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Ce qu'il faut retenir du débat sur l'homophobie dans le football français

Mis à jour le 11/09/2019 à 19:51 Publié le 11/09/2019 à 19:51
L'arbitre Clément Turpin interrompt la rencontre de L1 Nice-Marseille à la suite de chants homophobes le 28 août 2019 à Nice

L'arbitre Clément Turpin interrompt la rencontre de L1 Nice-Marseille à la suite de chants homophobes le 28 août 2019 à Nice Photo AFP

Ce qu'il faut retenir du débat sur l'homophobie dans le football français

Après la surenchère dans les tribunes, et le nouveau clash entre monde politique et monde sportif dans les médias, le football français a tenté mercredi 11 septembre de recentrer le débat sur l'homophobie dans les stades, en commençant par mettre autour d'une table les acteurs concernés.

Ces derniers jours, plusieurs d'entre eux - supporters, associations de lutte contre l'homophobie, dirigeants sportifs - ont continué à travailler dans l'ombre et sont restés optimistes sur une avancée des discussions, bien loin de la tension affichée entre le patron du foot français Noël Le Graët et la ministre des Sports Roxana Maracineanu.

>> RELIRE. La ministre des Sports répond aux propos du patron du foot français sur l'arrêt des matches pour homophobie

Le travail a continué mercredi, sous l'égide de la Ligue de football professionnel (LFP), qui avait convié à une réunion les représentants des supporteurs et des associations qui luttent contre l'homophobie.

Une rencontre qui s'est déroulée "dans un climat de bienveillance", de l'avis unanime des participants et selon la formule du directeur général de la LFP Didier Quillot.

la société change

"Longtemps on a toléré certains chants dans les stades, aujourd'hui la société ne les accepte plus", a auparavant souligné Nathalie Boy de la Tour, présidente de la Ligue qui s'est démarquée ainsi des récents propos de Noël Le Graët, président de la Fédération française.

La présidente de la LFP a proposé que ce dialogue se décline au "niveau local", entre associations de supporters et LGBT. "Dans l'interprétation des mots, (...) il peut y avoir des différences de perception extrêmement importantes (...) nos supporters lorsqu'ils s'expriment d'une certaine façon, ne perçoivent pas forcément le caractère directement discriminant des mots qu'ils peuvent donner", a développé la présidente.

"Notre volonté, c'est de réduire ce fossé de perception entre les associations de supporters et les associations LGBT et plus globalement la société." La dirigeante s'est en revanche dite "pas favorable à un lexique" de mots autorisés, parce qu'"on a besoin de comprendre pourquoi certains mots blessent".

"une situation de crise"

Mardi, l'incompréhension était montée d'un cran entre Noël Le Graët et la ministre des sports Roxana Maracineanu lorsque Le Graët a différencié lutte contre racisme et homophobie dans les stades, et demandé aux arbitres de ne plus arrêter les matches en cas de manifestations homophobes en tribune. Une position "erronée", a ensuite jugé la ministre.

"Il faut que les politiques nous fassent confiance et nous laissent travailler", a martelé Didier Quillot au sortir de la réunion qui regroupait donc l'Association nationale des supporters (ANS), qui réunit des clubs de toute la France, et les associations de lutte contre l'homophobie (SOS Homophobie, Foot ensemble, Licra, Panam'Boyz).

"Cette situation est une situation de crise", a estimé Nathalie Boy de la Tour, "il faut pouvoir construire sur une situation de crise. Peut-être qu'on avait besoin d'en arriver là pour repartir sur de bonnes bases", a-t-elle ajouté.

l'arrêt des matches, une "solution souvent extrême"

En filigrane, se pose donc la question de l'arrêt des matches, ou non, alors que se profile vendredi, samedi et dimanche un nouveau week-end de football en France. "Pour nous c'est une solution souvent extrême", a rappelé la présidente de la Ligue. Mais "il faut raison garder, sur 118 matches" depuis le début de la saison, "il y a eu 7 matches interrompus", soit au total "20 minutes d'arrêt de jeu".

Didier Quillot a ensuite expliqué qu'un "cadre" avait été donné aux délégués de la LFP (qui sont directement en contact avec les arbitres), pour faire la différence entre les "propos discriminatoires", susceptibles d'entraîner une interruption, et "les propos insultants".

C'est sous ce prisme que la commission de discipline de la LFP avait déjà prononcée, le 28 août, ses premières sanctions sur cette thématique après les premiers arrêts de matches. Nancy (L2), par exemple, dont les supporteurs avaient entonné des chants à "caractère discriminatoire", avait été sanctionné de la fermeture pour un match d'une tribune (les chants avaient entraîné une brève interruption de la rencontre contre Le Mans le 16 août, une première en France), alors que de simples rappels à l'ordre avaient été prononcés à l'encontre d'autres clubs à la suite de "propos insultants".

Ce week-end, "lorsqu'il y aura et uniquement lorsqu'il y aura des propos discriminatoires" les délégués de la LFP "alerteront l'arbitre, à qui au final appartient la décision d'interrompre le match", a expliqué Didier Quillot.

La prochaine journée de L1 qui s'annonce, de vendredi à dimanche, va permettre de mesurer le chemin qui reste à parcourir.

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