiera sur des bancs prestigieux : Chelsea, Tottenham ou encore l'équipe d'Angleterre.

A Monaco, l'homme a laissé un souvenir ému. Chaud. Et l'empreinte d'un génie. Blondeau : « Il était vraiment au-dessus des autres et pourtant il était sobre, il parlait beaucoup avec les jeunes, il conseillait. On sentait qu'il avait déjà la fibre pour entraîner. C'était un mec de peu de mots mais quand il parlait, ça valait le coup. Sur un terrain, il avait cette classe naturelle, un peu comme Marco van Basten. Quand tu lui filais la balle, tu pouvais te reposer. Même sur une jambe, il pouvait changer le cours d'un match. »

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