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C’est de la dynamite

Mis à jour le 06/02/2019 à 16:11 Publié le 04/02/2019 à 16:11
Contre Toulouse, le Portugais est passeur décisif sur le but de Golovin et au départ de celui de Fabregas.

Contre Toulouse, le Portugais est passeur décisif sur le but de Golovin et au départ de celui de Fabregas. C. Doderngy

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C’est de la dynamite

Pas forcément la recrue la plus clinquante de l’hiver, Gelson Martins a déjà tout changé

Au départ, on a cru à un énième service rendu à un agent. Gelson Martins, qui cirait le banc à l’Atlético Madrid et qui partage le même agent que Pelé, a débarqué dans les dernières heures du mercato hivernal sur le Rocher. On s’est alors rappelé Matheus Carvalho, Ivan Cavaleiro ou Lacina Traoré. Deux matches plus tard, le Portugais de 23 ans a mis tout le monde au parfum, l’ailier pue le football.

Double passeur à Guingamp, mardi, l’ailier droit a remis le couvert contre Toulouse, samedi, pour la première victoire à domicile de la saison (2-1) puisqu’il est au départ des deux buts.

« Tout le monde sait que j’aime jouer avec des joueurs excentrés, et le club en manquait. J’ai demandé des joueurs qui peuvent apporter de la technique et de la vitesse dans les couloirs », détaille Leonardo Jardim après la victoire contre Toulouse et la masterclass de l’ancien joueur du Sporting CP.

Le public est, lui aussi, déjà sous le charme, Gelson Martins est sorti sous les ovations du Louis-II.

Comment expliquer qu’un joueur abonné au banc de touche à Madrid sous Diego Simeone (une seule titularisation en Liga) soit aussi rapidement décisif à Monaco ?

L’exigence de « Cholo » Simeone est telle que même les joueurs avec des potentiels les plus intéressants ont du mal à s’adapter rapidement.

Sur le papier, Martins a les qualités de ses défauts. Ailier classique façon Nani, le natif du Cap-Vert est rapide, explosif, dribbleur, provocateur. Plus à l’aise sur l’aile droite - son bon pied - le nouveau numéro 29 de l’ASM excelle dans l’art de la contre-attaque grâce à sa capacité d’élimination.

En revanche, le Portugais n’est pas très à l’aise quand il s’agit de combiner avec ses coéquipiers, sans oublier ses lacunes tactiques et son peu d’appétence aux tâches défensives (rédhibitoire pour El Cholo).

Globalement, Martins est un tueur quand il a de l’espace et se met vite à bégayer face à des lignes resserrées.

Ce qui était pénalisant dans un club comme l’Atlético, qui vise la victoire finale en Ligue des champions, est une bouffée d’oxygène dans une équipe monégasque classée 19e qui se cherchait, enfin, un dynamiteur.

Car Gelson Martins a des jambes remplies de TNT.

16 septembre 2016, Santiago Bernabeu, le Real Madrid s’impose contre le Sporting CP en phase de poule de Ligue des champions (2-1) mais la presse portugaise tombe amoureuse du numéro 77 des Lions.

« L’Héritier » titre même le grand quotidien sportif A Bola le lendemain de sa démonstration madrilène. Pour la presse portugaise, le gamin de 21 ans est de la race des Luis Figo, Cristiano Ronaldo, Ricardo Quaresma et Nani.

Son match est un bijou, à tel point que CR7 débarque dans le vestiaire du Sporting pour le féliciter et Marcelo, son adversaire du soir, lui lance un « Tu m’as fait souffrir », qui veut tout dire.

Son coach, Jorge Jesus, est également sous le charme de son ailier : « Gelson Martins a une marge de progression énorme. Ce sera un joueur au niveau de Luís Figo. Je n’en doute pas ». Rien que ça.

Son art du dribble n’est pas inné, il l’a cultivé dans de longues séances de futsal dans sa jeunesse à Lisbonne où il a rejoint ses parents à Venda Nova après avoir été élevé par sa tante à Praia, au Cap-Vert. C’est finalement le Sporting CP qui le convint de choisir les crampons plutôt que les gymnases.

Martins récite ses gammes et devient une pièce indispensable du Sporting et s’invite rapidement avec l’équipe nationale (21 sélections), il faisait partie des 23 Portugais lors du dernier Mondial. Mais son été sera surtout marqué par son départ du Sporting dans des conditions très particulières.

En fin de saison, des ultras locaux envahissent le centre d’entraînement et agressent des joueurs et membres du personnel après une défaite les privant de qualification directe pour la Ligue des champions. Club traversé par des tourments depuis plusieurs saisons, c’est la goutte d’eau. Dans la foulée, certains cadres résilient tout simplement leur contrat pour s’engager ailleurs : Rui Patrício (Wolverhampton), Daniel Podence (Olympiakos), William Carvalho (Betis Seville). Gelson Martins suit la troupe et quitte son club formateur pour Madrid où il signe un contrat de six ans sans rapporter la moindre indemnité à son club formateur. Bien décidé à faire valoir son droit, le club portugais porte plainte auprès de la FIFA contre Madrid et réclame « une indemnisation à l’Atlético et l’application de sanctions sportives ».

Les médias lisboètes avancent la somme de 100 millions d’euros, le montant de la clause libératoire. Au cœur d’un imbroglio juridique sans précédent, Madrid propose finalement 20 millions d’euros en guise de compensation pour s’être attaché les services de l’ailier aux 28 matches de Coupe d’Europe. Six mois plus tard, le litige existe toujours entre les deux clubs et le Sporting serait prêt à saisir le Tribunal Arbitral du Sport pour trancher le dossier.

D’ici là, le garçon a plus important à faire : contribuer au maintien de l’AS Monaco en Ligue 1. Avec lui, ça semble plutôt bien parti.

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